La condamnation hier du maire d’Istanbul et les arrestations opérées dans les milieux d’affaires islamistes réaffirment la volonté de l’Etat turc, au sein duquel l’armée joue un rôle moteur, de poursuivre tous azimuts son offensive contre ce qu’il perçoit comme la menace islamiste contre le régime laïc Le maire d’Istanbul, Recep Tayyip Erdogan, une des figures les plus en vue du mouvement islamiste turc, a été condamné par une Cour de sûreté de l’Etat à 10 mois de prison ferme pour des propos constituant une «provocation explicite du peuple à la haine par discrimination religieuse, raciale ou régionale», devenant le deuxième maire d’une grande ville turque à risquer d’aller en prison pour ce crime. «Les mosquées sont nos casernes, les minarets nos baïonnettes, les coupoles nos casques et les croyants nos soldats», avait dit M. Erdogan dans une déclaration publique l’an dernier. Si sa peine est confirmée par la Cour de cassation, M. Erdogan, quadragénaire crédité d’une bonne gestion de l’immense métropole d’Istanbul et considéré par beaucoup comme un futur chef des islamistes en Turquie, sera déchu de son mandat de maire et ne pourra plus se présenter à des élections, voyant ainsi sa carrière politique terminée. Considéré comme appartenant à la tendance dure du mouvement islamiste, M. Erdogan avait rallié le parti de la Vertu (Fazilet), après la dissolution en janvier du Refah par la Cour constitutionnelle pour activités contraires au régime laïc. Un autre maire islamiste, celui de Kayseri (centre), Sukru Karatepe, avait été condamné, sous le même chef d’accusation, à un an de prison en 1997, peine confirmée en appel. Ayant obtenu un sursis d’incarcération, M. Karatepe n’a pas encore commencé sa peine. Par ailleurs, la police a procédé dans la nuit de lundi à mardi à une vingtaine d’arrestations dans les milieux d’affaires islamistes, dans le cadre d’une enquête lancée par la Cour de sûreté de l’Etat d’Ankara. Ces opérations, sans précédent dans les milieux d’affaires islamistes, ont été effectuées à Ankara, Adana (sud), Bursa (ouest), Istanbul et Kayseri. Elles visaient des entreprises et leurs dirigeants soupçonnés d’être impliqués dans le blanchiment de fonds d’origine frauduleuse et le transfert illégal d’argent à des organisations islamistes. Le gouvernement de coalition du conservateur Mesut Yilmaz avait annoncé fin mars une série de mesures de lutte contre le fondamentalisme musulman, après avoir reçu une sévère mise en garde de l’armée, gardienne farouche du régime laïc, qui avait mis en cause sa performance dans le combat contre l’extrémisme religieux, danger numéro un pour le régime, selon elle. Cinq sous-préfets et trois maires islamistes ont déjà été déférés en justice pour menées islamistes dans le cadre des mesures annoncées par M. Yilmaz. (AFP-Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La condamnation hier du maire d’Istanbul et les arrestations opérées dans les milieux d’affaires islamistes réaffirment la volonté de l’Etat turc, au sein duquel l’armée joue un rôle moteur, de poursuivre tous azimuts son offensive contre ce qu’il perçoit comme la menace islamiste contre le régime laïc Le maire d’Istanbul, Recep Tayyip Erdogan, une des figures les plus en vue du mouvement islamiste turc, a été condamné par une Cour de sûreté de l’Etat à 10 mois de prison ferme pour des propos constituant une «provocation explicite du peuple à la haine par discrimination religieuse, raciale ou régionale», devenant le deuxième maire d’une grande ville turque à risquer d’aller en prison pour ce crime. «Les mosquées sont nos casernes, les minarets nos baïonnettes, les coupoles nos casques et...