A l'approche des sénatoriales Recomposition du paysage politique au Japon
le 02 juin 1998 à 00h00
La coalition contre nature qui rassemblait les conservateurs du Parti libéral-démocrate (PLD), le Parti socialiste (PSJ) et un petit parti centriste a éclaté hier, laissant le PLD seul aux commandes mais guère menacé à l’approche des élections sénatoriales le mois prochain. De nombreuses fois déjà, les deux partis alliés du PLD avaient menacé de claquer la porte, mais sans oser passer à l’acte. Depuis la semaine dernière, la rupture paraissait cependant consommée. Lundi, tout s’est joué en moins d’une heure lors d’une réunion des chefs des trois partis coalisés, le premier ministre Ryutaro Hashimoto, président du PLD, se voyant officiellement notifié dans des termes courtois du départ irrévocable du PSJ et du Sakigake. «Cela s’est passé dans une atmosphère amicale», a affirmé le chef du gouvernement à la presse après l’annonce du divorce. La fin de cette coalition, fondée en juin 1994, ne menace pas pour le moment le gouvernement en place qui est composé exclusivement de ministres PLD. Les socialistes et le Sakigake avaient décidé de ne plus participer à un gouvernement PLD depuis octobre 1996. D’autre part, la mort de la coalition ne mettra pas le PLD en minorité puisqu’il détient à lui seul 261 des 500 sièges de la Chambre des représentants, la principale des deux Chambres de la Diète. Le PLD est minoritaire à la Chambre haute avec 118 des 252 sièges, mais un vote de la Chambre basse peut suffire pour l’adoption d’un projet de loi, même si la Chambre des conseillers s’y oppose. Cette coalition avait dès sa création surpris par sa composition, réunissant des partis dont la ligne idéologique diverge profondément sur des points clés tels que la coopération militaire entre le Japon et les Etats-Unis ou la transparence de la vie politique. Divergences Alliance de circonstance, elle avait permis le retour aux affaires du PLD, ce dernier acceptant alors comme compromis de taille que soit nommé un premier ministre socialiste, Tomiichi Murayama, qui reste à la tête du gouvernement de juin 1994 à janvier 1996. Le PLD avait été écarté du pouvoir pour la première fois en presque 40 ans en 1993 après une défaite électorale. Des transfuges du PLD avaient alors créé une coalition conservatrice opposée au PLD qui avait gouverné le Japon pendant dix mois jusqu’en juin 1994. Lundi, un sondage publié par le quotidien Asaho Shimbun a révélé que 67% des électeurs japonais ne font pas confiance à leurs politiciens. Dans ce sondage, réalisé à la mi-mai auprès de 2.243 personnes majeures, les électeurs les plus hostiles aux hommes politiques sont ceux âgés de moins de 30 ans: 82% déclarent ne pas faire confiance aux hommes politiques. 45% des personnes interrogées jugent les politiciens «pas fiables», 13% «sournois», 7% «arrogants» et 10% «rapaces». (AFP, Reuters)
La coalition contre nature qui rassemblait les conservateurs du Parti libéral-démocrate (PLD), le Parti socialiste (PSJ) et un petit parti centriste a éclaté hier, laissant le PLD seul aux commandes mais guère menacé à l’approche des élections sénatoriales le mois prochain. De nombreuses fois déjà, les deux partis alliés du PLD avaient menacé de claquer la porte, mais sans oser passer à l’acte. Depuis la semaine dernière, la rupture paraissait cependant consommée. Lundi, tout s’est joué en moins d’une heure lors d’une réunion des chefs des trois partis coalisés, le premier ministre Ryutaro Hashimoto, président du PLD, se voyant officiellement notifié dans des termes courtois du départ irrévocable du PSJ et du Sakigake. «Cela s’est passé dans une atmosphère amicale», a affirmé le chef du...
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