Le milliardaire britannique Richard Branson espérait boucler la moitié de son tour du monde en ballon jeudi à l’aplomb de la Nouvelle-Zélande, après avoir laissé derrière lui mercredi «les deux derniers obstacles politiques» que représentaient la Chine et la Corée du nord. Le très médiatique centre opérationnel de l’expédition établi dans une lointaine banlieue de Londres, à Uxbridge, témoignait mercredi d’un optimisme parfaitement inhabituel. L’aérostat, qui s’est imposé 38 heures durant dans l’espace aérien chinois, survolait vers 16h00 GMT la Corée du sud en direction de la ville japonaise d’Hiroshima. Il devait atteindre dans la matinée de jeudi le 174e méridien qui marque la mi-parcours, après avoir traversé treize pays et un certain nombre de turbulences météorologiques et diplomatiques, a indiqué Michael Johnson, un porte-parole du QG londonien. «Ils sont exactement sur la bonne trajectoire. Il n’y a plus d’obstacles politiques. Techniquement, la nacelle fonctionne parfaitement et le ballon aussi», a-t-il exulté. Après avoir mené sa traversée de la Chine septentrionale à 45 nœuds , il devait considérablement augmenter sa vitesse en attrapant les vents forts de 100 à 150 nœuds à 30 000 pieds. C’est tout juste si le porte-parole a mentionné une consommation en carburant «un peu au-dessus des prévisions», sans pour autant être alarmante. Quant à la glace ayant alourdi l’engin lors du franchissement de la barrière himalayenne, elle fondait à vue d’œil. «Le spectacle est incroyablement beau, à l’image du monde», s’émerveillait lui-même Richard Branson qui a doublement lieu d’être ravi au vu des retombées médiatiques considérables de son aventure. L’homme qui cultive l’excentricité et tente de projeter l’image d’un «patron social» a prouvé une fois de plus qu’il est «la meilleure des publicités» pour son groupe Virgin comptant 200 sociétés, ont relevé ses admirateurs comme ses détracteurs. Sa tentative de tour du monde sans escale est la troisième du genre. Entre les deux dernières, il a défrayé la chronique avec la publication d’une autobiographie intitulée «En perdant ma virginité», qu’il a promue en posant nu dans la presse populaire. Les autorités de Pékin avaient autorisé à contrecoeur le survol par l’engin, après avoir vainement exigé que la montgolfière et ses trois membres d’équipage se posent d’urgence à Lhassa, la capitale du Tibet. Arguant du danger représenté par la présence du trio dans un corridor aérien hyper fréquenté. Le Premier ministre Tony Blair, le Foreign Office, l’ambassade de Grande-Bretagne à Pékin, et Edward Ted Heath, ancien chef du gouvernement britannique se prévalant du titre honorifique d’ami de la Chine, ainsi que Richard Branson en personne, avaient multiplié les interventions. Ils avaient sollicité un sauf-conduit en soulignant que la nuit chinoise, les courants et le relief du toit du monde interdisaient tout atterrissage précipité. Après avoir négocié son passage avec le colonel Mouammar Khadhafi pour survoler la Libye, et manœuvré pour éviter l’Irak soumis aux frappes américano-britanniques, Branson espérait survoler Washington aux alentours de Noël. Le QG de l’expédition, qui faisait état en début de semaine «d’une moyenne de 2,6 crises par jour», a réintroduit un élément de suspense mercredi en fin de journée en soulignant «le formidable défi que représente la traversée du traître Pacifique, infesté de requins». «C’est quelque chose que de traverser le Pacifique... À en croire la loi de Murphy (celle de l’emmerdement maximum), si quelque chose doit clocher, ce sera au beau milieu du Pacifique», a prédit le coordonnateur de l’expédition Mike Kendrick qui a – à toutes fins utiles – pris contact avec le ministère britannique de la Défense. Pour envisager d’éventuels secours en mer.
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