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Actualités - Chronologie

Eltsine va chercher à Bonn un soutien face à la crise financière

Boris Eltsine se rend à Bonn lundi pour rencontrer en grande pompe et d’égal à égal son «ami» Helmut Kohl, mais la récente crise financière en Russie risque de placer une fois de plus le président russe en quémandeur de l’aide allemande. Le Kremlin, cette semaine, s’est plu à souligner que Boris Eltsine emmènerait avec lui plusieurs ministres, parmi les plus importants, pour une rencontre de haut niveau, comme l’Allemagne n’en organisait jusqu’ici qu’avec la France et l’Espagne. La satisfaction affichée par le président russe, pourtant, n’est plus vraiment de mise: depuis un mois, la chute libre des marchés financiers (les actions russes ont perdu 50% en mai), la fuite des investisseurs et la pression sur le rouble ont mis l’économie russe au bord de la faillite. Bien que la Banque centrale de Russie ait rabaissé jeudi soir de 150 à 60% ses taux directeurs, signe que le plus grave danger est passé, «le sujet essentiel du sommet de Bonn est l’aide économique et financière», assure Dimitri Trénine, politologue à l’antenne moscovite de la Fondation Carnegie: «La Russie a besoin d’une aide d’urgence et Kohl pourrait être l’homme de la situation». Boris Eltsine sera à Bonn avec une partie de la nouvelle équipe d’économistes arrivés au pouvoir en avril avec le jeune premier ministre Sergueï Kirienko. Mardi, les pays du G7 se réunissent à Paris pour discuter une éventuelle aide d’urgence à la Russie, et Boris Eltsine a déjà envoyé son conseiller économique Alexandre Livchits à Francfort, pour négocier avec des banquiers et des représentants des Etats. «Ils ont déjà versé de l’argent dans le passé, il est possible qu’ils recommencent», dit Al Breach, économiste du Centre économique russo-européen d’économie, en référence à un prêt de trois milliards de DM accordé par des banques allemandes et garanti par le gouvernement avant l’élection présidentielle russe de 1996. Accords militaires Plus classique, les ministres des Affaires étrangères Evgueni Primakov et de la Défense Igor Sergueïev accompagneront également le président russe en Allemagne. La présence de M. Sergueïev fait notamment dire aux analystes que de nouveaux accords militaires pourraient être en préparation. «L’Allemagne a aidé Moscou lorsqu’elle a retiré ses troupes d’Allemagne de l’Est, à la chute de l’Union Soviétique, mais une nouvelle aide similaire serait très importante», souligne le politologue Dimitri Trénine, «particulièrement pour le programme de recyclage des ex-officiers et pour la construction de logements militaires». Boris Eltsine, qui n’ignore pas que le chancelier Helmut Kohl est donné battu par les sondages pour les élections générales allemandes du 27 septembre, rencontrera également le candidat social-démocrate, favori du scrutin, Gerhard Schroeder. Sur le plan bilatéral, la question de la restitution des biens culturels allemands emportés par l’Armée rouge pendant et après la Seconde Guerre mondiale reste le sujet le plus épineux. La Douma russe (Chambre basse du Parlement) a déclaré «propriété nationale» toutes les œuvres d’art et archives allemandes stockées à Moscou, surmontant même un véto du président Eltsine, qui souhaitait régler la question à l’amiable avec Bonn. «Il ne faut pas oublier l’origine du problème», a cependant déclaré récemment l’ambassadeur de Russie en Allemagne, Sergueï Krilov: «Bien que plus de 50 ans soient passés depuis la fin de la guerre, des milliers d’œuvres d’art perdues à l’époque par la Russie ne nous ont pas été rendues». Le mieux à faire pour Boris Eltsine à Bonn est d’éviter le sujet, estime l’analyste politique Valéri Mazing, de l’Institut USA Canada à Moscou: «Ce sera certainement discuté à certains niveaux, mais pour Eltsine il vaut mieux geler le problème, car il ne peut pas le résoudre seul, et qu’il est illusoire d’espérer un dénouement rapide». (AFP)
Boris Eltsine se rend à Bonn lundi pour rencontrer en grande pompe et d’égal à égal son «ami» Helmut Kohl, mais la récente crise financière en Russie risque de placer une fois de plus le président russe en quémandeur de l’aide allemande. Le Kremlin, cette semaine, s’est plu à souligner que Boris Eltsine emmènerait avec lui plusieurs ministres, parmi les plus importants, pour une rencontre de haut niveau, comme l’Allemagne n’en organisait jusqu’ici qu’avec la France et l’Espagne. La satisfaction affichée par le président russe, pourtant, n’est plus vraiment de mise: depuis un mois, la chute libre des marchés financiers (les actions russes ont perdu 50% en mai), la fuite des investisseurs et la pression sur le rouble ont mis l’économie russe au bord de la faillite. Bien que la Banque centrale de Russie...