Le Conseil de Sécurité de l’ONU a de nouveau «vivement déploré» samedi le dernier test nucléaire effectué par le Pakistan, a déclaré le président du Conseil à l’issue d’une réunion d’urgence. Les quinze membres du Conseil ont également appelé le Pakistan à «annoncer publiquement un moratoire» sur ses essais et ses tirs de missiles, a dit à la presse le président en exercice du Conseil, l’ambassadeur du Kenya, Njuguna Moses Mahugu. Une résolution Le Conseil demande aussi à l’Inde et au Pakistan de signer «sans conditions» le traité d’interdiction complète des essais nucléaires (CTBT). Il a «exprimé sa préoccupation croissante d’une escalade dans la course aux armements en Asie du Sud», a dit M. Mahugu. Le Conseil s’est réuni en urgence pendant une heure et demie après le nouveau test effectué samedi par le Pakistan, dans la foulée des cinq tests qu’il avait réalisés jeudi. Le Conseil de Sécurité avait déjà solennellement, et en vain, appelé vendredi le Pakistan à ne plus réaliser de nouveaux essais nucléaires. Les quinze membres du Conseil ont également examiné un projet de résolution présenté par le Japon «en vue d’une adoption rapide», a dit l’ambassadeur kényan. La stabilité de l’Asie du Sud Un diplomate occidental a toutefois douté que cette résolution puisse être adoptée avant le milieu de la semaine prochaine au mieux, alors que les cinq membres permanents du Conseil (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) s’apprêtent à se réunir au niveau ministériel, sans doute à Genève. M. Mahugu a indiqué que ce texte «va au-delà» des essais indiens et pakistanais et concerne «la sécurité et la stabilité régionale en Asie du Sud», ainsi que «la question de la non-prolifération et du désarmement». Ce projet japonais évoque la possibilité de «nouvelles mesures» si l’Inde et le Pakistan ne se conforment pas aux demandes de la communauté internationale. Cette menace voilée a toutefois peu de chances d’être adoptée car plusieurs pays comme la Chine, la Russie, la France et la Grande-Bretagne sont hostiles à l’idée de sanctions, contrairement aux Etats-Unis et au Japon qui ont déjà pris des mesures de rétorsion bilatérale, selon un diplomate occidental. D’autre part, le projet de résolution réitère la condamnation des essais indiens et pakistanais, et appelle tous les Etats — et pas seulement l’Inde et le Pakistan — à ne pas réaliser de tests. Il appelle ces deux pays à «s’engager à ne pas assembler ou déployer» des armes nucléaires, à «mettre fin au développement de missiles balistiques» et à «exercer un contrôle strict sur les exportations» de matériels et technologie nucléaires. Signature des traités de non-prolifération Cette disposition vise à empêcher l’exportation, par exemple vers l’Iran, de la technologie et du savoir-faire nucléaire acquis par les deux pays. Le texte japonais «encourage» également tous les pays à ne pas aider l’Inde et le Pakistan à développer leur capacité nucléaire. New Delhi accuse la Chine d’avoir aidé Islamabad à mettre au point son arsenal nucléaire et ses missiles. Ce projet souligne aussi qu’il faut «consolider» le régime de non prolifération qui a été «sérieusement écorné» par les essais indiens et pakistanais et «appelle instamment» New Delhi et Islamabad à signer les traités de non-prolifération (TNP) et d’interdiction complète des essais (CTBT). (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Conseil de Sécurité de l’ONU a de nouveau «vivement déploré» samedi le dernier test nucléaire effectué par le Pakistan, a déclaré le président du Conseil à l’issue d’une réunion d’urgence. Les quinze membres du Conseil ont également appelé le Pakistan à «annoncer publiquement un moratoire» sur ses essais et ses tirs de missiles, a dit à la presse le président en exercice du Conseil, l’ambassadeur du Kenya, Njuguna Moses Mahugu. Une résolution Le Conseil demande aussi à l’Inde et au Pakistan de signer «sans conditions» le traité d’interdiction complète des essais nucléaires (CTBT). Il a «exprimé sa préoccupation croissante d’une escalade dans la course aux armements en Asie du Sud», a dit M. Mahugu. Le Conseil s’est réuni en urgence pendant une heure et demie après le nouveau test...