Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Le Noël sous embargo des chrétiens de Bagdad (photo)

Les quelques centaines de milliers de chrétiens d’Irak ont célébré Noël cette année encore sous le signe de l’embargo qui frappe durement le pays depuis huit ans et ternit les festivités. Les quelques dizaines d’églises, qui voisinent dans l’immense métropole de Bagdad avec les mosquées, avaient pourtant préparé les crèches et célébré les messes. Les fidèles ont acheté, pour les plus aisés, dindes et arbres de Noël, ou bougies dans le grand marché de Shorja. Mais la pauvreté galopante et la lassitude ont limité quelque peu les célébrations d’une fête qui intervient une semaine après la fin des frappes américano-britanniques, dénoncées par le clergé. «Nous avons prié dimanche pour la paix après les bombardements. Cet embargo, c’est la continuation de la guerre. On tue avec le manque de vivres et de médicaments», explique Mgr Emmanuel Delly, archevêque auxiliaire du patriarcat chaldéen. Quelque 750 000 chrétiens vivent en Irak (qui compte au total 22 millions d’habitants), selon les responsables religieux, dans cette région qui fut un lieu de passage privilégié depuis l’Antiquité. Mais il n’existe pas de statistiques précises. Environ la moitié sont des catholiques chaldéens, mais on retrouve notamment des Assyriens, des Syriaques et des Arméniens, catholiques et orthodoxes, et une petite minorité de protestants. Dans ce pays à majorité musulmane chiite, mais où le président Saddam Hussein et les principaux responsables sont musulmans sunnites, les chrétiens peuvent pratiquer leur culte sans entrave apparente. «Il n’y a pas de discrimination. Il n’y a pas d’aide directe du gouvernement aux Églises, mais le gouvernement finance les livres de catéchisme dans les écoles où la proportion de chrétiens dépasse 25%», explique Mgr Delly. Pas de discrimination À l’Église Saint-Joseph, dans le quartier d’al-Karrada, où se trouvent plusieurs églises, le gardien est un vieux musulman. La messe est célébrée le dimanche, mais aussi le vendredi, quelques heures après la grande prière des musulmans. Des enfants se préparaient jeudi pour une petite pièce qui retracera la naissance de Jésus. «Le problème, c’est la cherté de la vie. Nous n’aurons pas grand-chose à offrir aux enfants qui font le catéchisme. Quelques stylos, des crayons», explique le religieux. Dans une rue de Karrada, un taxi rapiécé se traîne, un arbre de Noël dépassant de la vitre arrière. «Certains ne comptent pas, ils prennent les grands à 6 000 dinars (environ 3 dollars)», ce qui représente le salaire d’un fonctionnaire, explique un vendeur de 32 ans, Jaafar. «Nous allons essayer d’oublier les bombes des derniers jours», explique une commerçante aisée d’une quarantaine d’années du centre de Bagdad, Dhouka. «Le soir, il y aura un repas consistant: dinde farcie et mets irakiens. Et un cake pour les enfants. C’est vrai que tout le monde ne peut pas s’offrir cela». Si les préoccupations quotidiennes dominent, certains chrétiens avouent parfois leur lassitude et leur inquiétude face à l’évolution du régime de Saddam Hussein. «Certains de nous sont inquiets face à la radicalisation que nous voyons chez Saddam Hussein, ses références de plus en plus marquées à l’islam», explique un chrétien. «Officiellement, il n’y a pas de discrimination religieuse. Mais ceux qui travaillent, dans les bureaux par exemple, sont souvent considérés comme des citoyens de seconde zone», explique-t-il rapidement, à l’abri des regards des «guides» du ministère de l’Information qui accompagnent les journalistes dans la ville constellée de portraits de Saddam Hussein.
Les quelques centaines de milliers de chrétiens d’Irak ont célébré Noël cette année encore sous le signe de l’embargo qui frappe durement le pays depuis huit ans et ternit les festivités. Les quelques dizaines d’églises, qui voisinent dans l’immense métropole de Bagdad avec les mosquées, avaient pourtant préparé les crèches et célébré les messes. Les fidèles ont acheté, pour les plus aisés, dindes et arbres de Noël, ou bougies dans le grand marché de Shorja. Mais la pauvreté galopante et la lassitude ont limité quelque peu les célébrations d’une fête qui intervient une semaine après la fin des frappes américano-britanniques, dénoncées par le clergé. «Nous avons prié dimanche pour la paix après les bombardements. Cet embargo, c’est la continuation de la guerre. On tue avec le manque de vivres...