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Actualités - Chronologie

Le Pakistan étudie sa riposte (photos)

Le Pakistan étudie la riposte à donner aux trois essais nucléaires de l’Inde, sa rivale de toujours, perçus comme une énorme menace à Islamabad où les responsables estiment en outre qu’ils sonnent le glas de la non-prolifération. Le premier ministre Nawaz Sharif, qui était en visite à Almaty, est rentré mardi dans la capitale pakistanaise pour rencontrer des responsables scientifiques et militaires et discuter de la riposte à apporter aux trois essais nucléaires indiens de lundi. «Nous analysons la situation avec attention», a-t-il dit à des journalistes avant de quitter l’ancienne république soviétique du Kazakhstan. Le «père» du programme atomique et balistique pakistanais, le physicien Abdul Qadeer Khan, doit présenter au chef du gouvernement les derniers développements de la capacité nucléaire pakistanaise, a indiqué un responsable à Islamabad. Selon le scientifique, le Pakistan est capable de faire un essai nucléaire à tout moment. Mais il a affirmé qu’il s’agissait d’une décision politique que seul le gouvernement pouvait la prendre. Le Pakistan est un pays dit du seuil, c’est-à-dire possédant secrètement un armement nucléaire ou au moins capable de le produire rapidement. D’après certains experts occidentaux, l’armée pakistanaise — bien qu’elle n’ait jamais fait de test — serait en possession de plusieurs charges nucléaires. Les Etats-Unis ont dans le passé accusé la Chine d’avoir aidé le Pakistan dans son programme nucléaire, ce que Pékin a toujours démenti. Selon les mêmes experts, l’Inde, qui avait procédé à un premier essai nucléaire en 1974, aurait plusieurs dizaines de têtes nucléaires. Les deux pays ont, par ailleurs, mis en œuvre ces dernières années un programme de fabrication de missiles capables d’emporter des charges atomiques. Hostilité féroce Le Pakistan et l’Inde n’ont jamais pu surmonter leur féroce hostilité qui date de la partition du sous-continent indien par les Britanniques en 1947. Depuis cette date, ils se sont déjà livré trois guerres, dont deux à propos du Cachemire, une région himalayenne à majorité musulmane dont les deux pays se disputent encore la souveraineté. Selon des sources pakistanaises, M. Sharif doit aussi avoir une réunion avec les principaux chefs militaires et des experts du ministère des Affaires étrangères pour examiner la nouvelle situation. Lundi, Islamabad a affirmé que les essais nucléaires indiens sonnaient le glas des efforts de non-prolifération nucléaire et que «toutes les mesures appropriées» seraient prises pour assurer la sécurité du pays. Le puissant chef de l’armée pakistanaise, le général Jahangir Karamat, généralement silencieux, a exprimé l’espoir que le gouvernement prendrait en compte les impératifs de sécurité dans sa riposte aux essais indiens. Les tests indiens ont provoqué une sorte d’«union sacrée» dans la classe politique. Le chef de l’opposition, l’ancien premier ministre Benazir Bhutto, a affirmé que le Pakistan «n’avait désormais d’autre choix» que de procéder à un essai. Mme Bhutto a estimé que le «jeu du chat et de la souris» entre les deux pays était fini. Le plus important parti intégriste musulman, le Jamaat-i-Islami (JI), a aussi réclamé une riposte immédiate. «Si le gouvernement ne le fait pas, cela signifiera l’abandon de notre souveraineté et l’asservissement du pays aux Etats-Unis», a affirmé son chef, Qazi Hussain Ahmed. (AFP)
Le Pakistan étudie la riposte à donner aux trois essais nucléaires de l’Inde, sa rivale de toujours, perçus comme une énorme menace à Islamabad où les responsables estiment en outre qu’ils sonnent le glas de la non-prolifération. Le premier ministre Nawaz Sharif, qui était en visite à Almaty, est rentré mardi dans la capitale pakistanaise pour rencontrer des responsables scientifiques et militaires et discuter de la riposte à apporter aux trois essais nucléaires indiens de lundi. «Nous analysons la situation avec attention», a-t-il dit à des journalistes avant de quitter l’ancienne république soviétique du Kazakhstan. Le «père» du programme atomique et balistique pakistanais, le physicien Abdul Qadeer Khan, doit présenter au chef du gouvernement les derniers développements de la capacité nucléaire...