Le vice-président indonésien Bacharuddin Jusuf Habibie, qui a remplacé jeudi M. Suharto, démissionnaire, à la tête de l’Etat indonésien, est considéré comme son fils spirituel. M. Habibie, 61 ans, ministre de la Recherche et de la Technologie très controversé, avait été désigné par l’armée comme seul candidat à la vice-présidence en février dernier. Lors de sa nomination le 11 mars, il s’était déclaré prêt à «assister le président Suharto», reconduit à la tête de l’Indonésie pour un septième mandat de cinq ans. Les premières indications du président sur le choix de M. Habibie avaient entraîné dès fin janvier la chute de la roupie à 17.000 pour un dollar, son plus bas niveau historique. M. Habibie, «BHJ» , ingénieur en aéronautique formé en Allemagne, est connu pour ses théories économiques excentriques et ses projets technologiques ruineux, notamment dans le domaine de la construction navale ou aéronautique, qui ont coûté des milliards à l’Indonésie. Surnommé le «tsar de la technologie indonésienne», il assure des responsabilités importantes dans 24 sociétés industrielles ou des instituts gouvernementaux divers. Les fleurons sont sans doute la présidence de l’IPTN (Nusantara Aircraft Industry), le constructeur aéronautique indonésien, et celle de l’Association indonésienne des intellectuels musulmans (ICMI) dont il a accepté la présidence en 1990. Selon l’un de ses biographes, il a été ingénieur en Allemagne pendant treize ans chez Messerschmidt, devenant directeur de la branche avions. Dès 1974, à son retour d’Allemagne, il est nommé conseiller présidentiel pour la technologie. Suharto, alors jeune colonel en garnison dans le sud des Célèbes, dont est originaire Habibie, avait suivi avec attention la carrière de «BHJ». L’étroitesse des liens entre Habibie et Suharto est illustrée par de nombreuses photographies les montrant ensemble à la pêche ou se reposant dans le ranch présidentiel. Le vice-président appelle le président Surato «SGS» (Super Genius Suharto, Suharto le super-génie). «Il me considère comme un proche parent», dit Suharto dans son autobiographie. Habibie a été pendant une vingtaine d’années à la tête du ministère de la Recherche et de la Technologie. Sa désignation à la vice-présidence avait surpris: il est l’une des rares personnalités dans les cercles du pouvoir en Indonésie à ne pas avoir de passé militaire. Il ne dispose pas non plus de base politique personnelle et n’appartient pas à la majorité javanaise qui contrôle l’essentiel du pouvoir en Indonésie. (AFP)
Le vice-président indonésien Bacharuddin Jusuf Habibie, qui a remplacé jeudi M. Suharto, démissionnaire, à la tête de l’Etat indonésien, est considéré comme son fils spirituel. M. Habibie, 61 ans, ministre de la Recherche et de la Technologie très controversé, avait été désigné par l’armée comme seul candidat à la vice-présidence en février dernier. Lors de sa nomination le 11 mars, il s’était déclaré prêt à «assister le président Suharto», reconduit à la tête de l’Indonésie pour un septième mandat de cinq ans. Les premières indications du président sur le choix de M. Habibie avaient entraîné dès fin janvier la chute de la roupie à 17.000 pour un dollar, son plus bas niveau historique. M. Habibie, «BHJ» , ingénieur en aéronautique formé en Allemagne, est connu pour ses théories...
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