Il est loin le temps où l’on cousait draps, couettes et serviettes à la main. Le marché libanais actuel a de quoi satisfaire les plus exigeantes d’entre nous en matière de linge de maison. Tout y est: qualité, prix abordables et une profusion de motifs et de couleurs... Tour guidé côté textiles. De tous temps le trousseau a fait partie intégrante de la vie sociale, et était le centre de maintes traditions et festivités. Retournons un peu en arrière. Une fille naît: on commence à penser à son trousseau. Toute la gent féminine de la famille est mobilisée. Maman, tantes, grands-mères se mettent assidûment à la tâche, et ne perdent pas une minute de libre pour assurer à la future épousée (but ultime) un trousseau des plus dignes. N’oublions pas que nous sommes au Liban, et que le désir du show-off a toujours primé. Comme les filles n’étaient pas supposées aller plus loin que le certificat d’études primaires, elles rejoignaient le rang des femmes “actives” dès 10 ou 12 ans, et se mettaient elles aussi à apprendre la couture, la broderie, le crochet, le tricot, et travaillaient à leur propre trousseau. C’était un travail régulier, continu, et l’on pourrait même dire à caractère obsessionnel. Certaines règles de base n’étaient sous aucun cas à enfreindre. Le reste était laissé à l’imagination, au savoir-faire et à l’habileté manuelle. Il va sans dire que les classes aisées chargeaient des bataillons de couturières pour accomplir cette mission, et c’était – libanisme oblige - à qui avait plus de moyens financiers pour ce faire. Et lorsqu’enfin le bon parti s’est présenté, et que les fiançailles sont annoncées, on appelle, paniqués, les religieuses à la rescousse, fourmis laborieuses et méticuleuses qui, elles aussi, brodent, crochettent, cousent... Et puis... Le trousseau est enfin prêt: on l’expose. Avant de le transporter dans la future maison conjugale, amis, connaissances, famille, et surtout parents du futur époux sont supposés venir s’extasier (dans le cas de ces derniers c’est plutôt venir faire la moue) devant les trésors de patience lavés, amidonnés et repassés au fer à charbon. De quoi était donc constitué ce travail d’Hercule? Le trousseau de la chambre à coucher l Pour la nuit de noces, obligatoirement, draps de lin blanc de première qualité, brodés. Il ne faut pas oublier que le lit double n’existait pas à l’époque, ou bien était très mal vu, ce qui fait que l’on parle ici par paires de draps. l Pour l’usage quotidien, au moins trois paires de draps brodés aux initiales des époux; de lin mélangé – donc de qualité moindre – mais résistant aux lavages-amidonnages intempestifs et repassages risqués. l Ces draps font partie d’un set complet qui inclut les draps de lit, les taies d’oreillers, les couvre-lits, et même les rideaux brodés ou crochetés. l Les commodes et tables de chevet avaient aussi leur propre “garde-robe”. Les napperons assortis aux draps de la chambre étaient un must. l Deux ou quatre couvertures en pure laine pour l’hiver, et même nombre pour les couvertures en coton de l’été. l Les couettes étaient une tout autre affaire. Faites en satin, elles étaient remplies d’une grande quantité de coton brut. Et à chaque fois qu’on devait les laver, il fallait les découdre, laver le tissu seul, aérer le coton, puis recoudre le tissu, le remplir de nouveau, et, pour tenir le coton en place, coudre des motifs géométriques, bandes parrallèles ou losanges... Pratique. Pour la salle de bains l Rideaux et tapis de bain n’étaient pas courants. Le linge de cette pièce se résumait surtout à une quantité non négligeable de serviettes-éponge brodées et personnalisées. Pour le salon, la salle à manger l Nappes de table, usage courant et spécial grandes occasions. Le nombre était donc au choix. On utilisait surtout le lin, le lin suisse et la toile italienne, et on brodait des motifs champêtres (feuilles de vigne et grappes de raisin) ou floraux (la marguerite était une des fleurs favorites). l Pour accompagner les nappes, 8, 12 ou 24 serviettes (selon les dimensions de la salle à manger), brodées du même motif. l Nappes à thé (tea table), plus petites que les précédentes, mais également brodées et accompagnées de leurs serviettes assorties. l Napperons de toutes formes et tailles pour “enjoliver” les petites tables du salon. Point de croix, point lancé, point de tige, fil tiré... Créativité et imagination étaient alors les mots d’ordre. Pour la cuisine l On cousait aussi les tabliers et les serviettes de cuisine et on les brodait. Bien sûr, on utilisait surtout les tissus en coton bien absorbant. l Une coqueluche: les couvre-marmites tricotés en laine, pour garder la nourriture bien au chaud. Astucieux, non?
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Il est loin le temps où l’on cousait draps, couettes et serviettes à la main. Le marché libanais actuel a de quoi satisfaire les plus exigeantes d’entre nous en matière de linge de maison. Tout y est: qualité, prix abordables et une profusion de motifs et de couleurs... Tour guidé côté textiles. De tous temps le trousseau a fait partie intégrante de la vie sociale, et était le centre de maintes traditions et festivités. Retournons un peu en arrière. Une fille naît: on commence à penser à son trousseau. Toute la gent féminine de la famille est mobilisée. Maman, tantes, grands-mères se mettent assidûment à la tâche, et ne perdent pas une minute de libre pour assurer à la future épousée (but ultime) un trousseau des plus dignes. N’oublions pas que nous sommes au Liban, et que le désir du show-off a toujours...