Un flic affreux, sale, bête, méchant, raciste, lâche et poivrot, qui a fait un tabac en Espagne avec plus de deux millions d’entrées, mais fera frémir de dégoût certains spectateurs, inaugure la 37e Semaine internationale de la critique du festival de Cannes qui présente jusqu’au 22 mai sept premiers longs métrages. «Torrente, le bras gauche de la loi» (Torrente, el brazo tonto de la ley) «perpétré par» Santiago Segura qui joue également le rôle titre, n’est pas pour les esthètes, les cœurs sensibles ou les estomacs délicats car cette comédie grasse et grinçante joue à fond et avec excès sur le mauvais goût et la scatologie. La Semaine internationale de la critique, qui décernera le 22 mai le prix Mercedes-Benz du meilleur long métrage et le prix Canal + du meilleur court métrage, a servi de tremplin au cours de son histoire à Bernardo Bertolucci, Jacques Audiard, Wong Kar Waï, Leos Carax, Arnaud Desplechin, Anne Fontaine (Nettoyage à sec), Tran Anh Hung (caméra d’or puis lion d’or à Venise avec «Cyclo») etc.. L’an dernier, elle a présenté «Karakter» (Character) du Néerlandais Mike van Diem, qui a obtenu ensuite l’Oscar du meilleur film étranger. Acteur primé en Espagne, Santiago Segura affirme avoir voulu faire un film au second degré, mais il est douteux que les festivaliers de Cannes accueillent avec la même compréhension que le public espagnol les tribulations et les éructations de Torrente. Fait de société Cet ex-flic répugnant, gras, chauve et courtaud, descend une bonne dizaine de whisky avant de s’embarquer pour des virées nocturnes dans un Madrid hyperviolent où les rues sont transformées en champ de bataille (tabassages de prostituées, braquages de magasins...) mais Torrente est si couard qu’il ne s’en prend qu’aux pauvres immigrés pour leur piquer leur sandwich. Il porte les mêmes vêtements pendant tout le film et vit dans un taudis sordide avec un père faux-hémiplégique qu’il abandonne chaque jour dans la rue avec une sébile pour mendier. Rafi (Javier Camara), le fils bigleux et bêta d’une poissonnière, fasciné par les armes et par Arnold Schwarzenegger, va faire équipe avec lui pour démanteler un trafic de drogue dont le quartier général est un restaurant chinois. Au menu: chats et rouleau de printemps farcis à la poudre blanche. Torrente, le patriote, va s’attaquer à une bande de trafiquants colombiens, français, chinois en enrôlant une bande de pieds cassés, débiles légers, pas plus nets que lui. Ce n’est pas pour rétablir la loi mais pour partir avec le magot. Et puis il y a aussi une nymphomane (Neus Asensi) que Torrente tripote et reluque d’un œil lubrique. Cette comédie, qui a coûté 1,3 million de dollars, est un fait de société en Espagne, sans doute parce que le monstre créé par Santiago Segura «ressemble à beaucoup de gens qui nous entourent». Le réalisateur frappe fort et bas avec des répliques comme celle-ci: «Il y en a qui ont des hémorroïdes, moi j’ai des enfants» (dixit la poissonnière). (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un flic affreux, sale, bête, méchant, raciste, lâche et poivrot, qui a fait un tabac en Espagne avec plus de deux millions d’entrées, mais fera frémir de dégoût certains spectateurs, inaugure la 37e Semaine internationale de la critique du festival de Cannes qui présente jusqu’au 22 mai sept premiers longs métrages. «Torrente, le bras gauche de la loi» (Torrente, el brazo tonto de la ley) «perpétré par» Santiago Segura qui joue également le rôle titre, n’est pas pour les esthètes, les cœurs sensibles ou les estomacs délicats car cette comédie grasse et grinçante joue à fond et avec excès sur le mauvais goût et la scatologie. La Semaine internationale de la critique, qui décernera le 22 mai le prix Mercedes-Benz du meilleur long métrage et le prix Canal + du meilleur court métrage, a servi de tremplin au...