Depuis 1948 et avec l'appui de Londres L'Amérique espionne le monde
le 22 avril 1998 à 00h00
Le Parlement européen (PE) enquête sur un système d’espionnage américain, avec l’appui des Britanniques, baptisé «Echelon» et qui permet d’intercepter tous les appels téléphoniques et communications par fax ou e-mail dans le monde entier. Dénoncé par un récent document de travail réalisé pour le PE, ce système de surveillance «s’étend à toute la planète pour intercepter les liaisons relayées par les satellites Intelsat», selon le texte du «rapport sur l’évaluation des technologies de contrôle politique» publié par le comité d’évaluation des choix technologique et scientique (STOA) au sein du PE. «Echelon» n’est pas un système nouveau. Il a été créé en 1948 dans le cadre de la guerre froide par un accord entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni impliquant également la Nouvelle-Zélande, l’Australie et le Canada et qui était essentiellement destiné aux questions de défense. «Après la chute du Mur (de Berlin en 1989), ce réseau a vraisemblablement été non seulement activé mais renforcé», souligne l’eurodéputé Alain Pompidou, président du STOA. De l’espionnage militaire, le système s’est porté sur le renseignement économique et l’observation des activités des entreprises. «Le système est très performant pour savoir ce que font les industriels et il semble qu’un certain nombre d’industriels européens en ont fait les frais», précise M. Pompidou sans citer d’exemple. Les informations tous azimuts sont captées par plusieurs bases terrestres dont deux au Royaume-Uni (Menwith Hill et Morwenstow) avant d’être transmises à l’agence américaine National Security Agency (NSA) où elles sont triées selon des mots clés introduits pas ordinateur, selon le rapport pour le PE. Les autres bases sont situées aux Etats-Unis, en Nouvelle-Zélande, en Australie et à Hong Kong. Code de bonne conduite La première crainte pour le Parlement européen est l’atteinte aux libertés publiques dans cette affaire, comme l’indiquait l’initiateur du rapport, le député travailliste britannique Glynn Ford, membre de la commission pour les libertés publiques du PE qui s’est saisie du dossier. Il ne s’agit «en aucun cas d’empêcher la surveillance des réseaux terroristes et des réseaux de pédophilie ou même d’abus des enfants en matière de prélèvements d’organes», renchérit Alain Pompidou. Une des solutions en discussion est celle de l’élaboration d’un code de bonne conduite. El Glynn Ford suggère de créer des groupes d’experts réunissant des spécialistes européens et américains pour surveiller l’utilisation du système «Echelon». Inquiet de la perspective de voir à terme l’Union européenne «prisonnière d’un monopole exercé par un accord entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne», M. Pompidou suggère la conclusion d’accords de coopération et de réciprocité en matière de systèmes «d’intelligence» économique. (AFP)
Le Parlement européen (PE) enquête sur un système d’espionnage américain, avec l’appui des Britanniques, baptisé «Echelon» et qui permet d’intercepter tous les appels téléphoniques et communications par fax ou e-mail dans le monde entier. Dénoncé par un récent document de travail réalisé pour le PE, ce système de surveillance «s’étend à toute la planète pour intercepter les liaisons relayées par les satellites Intelsat», selon le texte du «rapport sur l’évaluation des technologies de contrôle politique» publié par le comité d’évaluation des choix technologique et scientique (STOA) au sein du PE. «Echelon» n’est pas un système nouveau. Il a été créé en 1948 dans le cadre de la guerre froide par un accord entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni impliquant également la Nouvelle-Zélande,...
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