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Actualités - Chronologie

Pour la légion des pauvres, les tests nucléaires sont un non-évènement

Les cinq tests nucléaires indiens ont eu beau stupéfier le monde, faire monter la tension régionale et menacer l’ordre international, pour la légion des Indiens vivant dans l’extrême pauvreté, ce fut un non-événement. Le premier ministre nationaliste hindou Atal Behari Vajpayee a claironné que les premiers essais nucléaires effectués par l’Inde depuis un quart de siècle avaient été une victoire de tous les Indiens. «Des millions d’Indiens estiment qu’avec cela, une Inde forte et confiante en elle-même a commencé à se lever», a dit M. Vajpayee. «Je partage complètement cette opinion et ce rêve». A moins d’un kilomètre du siège de son parti à New Delhi, ses compatriotes vivant de la charité publique font montre d’une complète ignorance, d’un total dédain ou de colère. Interrogé à propos des explosions nucléaires, un mendiant professionnel aux mains mutilées, brûlé sur le visage et le ventre, affirme tout ignorer. «Je n’ai pas entendu parler de cela. Je suis illettré», a expliqué Ashok Kumar, 35 ans, un ancien artisan qui tente, sur Janpath, grande avenue du centre de la capitale indienne, de gagner sa vie en plaidant pour quelques roupies auprès des touristes étrangers. Lorsqu’on lui explique la signification de l’événement, il répond amèrement: «Quelle différence cela fait-il pour nous? Cela fait 10 ans que je mendie et le gouvernement n’a rien fait pour moi. J’ai trois enfants et ne peux leur donner une éducation». Joginder Singh, qui campe depuis 16 mois à l’extérieur d’un observatoire médiéval qui sert de point de rassemblement aux manifestants de tous ordres, plaide lui aussi l’ignorance. «Je n’en sais rien. Je n’en ai rien à faire», dit Singh, qui, comme environ un tiers des 970 millions d’Indiens, vit avec l’équivalent de moins d’un dollar par jour. Sa principale préoccupation, explique-t-il, est d’obtenir un lopin de terre du gouvernement en compensation pour sa maison démolie lors d’une opération contre les bidonvilles illégaux. Ramu n’a pas non plus entendu parler de tests nucléaires. «Mon maître et ma maîtresse ne m’en ont pas parlé», dit-elle. La nouvelle a cependant filtré jusqu’à Babli Kaur, une femme qui affirme avoir été préoccupée lorsqu’elle «a entendu qu’une guerre allait avoir lieu entre l’Inde et le Pakistan». Elle affirme avec colère que le programme militaire est effectué aux dépens des gens. «Les pauvres se font toujours marcher dessus alors que les riches vivent dans leurs châteaux. Vajpayee sait-il que les pauvres meurent? Pourquoi veut-il la guerre?». (AFP)
Les cinq tests nucléaires indiens ont eu beau stupéfier le monde, faire monter la tension régionale et menacer l’ordre international, pour la légion des Indiens vivant dans l’extrême pauvreté, ce fut un non-événement. Le premier ministre nationaliste hindou Atal Behari Vajpayee a claironné que les premiers essais nucléaires effectués par l’Inde depuis un quart de siècle avaient été une victoire de tous les Indiens. «Des millions d’Indiens estiment qu’avec cela, une Inde forte et confiante en elle-même a commencé à se lever», a dit M. Vajpayee. «Je partage complètement cette opinion et ce rêve». A moins d’un kilomètre du siège de son parti à New Delhi, ses compatriotes vivant de la charité publique font montre d’une complète ignorance, d’un total dédain ou de colère. Interrogé à propos...