Controverse sur une émission à la télévision israélienne sur la cause palestinienne
le 07 avril 1998 à 00h00
La télévision israélienne a diffusé dimanche dans la nuit un documentaire sur les attentats commis par les Palestiniens après la guerre de 1967, déclenchant une vague de protestations des hommes politiques de droite qui trouvent qu’il présente les «terroristes» sous un jour trop favorable. Intitulé «Biladi, Biladi» («Mon pays», en arabe), cet épisode de la série «Tékouma» («Résurrection» en hébreu), diffusée à l’occasion du 50e anniversaire de la création d’Israël, reprend des séquences tirées d’anciens films de recrutement de l’OLP présentant des combattants palestiniens à l’entraînement comme des héros. Ce documentaire est un des premiers réalisés et diffusés par la télévision publique israélienne présentant le point de vue palestinien sur les attentats qui ont tué des dizaines d’Israéliens à partir de 1967 quand l’Etat juif a pris le contrôle de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. «Nous avons décidé que ce qui avait été pris par la force serait repris par la force», a déclaré aux auteurs du film Hisham Abdel Razik, un membre de l’OLP à cette époque et qui est aujourd’hui membre du Conseil législatif palestinien. Le documentaire raconte la lutte de Abdel Razik et de ses compagnons pour reconquérir les territoires palestiniens à n’importe quel prix. Pour Rehavam Zeevi, un membre du parti de la droite israélienne Moledet, la série de documentaires diffusée à l’occasion du 50e anniversaire d’Israël aurait dû donner aux Israéliens un sentiment de fierté et non servir la cause palestinienne. «Ceci est totalement anti-professionnel», a-t-il déclaré au cours d’une émission après la présentation du documentaire. «Les personnes qui voient cela (ce documentaire) ne savent pas que nous avons vaincu les terroristes. Le réalisateur a servi la cause de l’OLP». Gidon Ezra, un député du Likoud (droite), a déclaré que le film présentait les Palestiniens impliqués dans les attentats «comme des combattants alors qu’ils sont des terroristes». Bien que le documentaire présente des interviews de victimes israéliennes ayant survécu à des attentats tels que le massacre de 22 enfants israéliens en 1974 à Maalot (nord) après le refus du gouvernement israélien de libérer des détenus palestiniens, il est aussi entrecoupé d’interviews de Palestiniens, de films de propagande de l’OLP et d’extraits de l’hymne palestinien, «Biladi». Yasser Arafat est également cité à plusieurs reprises, à la fois pour ses appels à la violence et ses déclarations plus conciliantes telles que celle de 1974 où il appelle à l’établissement d’un Etat palestinien «sur toute parcelle de la Palestine qui sera libérée où dont Israël se retirera». L’auteur-réalisateur de l’épisode, Ronit Weiss-Berkowitz, qui a reçu des menaces par téléphone, a affirmé qu’elle avait voulu présenté les points de vue des deux parties. Mais Soufian Abou Ziada, qui est chargé au sein de l’Autorité palestinienne de superviser les questions israéliennes, a affirmé ne pas avoir été impressionné. Selon lui, «il n’y a là rien de nouveau (...) on a simplement fait sortir un peu de vérité de sous la table». (AFP)
La télévision israélienne a diffusé dimanche dans la nuit un documentaire sur les attentats commis par les Palestiniens après la guerre de 1967, déclenchant une vague de protestations des hommes politiques de droite qui trouvent qu’il présente les «terroristes» sous un jour trop favorable. Intitulé «Biladi, Biladi» («Mon pays», en arabe), cet épisode de la série «Tékouma» («Résurrection» en hébreu), diffusée à l’occasion du 50e anniversaire de la création d’Israël, reprend des séquences tirées d’anciens films de recrutement de l’OLP présentant des combattants palestiniens à l’entraînement comme des héros. Ce documentaire est un des premiers réalisés et diffusés par la télévision publique israélienne présentant le point de vue palestinien sur les attentats qui ont tué des dizaines...
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