"Leçon de cinéma" par Youssef Chahine, entre grammaire et amour
le 22 mai 1998 à 00h00
Le metteur en scène égyptien Youssef Chahine a donné mercredi la traditionnelle «leçon de cinéma» du Festival de Cannes. «Pourquoi devenir cinéaste?», s’est d’entrée interrogé le réalisateur de «L’émigré» et du «Destin», qui s’exprimait en français. «Peut-être est-ce un don, je l’espère. Mais il faut aussi se demander (est-ce que je sais dire les choses?)». Et d’insister sur la nécessaire attention à la «dramaturgie», tout en séparant la phase d’écriture du scénario de celle de la mise en scène proprement dite: «Le cinéma ce n’est pas uniquement l’inspiration, qui peut donner une idée de base, mais bien de savoir comment dire ses idées». Et de louer les cinéastes américains qui «racontent très bien des histoires» et lui ont appris — Youssef Chahine a fait des études de cinéma à Pasadena — «la grammaire et la syntaxe (de l’image) vers laquelle il faut toujours retourner». «Chaque image doit être l’inévitable image qui vient avant la suivante. Chaque scène doit inévitablement suivre l’autre», poursuit l’auteur de «Gare centrale», en expliquant qu’il prend personnellement une moyenne de 4.000 photographies avant de commencer un tournage pour préparer le découpage. Youssef Chahine a engagé les jeunes cinéastes à s’ouvrir au monde et à l’amour en évoquant de façon allusive la situation en Egypte et l’islamisme. «On m’a dit de prendre des gardes du corps. Ils m’ont suivi partout deux jours. J’ai cru devenir dingue. Je les ai renvoyés et je suis retourné filmer dans les rues du Caire, les gens souriaient, j’étais protégé par l’amour, pas par la police». «J’aime le cinéma. Je veux travailler jusqu’au dernier jour de ma vie dans le cinéma», a conclu Youssef Chahine, qui est âgé de 72 ans. (AFP)
Le metteur en scène égyptien Youssef Chahine a donné mercredi la traditionnelle «leçon de cinéma» du Festival de Cannes. «Pourquoi devenir cinéaste?», s’est d’entrée interrogé le réalisateur de «L’émigré» et du «Destin», qui s’exprimait en français. «Peut-être est-ce un don, je l’espère. Mais il faut aussi se demander (est-ce que je sais dire les choses?)». Et d’insister sur la nécessaire attention à la «dramaturgie», tout en séparant la phase d’écriture du scénario de celle de la mise en scène proprement dite: «Le cinéma ce n’est pas uniquement l’inspiration, qui peut donner une idée de base, mais bien de savoir comment dire ses idées». Et de louer les cinéastes américains qui «racontent très bien des histoires» et lui ont appris — Youssef Chahine a fait des études de...
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