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Actualités - Chronologie

Le jeûne d'Aung San tourne à la guerre psychologique

Le chef de l’opposition birmane, Aung San Suu Kyi, commence à manquer d’eau et de vivres et sa santé pourrait être menacée au sixième jour passé dans sa voiture pour protester contre les restrictions de déplacements que lui impose la junte au pouvoir, a-t-on appris de source diplomatique à Bangkok. Par la voix d’un porte-parole, les autorités de Yangon ont rejeté ces allégations, estimant que le prix Nobel de la paix faisait du «sensationnalisme». Selon lui, Aung San Suu Kyi et les trois personnes qui sont bloquées avec elle dans une voiture à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale, disposent d’œufs durs, de biscuits et d’autres denrées. Le véhicule a été arrêté vendredi dernier, à l’entrée du village d’Anyarsu, alors que Suu Kyi se rendait à une réunion politique avec des membres dans son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND). Le chef de l’opposition refuse depuis de sortir du véhicule ou de rentrer à Yangon. Selon plusieurs diplomates, le prix Nobel de la paix s’affaiblit physiquement et moralement. «Selon les dernières informations qui nous ont été transmises par des membres de son parti, elle commencerait à manquer de nourriture et de médicaments», a expliqué un diplomate. Le porte-parole du gouvernement militaire a déclaré que les quatre personnes avaient reçu de l’eau potable. «Ils ont demandé plus d’eau potable ce matin et nous la leur avons donnée», a-t-il expliqué. «En ce qui concerne sa santé, ses deux médecins personnels ont pu l’examiner et nous avons appelé une équipe médicale sur les lieux. Ces gens tentent simplement de faire du sensationnalisme», a-t-il ajouté. «C’est une guerre psychologique», estime un diplomate en poste à Yangon. «Les militaires ne la toucheront pas mais ils ne laisseront personne l’approcher», ajoute-t-il. Le chef de l’opposition a rompu un silence de cinq jours et s’est adressée à des représentants du gouvernement depuis sa voiture pour exiger d’être autorisée à se déplacer librement dans tout le pays. «Elle parle maintenant aux négociateurs et elle exige de pouvoir se rendre dans tout le pays pour tenir des réunions politiques. Mais la position du gouvernement est ferme. Qu’elle rentre à Yangon et nous discuterons de cela plus tard», a insisté le porte-parole. Pas de contact avec l’étranger Le ministre des Affaires étrangères birman, U Ohn Gyaw, a déclaré que la junte militaire avait rejeté la demande formulée par plusieurs pays étrangers en vue d’autoriser des émissaires américains et japonais à rencontrer Aung San Suu Kyi. «(Le gouvernement) a pris en compte cette proposition de rencontre de l’ambassadeur japonais et du chargé d’affaires américain (...) Mais au point où nous en sommes, cette rencontre n’est apparue ni urgente ni indispensable», a déclaré le chef de la diplomatie birmane. Le ministre des Affaires étrangères autrichien, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l’Union européenne, a déclaré au cours de la même conférence de presse, que la réponse de la junte n’était «pas satisfaisante». Des représentants des Etats-Unis, de l’Union européenne, du Japon, de la Nouvelle-Zélande, du Canada, de la Corée du Sud et de l’Australie ont rencontré le chef de la diplomatie du Myanmar lors d’une réunion informelle en marge du sommet annuel de l’ASEAN. Ils ont demandé aux autorités de Yangon d’autoriser des diplomates américains et japonais en poste au Myanmar de rencontrer Aung San Suu Kyi. Interrogé sur la tournure que pourrait prendre cette protestation, le porte-parole de la junte a déclaré aux journalistes mercredi que tout devrait rentrer dans l’ordre une fois que le secrétaire d’Etat américain, Madeleine Albright, aurait quitté l’Asie. Le chef de la diplomatie américaine, fervente partisane de Suu Kyi, a exprimé la vive inquiétude des Etats-Unis quant à la santé et la sécurité du prix Nobel de la paix. «Nous devons attendre que Madeleine Albright s’en aille et nous verrons. Peut-être qu’après, (Suu Kyi) reprendra ses esprits, rentrera à Yangon et se préoccupera de sa santé». (Reuters)
Le chef de l’opposition birmane, Aung San Suu Kyi, commence à manquer d’eau et de vivres et sa santé pourrait être menacée au sixième jour passé dans sa voiture pour protester contre les restrictions de déplacements que lui impose la junte au pouvoir, a-t-on appris de source diplomatique à Bangkok. Par la voix d’un porte-parole, les autorités de Yangon ont rejeté ces allégations, estimant que le prix Nobel de la paix faisait du «sensationnalisme». Selon lui, Aung San Suu Kyi et les trois personnes qui sont bloquées avec elle dans une voiture à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale, disposent d’œufs durs, de biscuits et d’autres denrées. Le véhicule a été arrêté vendredi dernier, à l’entrée du village d’Anyarsu, alors que Suu Kyi se rendait à une réunion politique avec des...