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Actualités - Chronologie

Cyclisme Le Tour à la dérive, la justice maintient son cap

La tourmente du dopage a rattrapé le cyclisme mondial, mercredi, à quatre jours de l’arrivée prévue du Tour de France sur les Champs-Elysées. C’est à une épreuve de force inconnue que la plus grande course cycliste au monde se préparait mercredi soir, à l’issue de la 17e étape entre Albertville et Aix-les-Bains. Après celles effectuées mardi soir à l’hôtel des TVM, à Albertville, de nouvelles perquisitions ont eu lieu et des auditions, de dirigeants sportifs et de coureurs, étaient annoncées comme imminentes. Tentant de sauver ce qui pouvait encore l’être, le directeur de l’épreuve, Jean-Marie Leblanc, a négocié la poursuite de la course avec le peloton, qui a menacé de renoncer dans son ensemble. «Nous souhaitons que les coureurs puissent arriver jusqu’à Paris non comme des malfaiteurs mais dans la sérénité et dans une ambiance sportive», a-t-il déclaré sur Radio Tour. «Nous pensons du fond du cœur que vous, amis directeurs sportifs, et vous, amis coureurs, méritez d’arriver en apothéose sur les Champs-Elysées. Nous ferons tout pour y parvenir, même s’il faut vivre jusque-là dans l’incompréhension du public». «Nous ne pouvons pas arrêter comme ça, ce ne serait pas correct», a confirmé Bjarne Riis, porte-parole des coureurs. De son côté, le parquet de Lille a confirmé que la police judiciaire comptait entendre dans la soirée des responsables et des coureurs pour dopage, qui a déjà conduit à l’exclusion des Festina, et ne se laisserait pas impressionner par le mouvement de protestation du peloton. «Je ne vois pas en quoi la décision de protestation pourrait avoir des effets sur le magistrat instructeur», a dit le procureur adjoint de Lille sur France Info. Comme pour appuyer cette manifestation de fermeté, des policiers ont opéré une perquisition dans l’après-midi à l’hôtel des Once de Laurent Jalabert à Chambéry. L’équipe La Française des Jeux a, elle aussi, fait l’objet d’une perquisition. La police est entrée dans l’hôtel des Once et en est ressortie avec les clés du camion de l’équipe, dont ils ont rapidement extrait des sacs poubelles pour en examiner le contenu. En début de soirée, des CRS ont pris position autour des hôtels des équipes Once, Casino et Polti, laissant présager des opérations de police pour les deux dernières. «Comme des coupables» Usant de tous les moyens à sa disposition, Jean-Marie Leblanc a passé la journée en tractations pour éviter un nouveau traumatisme dans le peloton. «Les auditions en liaison avec l’affaire Festina ne devraient concerner que très peu de coureurs», a-t-il assuré. «Les auditions se feront avec un maximum de dignité, c’est-à-dire dans les hôtels des coureurs, et non plus dans les hôtels de police, et dans la discrétion». Malgré ces assurances, Laurent Jalabert et toute l’équipe Once ainsi que les Banesto et les Riso Scotti ont décidé d’abandonner le Tour de France. «J’arrête. Je ne veux pas faire une course de vélo dans cette ambiance où on nous prend pour des criminels. Rouler à 20 à l’heure ne va pas changer quelque chose», a déclaré le Français, numéro un mondial et meneur de la révolte. «J’ai pris cette décision en conscience. Je regrette seulement que ma décision pénalise les jeunes coureurs de l’équipe», a-t-il poursuivi. «Il faudra se réunir au plus vite pour mettre les choses sur la table». La décision du Français est intervenue à l’issue d’un mouvement de protestation sans précédent dans l’histoire du Tour de France. Les 133 coureurs, présents au départ d’Albertville, se sont arrêtés au 32e kilomètre de l’étape et ont retiré symboliquement leur dossard pour dénoncer la perquisition effectuée la veille par les inspecteurs du SRPJ de Reims à l’hôtel des TVM. Dans une confusion indescriptible, les coureurs sont descendus de leur vélo et, pendant près d’une demi-heure, ont refusé de reprendre la course. «On nous traite comme des coupables. Il est injuste de pratiquer des examens médicaux sur des athlètes jusqu’à minuit», a déclaré le maillot jaune Marco Pantani, qui, par solidarité avec ses collègues, a ôté son dossard. Jean-Marie Leblanc a ajouté qu’après s’être entretenu avec le Danois Bjarne Riis, porte-parole des coureurs, il avait compris le mouvement de protestation. «Les coureurs ont expliqué que si des faits pareils (à ceux qui se sont produits mardi avec les TVM) devaient se reproduire ce soir à Aix-les-Bains, ils abandonneraient le Tour de France». «Nous avons été aussi émus que vous par la façon dont les coureurs du Tour de France avaient été traités, soit pour ceux qui ont subi des contrôles conduits jusque tard dans la nuit à l’hôpital, soit pour ceux dont les bagages ont subi des fouilles excessivement prolongées», a déclaré encore Jean-Marie Leblanc. «Nous avons compris le traumatisme des coureurs. Nous pensions qu’après 18 jours de compétition les athlètes de haut niveau méritaient un traitement assurément plus digne». Les TVM ont franchi la ligne d’arrivée en tête, main dans la main. Le jury des commissaires a déclaré que 116 coureurs seraient autorisés à prendre jeudi le départ de la 18e étape. Etape officiellement annulée Un peloton de cent seize coureurs a franchi la ligne d’arrivée de la 17e étape mercredi à Aix-les-Bains, a annoncé Joël Ménard, un des juges à l’arrivée, qui a précisé que l’étape était annulée. Les huit coureurs de l’équipe ONCE, les six coureurs de Banesto et les trois coureurs de Riso Scotti encore en lice au départ d’Albertville sont considérés comme ayant abandonné, a précisé Joël Ménard. Le classement général jeudi au départ de l’étape Aix-les-Bains-Neuchâtel (Suisse) sera donc le même que celui de mercredi au départ de la 17e étape à Albertville, hormis les coureurs considérés comme ayant abandonné par les juges entre Albertville et Aix-les-Bains. Jalabert entendu comme porte-parole des coureurs Laurent Jalabert, leader de l’équipe Once, a été entendu mercredi soir en tant que porte-parole du mouvement des cyclistes du Tour de France à son hôtel d’Aix-les-Bains, a-t-on appris de source judiciaire. «Il est entendu en tant que «sachant», personne informée, et non en tant que témoin ou mis en cause», a dit un magistrat de Lille à Reuters. Ce magistrat a précisé que «deux ou trois autres» coureurs devaient être en revanche entendus par des inspecteurs du SRPJ de Lille parce qu’ils étaient soupçonné de dopage dans le cadre de l’enquête ouverte initialement par le juge Patrick Kiel sur Festina. Luc Leblanc abandonne à son tour L’ancien champion du monde Luc Leblanc a annoncé qu’il abandonnait le Tour de France à l’issue de la 17e étape, éclipsée par les enquêtes policières sur le dopage. «Demain, je ne prends pas le départ», a lancé le leader de l’équipe Polti en arrivant à son hôtel à Chambéry. «Ce matin, Jalabert n’a pas pris le départ, je suis solidaire avec lui et je ne serais pas là demain matin (jeudi)». Le Français n’a toutefois pas précisé si le reste de l’équipe allait suivre son exemple. «Nous verrons ce qu’il va se passer ce soir», a-t-il dit. De son côté, Gianluigi Stanga, directeur sportif de la formation italienne, a regretté la décision de son protégé. «C’est un choix personnel», a dit Stanga. «Il aurait été préférable qu’il continue jusqu’à Paris par respect pour le public et par respect pour le maillot jaune Marco Pantani». Cette défection de Leblanc fait suite à celles des équipes Once, Banesto et Riso Scotti, mécontentes de la manière dont les enquêtes judiciaires ont été menées dans les affaires de dopage. De son côté, Vincent Lavenu, manager des Casino, a exprimé sa volonté de poursuivre la course. «Je comprends la décision de Laurent Jalabert. C’est une décision courageuse. Mais je ne vois pas les choses comme ça», a dit Lavenu. «Cela ne ressemble plus au vélo. C’est surréaliste». Les équipes Polti et Casino devaient faire l’objet d’une perquisition des services de police au lendemain de celle pratiquée chez les TVM, à l’origine de la colère des coureurs. (AFP, Reuters)
La tourmente du dopage a rattrapé le cyclisme mondial, mercredi, à quatre jours de l’arrivée prévue du Tour de France sur les Champs-Elysées. C’est à une épreuve de force inconnue que la plus grande course cycliste au monde se préparait mercredi soir, à l’issue de la 17e étape entre Albertville et Aix-les-Bains. Après celles effectuées mardi soir à l’hôtel des TVM, à Albertville, de nouvelles perquisitions ont eu lieu et des auditions, de dirigeants sportifs et de coureurs, étaient annoncées comme imminentes. Tentant de sauver ce qui pouvait encore l’être, le directeur de l’épreuve, Jean-Marie Leblanc, a négocié la poursuite de la course avec le peloton, qui a menacé de renoncer dans son ensemble. «Nous souhaitons que les coureurs puissent arriver jusqu’à Paris non comme des malfaiteurs mais dans la...