Dubaï a engagé une course effrénée pour devenir un centre de tourisme mais bute sur des anicroches: le boom hôtelier contraint les hôtels de luxe à céder la nuitée au prix dérisoire de 55 dollars. Les hôteliers se livrent à une véritable guerre des prix alors qu’une grande majorité de visiteurs ont commencé à fuir le désert du Golfe en cette saison chaude. Depuis le 1er mai, les tarifs hôteliers ont chuté de 50%. «C’est un phénomène saisonnier, qui s’est aggravé cette année en raison des nouveaux hôtels de luxe qui ont ouvert leurs portes et des hôtels qui poussent partout comme des champignons», affirme un directeur d’hôtel à l’occasion de la tenue à Dubaï de la semaine de l’Arabian Travel Market. Dubaï, un des sept membres de la fédération des Emirats arabes unis, compte cette année 5.000 chambres de plus qu’en 1997. Huit nouveaux hôtels ont été inaugurés au cours des trois dernières années sur le front de mer, dont l’un de 600 chambres, le Jumeirah Beach, qui a la forme d’une énorme vague. Le nombre d’hôtels à Dubaï est passé de 200 en 1994 à 247 actuellement. Selon des directeurs d’hôtel, les établissements cinq étoiles offrent les mêmes tarifs que ceux de deux ou trois étoiles. «Mais, bien entendu, les hôtels ouvrent avec une orientation à long terme. C’est un investissement pour l’avenir», dit un hôtelier, en relevant que le Département du tourisme de Dubaï (DTD) prévoit une augmentation de 20% du nombre des touristes en 1998. En mars-avril, 1,6 million de visiteurs ont participé au Festival d’achats de Dubaï, la plus grande braderie commerciale au Moyen-Orient. «Nous avons accueilli 2,2 millions de touristes en 1997 et notre objectif est de trois millions en l’an 2000», a affirmé le directeur du DTD, Awad Seghayer. Dans son édition de mai, la revue «World Travel Report», publiée par le groupe TTG (Travel Trade Gazette), affirme que les Emirats pourraient occuper la place de l’Egypte comme principale destination touristique de la région en l’an 2002. Un responsable du tourisme dans un autre pays du Golfe s’est déclaré «fasciné» par ce que Dubaï a pu accomplir avec «du sable et de l’eau». «Il s’agit de planifier et de commercialiser. Et, bien sûr, ils ont l’argent», a-t-il dit, faisant allusion à la richesse pétrolière des Emirats. «Mais ils doivent être assez prudents, car le tourisme aujourd’hui est plus exigeant. Les gens veulent une véritable culture et tous ces bâtiments en aluminium et en verre à Dubaï n’attireront pas leur attention», a-t-il estimé. M. Seghayer souligne, à ce propos, que le gouvernement de Dubaï encourage seulement «les hôtels capables de mettre en relief le patrimoine et l’héritage du Golfe». (AFP)
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