L’impact de la crise asiatique, le lancement de la monnaie unique européenne et l’inextricable dossier de la libéralisation des investissements (AMI) occuperont les ministres des pays industrialisés lors de la réunion annuelle de l’OCDE lundi et mardi à Paris. Il est d’ores et déjà acquis que l’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI), qui a provoqué, entre autres, l’ire des milieux culturels français, ne pourra être conclu entre les ministres des 29 pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques. Les divergences sur le texte de l’AMI (exception culturelle, lois Helms-Burton et d’Amato, clauses sociales et environnementales), négocié depuis 1995 et déjà reporté d’un an en 1997, empêchent de trouver un terrain d’entente. La réunion annuelle débutera lundi par une discussion sur les développements les plus récents de la crise asiatique, qui n’a eu qu’un impact limité en dehors de la région, a indiqué l’OCDE. La situation très dégradée de l’économie japonaise sera également un sujet de discussion, après que l’OCDE a prévu une récession de 0,3% de l’économie de l’archipel nippon cette année. Le gouvernement japonais a adopté vendredi un plan de relance massif de 16.600 milliards de yen (128 milliards de dollars), le plus important de l’histoire du pays, comprenant 12.300 milliards de yen correspondant à des engagements budgétaires authentiquement nouveaux. Le Japon sera mentionné dans le communiqué final, ont indiqué des responsables américains. Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Michel Camdessus, ainsi que le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Renato Ruggiero, participeront également à une partie de la réunion, a indiqué vendredi le secrétaire général de l’OCDE, Donald Johnston. Le déjeuner de lundi sera consacré à une discussion sur l’impact de la monnaie unique européenne sur l’économie mondiale après son lancement le 1er janvier 1999, a indiqué M. Johnston. Cette question était singulièrement absente de la réunion de printemps du FMI et de la Banque mondiale, à la mi-avril, à Washington. La concurrence fiscale Le point noir, c’est l’AMI. En négociations depuis près de trois ans, il doit permettre de libéraliser les investissements étrangers dans la zone des 29 pays industrialisés de l’OCDE et d’y associer des pays en voie de développement. Il repose sur le principe de la non-discrimination entre entreprises étrangères et nationales, même si des exceptions peuvent être intégrées au texte. Le secrétaire d’Etat français au Budget, Christian Sautter, a déclaré récemment que la négociation sur l’AMI ne «débouchera pas» lors de la réunion des 27 et 28 avril. «La négociation se poursuivra dans le cadre de l’OMC. Il faudra sans doute du temps», a souligné M. Sautter. M. Johnston a souhaité, vendredi, que les négociations se poursuivent au sein de son organisation. Selon des sources de l’OCDE et des sources américaines, les ministres pourraient tomber d’accord, au moins, pour poursuivre les négociations. Deuxième casse-tête: un rapport sur la concurrence fiscale dommageable, en clair, les pays qui font une concurrence déloyale en matière de taxation et d’impôts. M. Johnston a révélé vendredi que la Suisse et le Luxembourg avaient refusé d’avaliser le rapport, craignant une atteinte au secret bancaire. Selon plusieurs responsables, la pression de leurs homologues (la pression des pairs en jargon international) pourrait néanmoins convaincre les Suisses et les Luxembourgeois de signer. L’OCDE, qui a son siège à Paris, soumettra également une série de rapports aux ministres, allant de la libéralisation du commerce au problème du vieillissement des populations des pays développés en passant par des questions environnementales. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’impact de la crise asiatique, le lancement de la monnaie unique européenne et l’inextricable dossier de la libéralisation des investissements (AMI) occuperont les ministres des pays industrialisés lors de la réunion annuelle de l’OCDE lundi et mardi à Paris. Il est d’ores et déjà acquis que l’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI), qui a provoqué, entre autres, l’ire des milieux culturels français, ne pourra être conclu entre les ministres des 29 pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques. Les divergences sur le texte de l’AMI (exception culturelle, lois Helms-Burton et d’Amato, clauses sociales et environnementales), négocié depuis 1995 et déjà reporté d’un an en 1997, empêchent de trouver un terrain d’entente. La réunion annuelle débutera lundi...