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Actualités - Chronologie

Chirac à Beyrouth sous le signe de la confiance (photo)

Le président français Jacques Chirac est arrivé hier soir à Beyrouth où il a entamé sa troisième visite depuis son arrivée au pouvoir en mai 1995, une visite placée, selon Paris, sous le signe de «la confiance dans la capacité du Liban à se relever, à se reconstruire et à se réconcilier pleinement». M. Chirac, dont l’avion a atterri à 21h15 à l’AIB, a été accueilli par tous les hauts responsables du pays, notamment le chef de l’Etat Elias Hraoui, le premier ministre Rafic Hariri et le président de la Chambre Nabih Berry accompagnés de leurs épouses respectives ainsi que les ministres des Affaires étrangères Farès Boueiz et de l’Intérieur Michel Murr. Après une bousculade bon enfant au bas de la passerelle, tout le monde se pressant pour saluer le président de la France, M. Chirac, accompagné de son épouse Bernadette et du secrétaire d’Etat à l’Industrie Christian Pierret, s’est rendu avec les responsables libanais au salon d’honneur de l’aéroport. Après quelques échanges avec ses hôtes, le chef de l’Etat français a gagné la Résidence des Pins, qu’il doit inaugurer solennellement aujourd’hui samedi. Le ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine devait pour sa part arriver à Beyrouth plus tard dans la soirée, en provenance du Luxembourg. A Paris, le porte-parole de l’Elysée Catherine Colonna a présenté la réouverture de la Résidence des Pins comme la marque de la «fidélité de la France à l’égard du Liban et à l’égard d’elle-même», un «témoignage de la permanence de sa présence et de son attachement au Liban». «En refaire la maison de tous les Français, mais aussi de tous les Libanais, c’est un geste fort, symbolique et, plus que symbolique, c’est un geste politique», a-t-elle dit, ajoutant que, pour le président Chirac, c’était «une renaissance», «la paix et la vie retrouvées». Cette visite, a poursuivi Mme Colonna, est aussi «l’occasion de marquer que la France a confiance dans la capacité du Liban à se relever, à se reconstruire, à se réconcilier pleinement». «La France, avait dit Jacques Chirac aux Libanais en 1996, entend se tenir à vos côtés à l’heure du redressement national». M. Chirac aura aujourd’hui une série d’entretiens politiques successivement avec MM. Hariri, Berry et Hraoui. Entre-temps, il prononcera un discours à l’Ecole supérieure des affaires, institution franco-libanaise qu’il avait portée sur les fonts baptismaux en avril 1996. Les entretiens devraient porter principalement sur le processus de paix au Proche-Orient, dont le blocage persistant inspire une «grande inquiétude» aux responsables français, notamment quant aux «dangers qui en résultent», a indiqué Catherine Colonna. La France, a-t-elle rappelé, n’entend «pas se résoudre à laisser s’évanouir les espoirs de paix». Elle souhaite que «toutes les possibilités soient explorées pleinement» et a lancé, conjointement avec l’Egypte, un «appel» qui «vise à mobiliser les énergies de ceux qui veulent sauver la paix». Selon le chef de poste d’expansion économique français à Beyrouth, Claude Martin-Vaskou, «la France est sans doute le premier partenaire économique du Liban et les opérateurs privés français montrent énormément d’intérêt pour ce pays». Au total 4.145 sociétés françaises privées commercent avec le Liban. «Les exportations françaises ont atteint 800 millions de dollars en 1997 et ont été multipliées par cinq depuis 1992» selon M. Martin-Vaskou qui précise que, sur ce plan, la France talonne de «très près» l’Italie, premier fournisseur du Liban. En dépit d’un revenu par habitant modeste, le Liban est le 48e client de la France et le 5e au Proche-Orient, derrière notamment Israël et l’Arabie Séoudite. La France, précise M. Martin-Vaskou, a octroyé depuis 1992 des prêts et des dons directs pour près de 200 millions de dollars, en cinq protocoles. L’aide française directe a en outre représenté 7% soit 272 M. USD des 4 mds USD de financements extérieurs, soit un peu moins que l’Italie (8%), selon le dernier rapport d’activité du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR). Mais Paris, souligne une source occidentale, «honore pleinement ses engagements». Selon M. Martin-Vaskou, la France participe également à hauteur de 20% aux prêts et dons alloués par l’Union européenne et la Banque européenne d’investissement (BEI), et à 6% des fonds débloqués par la Banque mondiale (BM). Si la France est un des principaux bailleurs de fonds du Liban, les entreprises françaises ont de leur côté enlevé de nombreux contrats du programme de réhabilitation des infrastructures dévastées par la guerre, dont le coût est estimé à 18 mds USD. Elles exécutent 80 projets dans divers domaines, notamment l’électricité, les télécommunications, l’eau, l’assainissement et l’environnement. D’importantes sociétés françaises se sont taillé une part de choix: Electricité de France (EDF), Bouygues, GEC-Alsthom, France Telecom, Alcatel, Schneider, Thomson, Vivendi, Lyonnaise des Eaux, Clemessy (électricité). Les firmes françaises ont toutefois signé très peu de contrats en 1997 et pas un seul en 1998. «Ceci est dû aux difficultés financières du Liban qui ploie sous une dette de 16 mds USD et préfère désormais les adjudications sous forme de concessions en BOT», explique un économiste libanais. Cellis (France Telecom) a investi 250 M USD dans le téléphone portable avec 215.000 abonnés. La société MASPO, une joint-venture entre la compagnie libanaise d’aviation MEA et la firme française SOGERMA, a monté un centre régional de maintenance d’aviation avec 650 techniciens. Bouygues est en train de réaliser pour 229 M USD la façade maritime du centre-ville de Beyrouth. Rhône-Poulenc a créé au Liban sa base régionale, Lafarge a monté une usine d’adjuvants et Total dispose du plus important réseau de distribution de carburants du pays (250 stations). «Nous sommes de loin le premier investisseur dans le secteur productif au Liban. Dans le secteur bancaire, tous les grands établissements français sont implantés seuls, en association ou disposent de bureaux de représentation. Ils assurent le quart du volume d’affaires de la place», relève M. Martin-Vaskou.
Le président français Jacques Chirac est arrivé hier soir à Beyrouth où il a entamé sa troisième visite depuis son arrivée au pouvoir en mai 1995, une visite placée, selon Paris, sous le signe de «la confiance dans la capacité du Liban à se relever, à se reconstruire et à se réconcilier pleinement». M. Chirac, dont l’avion a atterri à 21h15 à l’AIB, a été accueilli par tous les hauts responsables du pays, notamment le chef de l’Etat Elias Hraoui, le premier ministre Rafic Hariri et le président de la Chambre Nabih Berry accompagnés de leurs épouses respectives ainsi que les ministres des Affaires étrangères Farès Boueiz et de l’Intérieur Michel Murr. Après une bousculade bon enfant au bas de la passerelle, tout le monde se pressant pour saluer le président de la France, M. Chirac, accompagné de son...