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Actualités - Chronologie

Actualité La perestroïka de la mode (photos)

Les babouchkas emmitouflées, bien plantées dans leurs godasses, le sourcil batailleur et le poing sur la hanche, c’est du passé lointain. Une autre image émerge de la grisaille opaque d’un demi-siècle de soviétisme. Comme du temps de Byzance, où Yéroslave le Sage, à la fin du premier millénaire, allait quérir pour son pays l’adhésion au monde (et aux mœurs) de l’Occident, la Russie actuelle rejoint le siècle et ses rituels. Valentin Yudashkin, le styliste marqué profondément par l’esthétique contemporaine, est aux anges. Son talent a déjà été remarqué et loué, au superlatif, par la presse américaine, peu enthousiaste pour tout lorsqu’il s’agit de créateurs n’ayant pas déjà bâti une renommée internationale. Yudashkin est sur la voie. Au Cinquième festival international de la haute couture de Moscou, il y a quelques semaines, où les créateurs Français et italiens présentaient leurs collections à côté des Russes, c’est Yudashkin qui a remporté toutes les palmes. «Drôle, inventif, doué et téméraire», l’ont qualifié les spécialistes. Il faut reconnaître que, comme pour Galliano et Alexander McQueen, il y a beaucoup de provocations dans ce que fait le styliste russe. Du tape à l’œil aussi. Sa modernité est exubérante, voir criarde. Mais bon sang ne saurait mentir. La vieille Russie et son style se fraient un chemin à travers les créations «clins d’œil à Broadway». Sa mariée est un ravissement et il en est de même pour ses créations, où il reste fidèle à sa souche. Autrement, sa démesure, même si elle enchante les Américains, avoue ostensiblement qu’elle recherche le choc plutôt que le chic. Ses tenues «french can-can», où la dentelle noire couvre un corps habillé d’un body en cuir, le tout couronné d’une capeline voilée, sont trop aguicheuses pour être de l’art. Il y a manière et manière de se faire un nom et de gagner une fortune. Valentin, le Russe, a du talent et un bon bagage esthétique de par sa naissance. S’il renonce au choc pour mieux exploiter ses propres influences et leurs racines, il accomplira sûrement de belles, très belles choses. Mais pour l’instant, il a le grand mérite de représenter dignement dans la couture internationale une griffe émergeant de la nouvelle Russie. Et d’apporter aux finances exsangues de son pays des devises étrangères.
Les babouchkas emmitouflées, bien plantées dans leurs godasses, le sourcil batailleur et le poing sur la hanche, c’est du passé lointain. Une autre image émerge de la grisaille opaque d’un demi-siècle de soviétisme. Comme du temps de Byzance, où Yéroslave le Sage, à la fin du premier millénaire, allait quérir pour son pays l’adhésion au monde (et aux mœurs) de l’Occident, la Russie actuelle rejoint le siècle et ses rituels. Valentin Yudashkin, le styliste marqué profondément par l’esthétique contemporaine, est aux anges. Son talent a déjà été remarqué et loué, au superlatif, par la presse américaine, peu enthousiaste pour tout lorsqu’il s’agit de créateurs n’ayant pas déjà bâti une renommée internationale. Yudashkin est sur la voie. Au Cinquième festival international de la haute couture de...