L’attentat aux «gazakia», des cartouches de gaz destinées au camping, est devenu un nouvel élément de la vie quotidienne à Athènes où voitures d’ambassades, domiciles de ministres et sociétés étrangères sont régulièrement visés. Cette recrudescence des attentats, qui n’ont fait jusqu’ici aucune victime et des dégâts limités, fait resurgir l’ombre du terrorisme en Grèce, considérée dans les années 70 et 80 comme un pays à risque. La police a dénombré 32 de ces «gazakia» depuis janvier. Le dernier en date visait la semaine dernière les bureaux privés du ministre de l’Information et porte-parole du gouvernement Dimitris Reppas. Leurs auteurs revendiquent ces actions sous de mystérieuses signatures anarchistes. Le groupe des «Incendiaires de conscience» arrive en tête. Viennent ensuite des organisations baptisées «Cellules de frappe anarchiste», «Enfants de novembre» ou «loups anarchistes». Les cibles sont très variées. Il peut d’abord s’agir de voitures du corps diplomatique: des véhicules des ambassades de Hongrie, de Yougoslavie, d’Italie, de Libye, de Turquie ont ainsi été incendiés. Il peut s’agir aussi des bureaux privés de ministres ou d’anciens ministres, de succursales de banques grecques ou de sociétés étrangères. Enfin, les cibles peuvent être tout simplement des particuliers qui découvrent, un matin, leur voiture carbonisée au bord du trottoir. L’attentat aux «gazakia» semble toutefois suivre l’actualité quand il vise le véhicule de l’attaché militaire turc juste après un regain de tension entre Ankara et Athènes, ou les bureaux privés du ministre du Travail quand le climat social se durcit. La semaine dernière, les «Incendiaires de conscience» ont ainsi revendiqué une action contre les bureaux du Centre français du commerce extérieur (CFCE) à Athènes, au nom de leur hostilité, «30 ans après mai 68», aux «capitalistes, réformistes et fascistes». Pour la police, il faut chercher l’origine de cette vague d’engins incendiaires à Exarchia, le quartier étudiant d’Athènes, non loin de l’école polytechnique où débuta la première révolte contre le régime des colonels en 1973. Là, on peut lire, au hasard des murs, le graffiti suivant: «Les «gazakia» ne servent pas qu’à réchauffer le café». Les policiers semblent persuadés qu’une seule organisation se cache en fait derrière ces multiples groupes. Ils soulignent que les mini-attentats se sont multipliés après l’arrestation en janvier d’un jeune anarchiste, Nikos Maziotis, accusé d’un attentat contre les bureaux privés du ministre du Développement. Certains enquêteurs vont plus loin et relient cette vague de «gazakia» au terrorisme grec historique, apparu après la chute de la dictature (1967-1974). Ils pensent que l’organisation d’aujourd’hui pourrait provenir d’une scission de l’ELA (Combat révolutionnaire populaire). L’ELA est, avec le 17 novembre, l’une des deux organisations terroristes grecques régulièrement citées par le département d’Etat américain dans son rapport annuel sur le terrorisme dans le monde. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’attentat aux «gazakia», des cartouches de gaz destinées au camping, est devenu un nouvel élément de la vie quotidienne à Athènes où voitures d’ambassades, domiciles de ministres et sociétés étrangères sont régulièrement visés. Cette recrudescence des attentats, qui n’ont fait jusqu’ici aucune victime et des dégâts limités, fait resurgir l’ombre du terrorisme en Grèce, considérée dans les années 70 et 80 comme un pays à risque. La police a dénombré 32 de ces «gazakia» depuis janvier. Le dernier en date visait la semaine dernière les bureaux privés du ministre de l’Information et porte-parole du gouvernement Dimitris Reppas. Leurs auteurs revendiquent ces actions sous de mystérieuses signatures anarchistes. Le groupe des «Incendiaires de conscience» arrive en tête. Viennent ensuite des...