Deux grues s’élèvent sous la lune dans le quartier de Little Haïti-Miami, l’une pour faire la lumière, l’autre pour faire la pluie: la télé tourne une de ses séries au cœur de Miami, Floride. A minuit, sous les yeux bien sûr émerveillés des enfants du quartier, 80 personnes s’affairent sur le tournage: la maquilleuse, le preneur de son, les techniciens athlétiques, le steady-cameraman et la «star». Alliance Productions, un groupe canadien, tourne «Sins of the City» («Les Péchés de la ville»), un «thriller psychologique» de 13 épisodes, qui sera diffusé sur le réseau «USA». «Sins of the City» veut montrer autre chose que «Miami Vice». Mais depuis le feuilleton à succès, Miami est le plateau d’une industrie du divertissement tourné vers l’Amérique latine. Des stations de télévision hispaniques (Univision et Telemundo), des éditeurs de musique comme Sony et WEA Latina y ont basé leurs opérations. Miami a toujours été une destination de choix pour les photos de catalogues, drainant les agences de mannequins et la production vidéo. «Et puis, il y a cette lumière!», lance Carol Green, représentant Alliance Productions sur le tournage. Concurrence âpre Miami, c’est aussi le tremplin et le refuge tropical des stars latines comme Gloria Estefan qui investit localement (restaurants, production), la chanteuse cubaine Albita. Julio Iglesias y a une villa, de même d’ailleurs que Madonna et Silvester Stalone. La production et diffusion télévisuelles vers l’Amérique latine y sont particulièrement actives. Il y a deux douzaines de chaînes câblées qui opèrent depuis Miami, dont MTV Latino, lancée en 1993. La chaîne musicale du groupe Viacom a 8 millions d’abonnés dans 19 pays d’Amérique latine. Elle produit et diffuse de Miami (150 employés) vers Mexico et Buenos Aires un programme de musique, dont la moitié est latino-américaine. Ses premiers clients sont l’Argentine (3 millions), le Mexique (2 millions), le Chili, la Colombie et l’Equateur. Depuis 1996, MTV a même régionalisé ses chaînes en offrant deux signaux différents un pour l’Amérique latine du Nord, l’autre pour le sud (Argentine, Chili). Sans compter MTV Brésil, entité autonome basée sur place. «Nous sommes le plus grand réseau panaméricain et l’Amérique latine est le marché qui croît le plus rapidement», affirme Alfredo Richard, porte-parole de MTV. La maison-mère Viacom vient d’ajouter à son bouquet la chaîne enfantine Nichelodeon en espagnol. La concurrence sur le marché du câble en Amérique latine est âpre. «Il y a cinq ans, il y avait 20 à 30 chaînes sur le marché, il y en a plus de 100 aujourd’hui», explique Alfredo Richard. Récemment, le puissant groupe vénézuélien Cisneros s’est implanté à Miami. Ses produits d’appel sont «Locomotion», une chaîne de dessins animés, «Infinito», une chaîne documentaire de l’étrange et «Playboy Latin America», pour les adultes. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Deux grues s’élèvent sous la lune dans le quartier de Little Haïti-Miami, l’une pour faire la lumière, l’autre pour faire la pluie: la télé tourne une de ses séries au cœur de Miami, Floride. A minuit, sous les yeux bien sûr émerveillés des enfants du quartier, 80 personnes s’affairent sur le tournage: la maquilleuse, le preneur de son, les techniciens athlétiques, le steady-cameraman et la «star». Alliance Productions, un groupe canadien, tourne «Sins of the City» («Les Péchés de la ville»), un «thriller psychologique» de 13 épisodes, qui sera diffusé sur le réseau «USA». «Sins of the City» veut montrer autre chose que «Miami Vice». Mais depuis le feuilleton à succès, Miami est le plateau d’une industrie du divertissement tourné vers l’Amérique latine. Des stations de télévision...