Trimble, le futur premier ministre d'un pays pacifié
le 07 avril 1998 à 00h00
David Trimble, réélu en mars dernier à la tête du Parti unioniste d’Ulster, la première force politique de la province, et probable futur premier ministre d’une Irlande du Nord pacifiée, a mené les protestants à pas prudents sur la voie du compromis historique. Cet avocat de 53 ans, tard venu à la politique avec une première élection comme député en 1990, était devenu chef de l’UUP en 1995 en représentant de la tendance la plus intransigeante de l’unionisme. Beaucoup ont cru que le processus de paix connaîtrait son pire ennemi de l’intérieur avec cet adversaire à tout crin du dialogue avec les «terroristes» du Sinn Fein. Il a démenti les prévisions en maintes occasions. Un mois après son élection à la tête de l’UUP, il allait à Dublin pour «ouvrir une ligne de communication» avec le premier ministre irlandais. Cette même année, il faisait le premier de nombreux voyages aux Etats-Unis, pour y contrer les fructueuses opérations de propagande du Sinn Fein, l’aile politique de l’IRA En septembre 1997, il emmenait son parti faire face au Sinn Fein à la table des négociations sur l’Ulster pour la première fois depuis 1921. Mais il n’a pas depuis lors accepté de parler directement à l’équipe de Gerry Adams. Un mois plus tard, il s’engageait sur la voie du compromis historique, en acceptant le canevas institutionnel qui pourrait déboucher sur l’accord de paix. La formule dilue certes quelque peu les liens entre Belfast et Londres, mais elle promet aussi une administration locale dominée par la majorité, c’est-à-dire l’UUP. C’est au nom du pragmatisme, et d’une vision politique que nul ne lui soupçonnait il y a encore deux ans, que Trimble a avancé. S’il est dit «modéré», c’est uniquement par opposition au reste des formations unionistes, proches des milices ou engoncées dans une rhétorique d’un autre âge, comme le petit parti du tonitruant révérend Ian Paisley.(AFP)
David Trimble, réélu en mars dernier à la tête du Parti unioniste d’Ulster, la première force politique de la province, et probable futur premier ministre d’une Irlande du Nord pacifiée, a mené les protestants à pas prudents sur la voie du compromis historique. Cet avocat de 53 ans, tard venu à la politique avec une première élection comme député en 1990, était devenu chef de l’UUP en 1995 en représentant de la tendance la plus intransigeante de l’unionisme. Beaucoup ont cru que le processus de paix connaîtrait son pire ennemi de l’intérieur avec cet adversaire à tout crin du dialogue avec les «terroristes» du Sinn Fein. Il a démenti les prévisions en maintes occasions. Un mois après son élection à la tête de l’UUP, il allait à Dublin pour «ouvrir une ligne de communication» avec le premier...
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