Les violentes émeutes à travers l’Indonésie, où la baisse des subventions sur des produits de base a mis le feu au poudre, ont pour résultat de relancer le débat sur l’intervention du FMI dans la crise asiatique. Ce débat intervient au moment où l’institution multilatérale est menacée de se voir couper les vivres par le Congrès américain. Lors de la première journée de la conférence annuelle de la Asia Society jeudi à Hong Kong, les critiques sont venues de deux bords: ceux qui veulent des ressources plus importantes pour le Fonds et ceux qui ne veulent pas lui donner un dollar de plus. «Le FMI a réussi par son action à rendre cette crise considérablement plus grave», a affirmé Robert Bartley, vice-président du Wall Street Journal et responsable des pages éditoriales, où il fait activement campagne contre le Fonds. «A l’évidence, le FMI n’a pas été efficace dans le traitement de la crise», a estimé Isher Judge Ahluwalia, directeur du Indian Council for Research on International Economic Relations. «En intervenant trop tard et en faisant pression pour une restructuration massive de ces économies, il a provoqué de graves dislocations», a-t-elle affirmé. Pour J. Soedradjad Djiwandono, l’ancien gouverneur de la Banque centrale indonésienne qui enseigne à l’université d’Indonésie à Djakarta, «si le FMI n’apporte pas son soutien, il est difficile pour un pays de faire quoi que ce soit». Mais, ajoute-t-il, «il faut que le FMI intervienne mais il doit agir de manière plus adaptée, plus flexible», dit-il. La difficulté, reconnaît-il cependant, vient de ce que le Fonds arrive lorsque les choses vont déjà trop mal. Le FMI a été très critiqué par exemple pour avoir demandé la fermeture de 16 banques insolvables dans la phase initiale de la crise indonésienne. La mesure, bien accueillie par les investisseurs étrangers, a provoqué une panique bancaire dans le pays. Le blocage du Congrès «La seule solution à une crise financière est un prêteur en dernier ressort», explique pour sa part John Wadsworth, directeur général de Morgan Stanley Inc. et président de la branche asiatique de la Banque d’investissement américaine. «Le défi pour le prêteur en dernier ressort est d’intervenir ni trop tôt, ni trop tard, et ni trop peu», ajoute le banquier américain selon qui «nous n’avons pas les institutions ou les systèmes» capables de traiter les problèmes posés par les marchés financiers actuels. Maurice Greenberg, le président du géant américain de l’assurance AIG, a joint sa voix aux responsables américains qui ont mis en garde contre le blocage par le Congrès de la contribution des Etats-Unis à l’augmentation des ressources du Fonds. «Le moment pour faire des changements n’est pas au beau milieu d’une crise», a-t-il dit, ajoutant que «pour les Etats-Unis, le fait de ne pas apporter leur contribution au FMI va au-delà: cela pose la question de l’engagement des Etats-Unis en Asie». Mitsuo Sato, président de la Banque asiatique de développement, a averti que le FMI ne pourrait pas aller emprunter sur les marchés de capitaux l’argent que refuserait de verser le Congrès. «Ce n’est pas facile de faire cela alors que précisément les capitaux privés quittent cette région», a-t-il dit. Pour M. Sato, «le soutien des grands actionnaires (du FMI) est crucial, particulièrement parce que cette crise est d’une nature nouvelle». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les violentes émeutes à travers l’Indonésie, où la baisse des subventions sur des produits de base a mis le feu au poudre, ont pour résultat de relancer le débat sur l’intervention du FMI dans la crise asiatique. Ce débat intervient au moment où l’institution multilatérale est menacée de se voir couper les vivres par le Congrès américain. Lors de la première journée de la conférence annuelle de la Asia Society jeudi à Hong Kong, les critiques sont venues de deux bords: ceux qui veulent des ressources plus importantes pour le Fonds et ceux qui ne veulent pas lui donner un dollar de plus. «Le FMI a réussi par son action à rendre cette crise considérablement plus grave», a affirmé Robert Bartley, vice-président du Wall Street Journal et responsable des pages éditoriales, où il fait activement campagne contre...