Le monde arabe est le parent pauvre de la publicité mondiale car les agences cassent souvent leurs prix pour gagner une part du marché et de nombreux clients considèrent encore la «pub» comme une dépense et non comme un investissement. Intervenant lors du 36e Congrès mondial de la publicité au Caire, Ramzi Raad, vice-président de Intermarket, a constaté que la totalité des dépenses publicitaires dans le Proche-Orient arabe s’élevait à 1,54 milliard de dollars en 1997, soit 0,4% des dépenses publicitaires mondiales. «Israël, avec moins de six millions d’habitants, dépense plus de deux milliards de dollars par an en publicité, soit plus que la totalité du monde arabe», a-t-il noté. Selon lui, le Proche-Orient est «un marché typique du tiers-monde» où la principale source de financement de la publicité vient des compagnies multinationales qui veulent vendre leurs produits dans la région. «Mais, pour augmenter au maximum leurs marges de profit, elles rognent sur leur budget publicitaire», a-t-il souligné. En outre, a-t-il dit, les concessionnaires des compagnies internationales ont «une mentalité de bazar et se mettent dans la poche les sommes allouées aux campagnes publicitaires», ce qui constitue, selon lui, «le principal obstacle au développement du marché publicitaire au Proche-Orient». Boule de neige Moustafa Assaad, président de Publi-Graphics à Beyrouth, a mis la responsabilité sur la profession: «Les produits et le pouvoir d’achat existent, tout comme la qualité, la créativité et les moyens de communication, mais les agences publicitaires se dévalorisent elles-mêmes et se font du tort». «Nous sommes responsables si nos clients considèrent la publicité comme une dépense et non comme un investissement. Il faut reconnaître que notre profession est touchée par les pratiques déloyales et l’absence de transparence», a-t-il lancé. «Les agences offrent des réductions, des spots publicitaires gratuits pour obtenir un meilleur budget de la part d’un média ou d’une station de télévision», a-t-il souligné. «Cette vision à court terme porte atteinte à toute la profession, à la qualité de la publicité et nous serons tous perdants», a prévenu M. Assaad. Il a également reproché aux agences de «ne pas savoir démontrer aux clients que leur investissement publicitaire contribuera à ancrer leur nom sur le marché». «La moyenne des dépenses publicitaires dans la région est de 7,1 dollars par habitant contre 600 dollars aux Etats-Unis. Si nous nous y attelons tous, je pense que nous pouvons multiplier cette somme par dix, a-t-il affirmé. Il faut arriver à une moyenne de 70 à 100 dollars par habitant d’ici à cinq ans, si nous attendons davantage, nous aurons raté le coche». Sami Raffoul, directeur général du Centre des recherches panarabes basé à Dubaï, s’est quant à lui déclaré optimiste sur l’avenir de la publicité au Proche-Orient. «Le marché se réveille et découvre maintenant la force, le pouvoir et la valeur de la publicité ainsi que le nombre d’emplois qu’elle peut générer», a-t-il estimé en prédisant un phénomène de «boule de neige». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le monde arabe est le parent pauvre de la publicité mondiale car les agences cassent souvent leurs prix pour gagner une part du marché et de nombreux clients considèrent encore la «pub» comme une dépense et non comme un investissement. Intervenant lors du 36e Congrès mondial de la publicité au Caire, Ramzi Raad, vice-président de Intermarket, a constaté que la totalité des dépenses publicitaires dans le Proche-Orient arabe s’élevait à 1,54 milliard de dollars en 1997, soit 0,4% des dépenses publicitaires mondiales. «Israël, avec moins de six millions d’habitants, dépense plus de deux milliards de dollars par an en publicité, soit plus que la totalité du monde arabe», a-t-il noté. Selon lui, le Proche-Orient est «un marché typique du tiers-monde» où la principale source de financement de la publicité vient...