Le puissant commandement militaire indonésien s’est engagé à protéger l’ancien président Suharto et a lancé, dans l’heure qui a suivi la démission du doyen des dirigeants asiatiques, une mise en garde contre tout nouveau trouble. Alors même que des appels naissaient pour traduire en justice l’ex-président Suharto, le général Wiranto, commandant en chef des forces armées indonésiennes et ministre de la Défense, a dans les mêmes micros que ceux utilisés par Suharto pour démissionner affirmé que l’ABRI (armée indonésienne) demeurait «unie» et qu’elle garantirait «la sécurité et l’honneur» de Suharto et des membres de sa famille. Le général Wiranto a dans le même temps affirmé le soutien de l’armée au vice-président Bacharuddin Jusuf Habibie, 61 ans, dont l’autorité est déjà contestée par les étudiants et qui a prêté serment en tant que nouveau président d’Indonésie immédiatement après la démission de Suharto. «Conformément à la constitution, l’ABRI soutient le vice-président, M. B.J. Habibie, comme président de la République d’Indonésie», a déclaré le général de 51 ans, ancien aide de camp de Suharto et placé aux commandes de l’armée en mars dernier. Suharto, ancien commandant en chef des forces d’élite du Kostrad, détenteur du grade très prisé de général 5 étoiles, s’était saisi du pouvoir en 1966 après que le président fondateur de l’Indonésie Soekarno lui eut demandé d’intervenir à la suite d’une sanglante tentative de coup d’Etat. Au moment même où des clameurs montent pour demander que Suharto soit jugé pour népotisme et corruption — la fortune globale du clan serait estimée à près de 40 milliards de dollars — il va maintenant devoir compter sur l’armée pour sa sécurité et son bien-être, ainsi que ceux des membres de sa famille. «Rôle actif» Dans une claire allusion à ces mouvements qui ont ébranlé l’emprise de fer que Suharto avait sur le pays, le général Wiranto a lancé une mise en garde aux protestataires. «L’ABRI continuera à remplir un rôle actif pour prévenir les violations de tous ordres qui pourraient mettre en danger l’unité de la nation», a déclaré Wiranto dans ce qu’il a qualifié de «message politique des forces armées adressé à tous les Indonésiens». Amien Rais, leader musulman qui dirige une organisation revendiquant 28 millions de membres, a réaffirmé jeudi sa demande que Suharto soit traduit en justice et que sa fortune soit confisquée et reversée à l’Etat. Le chef du mouvement islamique Muhamaddiyah s’est prononcé pour un jugement «juste, équitable et authentique» de l’ex-président. Amien Rais s’est dans le même temps déclaré candidat à la présidence dans de prochaines élections, prédisant la tenue d’un scrutin «dans moins d’un an». L’ABRI, pilier du parti Golkar au pouvoir, dispose de 75 des 500 sièges du Parlement qui forme lui-même la moitié de l’Assemblée consultative populaire qui élit le président. «L’ABRI, solide et unie, demande à la nation indonésienne tout entière d’accepter le vœu personnel du président Suharto qui est conforme à l’article 8 de la constitution de 1945», a déclaré le général Wiranto. La constitution stipule qu’«en cas de décès du président, ou de cessation de l’exécution de ses tâches pendant son mandat, la charge de la présidence sera assumée par le vice-président jusqu’à l’expiration du mandat en cours». «Au nom des valeurs nobles de notre culture nationale, l’ABRI continuera de garantir la sécurité et l’honneur des anciens présidents, détenteurs du mandat de l’Assemblée consultative populaire, dont M. Suharto et sa famille», a dit le général Wiranto. «L’ABRI demande à toutes les parties de demeurer calmes et de prévenir tous désordres ou actions violentes qui en fin de compte desserviraient les intérêts du peuple même», a averti le général Wiranto. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le puissant commandement militaire indonésien s’est engagé à protéger l’ancien président Suharto et a lancé, dans l’heure qui a suivi la démission du doyen des dirigeants asiatiques, une mise en garde contre tout nouveau trouble. Alors même que des appels naissaient pour traduire en justice l’ex-président Suharto, le général Wiranto, commandant en chef des forces armées indonésiennes et ministre de la Défense, a dans les mêmes micros que ceux utilisés par Suharto pour démissionner affirmé que l’ABRI (armée indonésienne) demeurait «unie» et qu’elle garantirait «la sécurité et l’honneur» de Suharto et des membres de sa famille. Le général Wiranto a dans le même temps affirmé le soutien de l’armée au vice-président Bacharuddin Jusuf Habibie, 61 ans, dont l’autorité est déjà contestée...