Tony Blair a encaissé un double revers mercredi avec la démission de son ministre du Commerce et de l’Industrie Peter Mandelson, le départ de cet ami proche et architecte du Nouveau Labour s’ajoutant à l’embarras d’une affaire de prêt immobilier incompatible avec l’image de gouvernement propre voulue par le Premier ministre. Quelques heures plus tard, l’affaire connaissait un nouveau rebondissement, avec la démission du créancier de Mandelson, le trésorier-payeur général au ministère des Finances Geoffrey Robinson, un milliardaire représentant du monde des affaires par excellence au sein du gouvernement. «C’est une véritable bombe», a commenté à chaud le présentateur du journal télévisé de la mi-journée à la BBC. De fait, autant l’ascension du ministre du Commerce et de l’Industrie a été fulgurante, autant sa chute aura été brutale, au terme de trois jours de campagne dans une presse visiblement ravie de prendre sa revanche sur celui qu’elle a tour à tour affublé des sobriquets de Machiavel, prince des ténèbres ou plus crûment de manipulateur. Éloquente aussi est la teneur de la lettre dans laquelle Tony Blair a accepté, à regret, la démission du principal artisan du recentrage du parti travailliste, avant d’être l’éminence grise du raz-de-marée électoral l’ayant porté au pouvoir après 18 ans d’opposition, en mai 1997. Se référant à lui comme à «un ami et l’un de ses plus proches collaborateurs», M. Blair lui a rendu cet hommage : «Il n’est pas exagéré de dire que, sans votre soutien, et sans vos conseils, nous n’aurions jamais bâti le nouveau Labour». Depuis le début de la semaine, le gourou du Premier ministre ouvertement «dénoncé» le mois dernier dans les médias pour sa présumée homosexualité, s’efforçait de justifier un prêt de 373 000 livres (626 640 dollars), accordé en 1996 par son collègue du gouvernement. Aucun des deux protagonistes n’était ministre à l’époque, mais ce lien laissait apparaître un possible conflit d’intérêt. En effet, M. Robinson fait l’objet d’une enquête du ministère du Commerce et de l’Industrie portant sur d’éventuelles violations du droit des affaires. Depuis son arrivée au gouvernement, il a été accusé de fraude fiscale, puis blanchi, puis contraint en novembre de présenter des excuses aux Communes pour avoir omis de mentionner sa présence au sein du conseil d’administration de plusieurs entreprises. Peter Mandelson a protesté de son innocence mercredi, face à une presse qui s’interroge sur son train de vie et subodore des irrégularités dans les conditions d’octroi d’un second prêt en vue d’acquérir la maison qu’il habite dans le quartier huppé de Notting Hill, proche des riches et célèbres qu’il aime fréquenter. Parmi ses connaissances figurent le prince Charles et la fille du magnat américano-australien Rupert Murdoch. Peter Mandelson s’était jusqu’à présent gardé de mentionner ces prêts, dont le premier remboursable à court terme avec un taux d’intérêt préférentiel. Ses amis ont salué son «geste honorable», en conformité avec la prétention du gouvernement à «rétablir la moralité en politique» après les scandales qui ont jalonné les dernières années du règne conservateur. Mais son ascension lui avait valu de solides inimitiés bien au-delà du parti conservateur, dont le dirigeant William Hague réclamait à cor et à cri sa démission.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Tony Blair a encaissé un double revers mercredi avec la démission de son ministre du Commerce et de l’Industrie Peter Mandelson, le départ de cet ami proche et architecte du Nouveau Labour s’ajoutant à l’embarras d’une affaire de prêt immobilier incompatible avec l’image de gouvernement propre voulue par le Premier ministre. Quelques heures plus tard, l’affaire connaissait un nouveau rebondissement, avec la démission du créancier de Mandelson, le trésorier-payeur général au ministère des Finances Geoffrey Robinson, un milliardaire représentant du monde des affaires par excellence au sein du gouvernement. «C’est une véritable bombe», a commenté à chaud le présentateur du journal télévisé de la mi-journée à la BBC. De fait, autant l’ascension du ministre du Commerce et de l’Industrie a été...