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Actualités - Chronologie

Le pape divise le gouvernement italien sur l'avortement

Le pape a divisé le gouvernement italien de centre-gauche, dans lequel sont alliés ex-communistes et catholiques pratiquants, avec ses virulentes déclarations contre l’avortement. A l’occasion du 20e anniversaire de la légalisation de l’avortement en Italie, le pape a demandé aux catholiques de s’engager «politiquement» pour supprimer cette loi qui a permis que «trois millions et demi d’enfants soient supprimés en 20 ans». Selon le «Corriere della Sera» (centre-gauche), ces déclarations ont déclenché «un tremblement de terre» au sein de la majorité tandis que pour «La Repubblica» (gauche) le pape fait du «terrorisme psychologique» pour obtenir l’annulation d’une loi de l’Etat. Les catholiques du gouvernement italien, à commencer par le président du Conseil Romano Prodi et son ministre de la Santé Rosy Bindi, une religieuse laïque qui fait vœu de chasteté, ont semblé être embarrassés par un appel aussi explicite du pape. «En tant que démocrates catholiques, nous ne pouvons pas être favorables à la loi 194 (autorisant l’avortement)», a déclaré Rosa Russo Jervolino du Parti populaire italien (PPI, démocrate-chrétien), dont est proche M. Prodi, tout en estimant que ce sujet «ne pouvait être l’occasion d’une crise gouvernementale». Le ministre de la Santé, Mme Bindi, a contourné le problème en affirmant qu’il fallait prévenir l’avortement par la «protection et la promotion de la maternité». Les femmes ex-communistes du gouvernement, Livia Turco (Solidarité sociale) et Anna Finocchiaro (Egalité des chances), qui ont mené la bataille des féministes dans les années 1970 pour obtenir le droit à l’avortement, ont défendu sans restriction la loi. Depuis la légalisation de l’avortement, les interruptions volontaires de grossesse ont diminué de 41% au cours des dix dernières années, ont-elles relevé. Selon l’Institut italien de statistiques Istat, il y a eu 233.000 IVG en 1983 et 138.000 en 1996 et les avortements clandestins ont presque complètement disparu. «La Repubblica» a estimé cependant que ces appels répétés du pape contre l’avortement, la pilule et les préservatifs, resteront comme à l’accoutumée sans effet. Ils sont une des raisons de «l’éloignement de nombreux catholiques de la pratique religieuse», écrit le quotidien. Le député Gloria Buffo, responsable du secteur santé des Démocrates de gauche (DS, ex-communiste), principal parti du gouvernement, s’est dite «frappée encore une fois par les positions du pape si avancées dans le domaine social et si rigides en matière de sexualité et de procréation». Pour le communiste orthodoxe Fausto Bertinotti, l’Eglise voudrait mettre en difficulté les démocrates-chrétiens alliés aux ex-communistes et «l’Osservatore Romano», le quotidien du Vatican, ne manque pas une occasion d’attaquer le PPI. Du côté de l’opposition de centre-droit, la nouvelle attaque du pape contre l’avortement a été une occasion pour renouveler la demande d’une révision de la loi. Quatre projets de loi ont été déposés dans ce sens. Huit autres projets ont été déposés par le centre-gauche pour améliorer la loi actuelle. (AFP)
Le pape a divisé le gouvernement italien de centre-gauche, dans lequel sont alliés ex-communistes et catholiques pratiquants, avec ses virulentes déclarations contre l’avortement. A l’occasion du 20e anniversaire de la légalisation de l’avortement en Italie, le pape a demandé aux catholiques de s’engager «politiquement» pour supprimer cette loi qui a permis que «trois millions et demi d’enfants soient supprimés en 20 ans». Selon le «Corriere della Sera» (centre-gauche), ces déclarations ont déclenché «un tremblement de terre» au sein de la majorité tandis que pour «La Repubblica» (gauche) le pape fait du «terrorisme psychologique» pour obtenir l’annulation d’une loi de l’Etat. Les catholiques du gouvernement italien, à commencer par le président du Conseil Romano Prodi et son ministre de la Santé...