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Actualités - Chronologie

La crise du Kosovo : Milosevic et Rugova rompent la glace

Le président yougoslave, Slobodan Milosevic, et le chef des Albanais du Kosovo, Ibrahim Rugova, ont rompu la glace en se parlant vendredi pour la première fois et en convenant d’entamer dans une semaine des pourparlers sur l’avenir de la province. Deux délégations, serbe et albanaise, se réuniront une fois par semaine à partir de vendredi prochain, ont-ils annoncé après leur entrevue, fruit d’une mission de cinq jours effectuée dans la région par les émissaires américains Richard Holbrooke et Robert Gelbard. «Ceci est un premier pas vers le règlement du problème du Kosovo», a déclaré M. Rugova, détendu et souriant, faisant naître un espoir de déblocage d’une crise qui, depuis fin février, a fait plus de 160 morts dans cette province du sud de la Serbie peuplée à 90% d’Albanais qui réclament l’indépendance. L’entrevue, qui a duré une heure et demie au palais présidentiel, s’est déroulée dans «une atmosphère de tolérance et de compréhension», a affirmé M. Rugova. «Il semble qu’il y ait (de la part de M. Milosevic) une volonté d’avancer vers une solution politique pacifique», a-t-il poursuivi, notant que la rencontre avait permis «un dialogue sans conditions, chaque partie exposant ses opinions». M. Milosevic a fait valoir, selon un communiqué officiel, que «c’est seulement par des moyens politiques, par un dialogue direct» que l’on pourra trouver «des solutions pacifiques, humaines, justes et durables aux problèmes du Kosovo». «Ces solutions doivent se fonder sur l’égalité de tous les citoyens et de toutes les communautés nationales (vivant) au Kosovo», a-t-il dit. «Un avenir commun, une vie dans des conditions d’égalité entre Serbes, Monténégrins, Albanais, Musulmans (non-albanais), Roms, Turcs et autres citoyens vivant au Kosovo, le respect mutuel et la tolérance sont dans l’intérêt de tous», a-t-il fait valoir. «De même, la violence et surtout le terrorisme sont leurs ennemis communs», a ajouté M. Milosevic. Des affrontements entre forces serbes et séparatistes albanais, qualifiés de «terroristes» par Belgrade, ont fait plus de 160 morts dans cette province depuis la fin février. Le président s’est dit «convaincu que le dialogue constitue le meilleur moyen de surmonter de façon pacifique les questions en suspens», qui feront l’objet de discussions entre les deux délégations. M. Veton Suroi, un des conseillers de M. Rugova, a cependant mis en garde contre tout «optimisme euphorique», «les divergences demeurant très sérieuses et profondes» entre Belgrade et les Kosovars. «Le niveau de la violence au Kosovo menace sérieusement non seulement des vies humaines mais aussi l’avenir du processus de négociation», a-t-il averti. M. Rugova a évoqué «la question de l’indépendance (du Kosovo) comme une option résultant du référendum et une position unanime de tous les partis politiques» kosovars, a indiqué M. Suroi. Les Albanais de la province s’étaient prononcés pour une «république du Kosovo» — reconnue à ce jour par la seule Albanie — lors d’une consultation tenue en 1992 dans la clandestinité. Comme cela avait été convenu avec MM. Holbrooke et Gelbard, les délégations serbe et albanaise se réuniront à Pristina, chef-lieu de la province, a-t-on précisé de source diplomatique américaine. La «délégation d’Etat» de six membres sera conduite par Ratko Markovic, vice-premier ministre serbe. Elle comprendra deux autres vice-premiers ministres serbes, dont le radical (ultranationaliste) Tomislav Nikolic, mais aussi un vice-premier ministre yougoslave et un vice-ministre fédéral de la Justice. La délégation albanaise comprendra six conseillers de M. Rugova, dont quatre ont participé à l’entrevue avec M. Milosevic. Vendredi également, le gouvernement serbe a officiellement remis aux Albanais du Kosovo trois facultés à Pristina, en vertu d’un accord sur l’enseignement signé en mars sous les auspices de la communauté catholique romaine San Egidio. Une centaine d’étudiants serbes, regroupés à l’intérieur, ont cependant déclaré qu’ils refusaient de restituer les bâtiments. (AFP)
Le président yougoslave, Slobodan Milosevic, et le chef des Albanais du Kosovo, Ibrahim Rugova, ont rompu la glace en se parlant vendredi pour la première fois et en convenant d’entamer dans une semaine des pourparlers sur l’avenir de la province. Deux délégations, serbe et albanaise, se réuniront une fois par semaine à partir de vendredi prochain, ont-ils annoncé après leur entrevue, fruit d’une mission de cinq jours effectuée dans la région par les émissaires américains Richard Holbrooke et Robert Gelbard. «Ceci est un premier pas vers le règlement du problème du Kosovo», a déclaré M. Rugova, détendu et souriant, faisant naître un espoir de déblocage d’une crise qui, depuis fin février, a fait plus de 160 morts dans cette province du sud de la Serbie peuplée à 90% d’Albanais qui réclament...