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Actualités - Opinion

Bachar Kouatly, la fierté des échecs libanais

Un monsieur à moustache s’approche timidement, la tête penchée, pour se mettre dans le cadre de sa vision et lui demande: — «Tu te souviens de moi?» — «Ha, oui!.... oui, oui, bien sûr. Attends, c’était quoi déjà, une Sicilienne n’est-ce pas? J’avais sacrifié une pièce, puis j’avais joué Da4+ et j’avais gagné en dix-sept coups!». — «Il me semble bien, dit le monsieur, en dix-sept coups, enfin je ne sais plus trop, tu sais, ça fait plus de vingt ans...». Mais lui se rappelle la partie de plus en plus clairement. Un tournoi junior. Les joueurs, le classement, toutes les parties semblent même lui revenir, on voit tout ça qui tourne dans ses yeux et sur son visage qui s’éclaire, un sourire de nostalgie. C’est Bachar Kouatly. La fierté des échecs libanais. Sixième au championnat du monde junior 1978, puis maître international, puis se qualifiant pour l’interzonal, et dont les parties spectaculaires faisaient le tour du monde... En 1981, Kouatly, qui possède aussi la nationalité française, décide de jouer pour ce pays, qui lui offre de meilleurs espoirs de progression, compte tenu des circonstances au Liban. Il devient champion de France puis grand-maître international. Plus tard Kouatly se consacre à l’organisation de tournois et autres manifestations échiquéennes. Son influence grandit. Il manque de quelques voix la présidence de la fédération internationale des échecs, dont il est aujourd’hui vice-président. Il rachète «Europe-Echecs». C’est une personnalité... Dans les grands tournois à l’étranger, nos joueurs se sentent toujours une certaine auréole, une protection: ils ont Bachar derrière eux. Après dix-huit années d’absence, Bachar Kouatly accompagne Karpov à Beyrouth. Et toute la «communauté» échiquéenne libanaise se presse pour lui dire son émotion, sa fierté, et «tu te souviens...».
Un monsieur à moustache s’approche timidement, la tête penchée, pour se mettre dans le cadre de sa vision et lui demande: — «Tu te souviens de moi?» — «Ha, oui!.... oui, oui, bien sûr. Attends, c’était quoi déjà, une Sicilienne n’est-ce pas? J’avais sacrifié une pièce, puis j’avais joué Da4+ et j’avais gagné en dix-sept coups!». — «Il me semble bien, dit le monsieur, en dix-sept coups, enfin je ne sais plus trop, tu sais, ça fait plus de vingt ans...». Mais lui se rappelle la partie de plus en plus clairement. Un tournoi junior. Les joueurs, le classement, toutes les parties semblent même lui revenir, on voit tout ça qui tourne dans ses yeux et sur son visage qui s’éclaire, un sourire de nostalgie. C’est Bachar Kouatly. La fierté des échecs libanais. Sixième au championnat du monde junior...