En Europe, la consommation est en progression constante depuis la fin des années cinquante. Au Liban, l’industrie du chocolat se porte bien mais le marché étant assez restreint, les chocolatiers essaient avec succès de gagner des marchés externes pour écouler leur excès de production. Si les Libanais importent le chocolat de couverture, ils prennent le plus grand soin pour choisir la meilleure qualité et conservent jalousement leurs recettes. Les artisans fabriquent tous leurs propres pralines et chacune des créations reçoit une touche personnelle pour en faire un article unique. Chez Chantilly, le circuit de production est réglé comme du papier à musique: les matières premières sont déposées dans des locaux spécialement conçus et les départements de la glace, des confiseries orientales et du chocolat équipés de matériel sophistiqué s’emboîtent pour rentabiliser la production. Premiers artisans chocolatiers à avoir utilisé des mouleuses et des “tempéreuses”, les Debbas n’hésitent pas à investir dans du matériel de pointe. «Nous avions le potentiel d’exporter nos chocolats, et, dès le départ, nous avons conquis le marché américain que nous avons perdu pendant la guerre». Aujourd’hui, présent dans plusieurs pays européens à travers les délices libanais enrobés de chocolat, Chantilly innove en créant des goûts et des saveurs propres à chaque pays. Roy Debbas déplore cependant l’application des lois douanières: «Nous importons le chocolat destiné à l’export, à la fin de l’année nous payons les taxes de douanes sur les quantités restantes. Vu que nous exportons de petites quantités, les formalités d’affrètement nous coûtent plus cher que la douane. De plus, la marchandise qui doit voyager est souvent entreposée à l’aéroport pour prélever des échantillons qui seront analysés. Je refuse que des produits qui sortent de chez moi dans des camions réfrigérés subissent les conditions climatiques défavorables à leur bonne tenue». Les responsables de Paladin sont de plus en plus tournés vers l’export et envoient leur chocolat vers plusieurs pays arabes dont Qatar, Abou Dhabi et Doha. «C’est un marché plus vaste, les pays sont grands, le Liban est assez limité à cause des réalités géographiques, dit Mme Balgachian. Souvent, lorsque je vais aux expositions ou dans les fabriques, j’explique aux Européens que le Liban est aussi grand que Munich. Nous allons développer l’exportation grâce à l’aide de mon fils Sarkis qui a fait des études de technologie alimentaire et qui effectue en ce moment des stages en Allemagne. Il a visité plusieurs usines et effectué des stages chez Nestlé et dans d’autres fabriques que nous connaissons. Nous comptons sur lui pour améliorer le travail selon les méthodes les plus pointues». Dandy exporte aussi son chocolat dans la majorité des pays arabes et espère bientôt être présent en Égypte, après avoir introduit ses produits en Afrique et amorcé une timide incursion en Amérique latine. «Nous avons une grande capacité de production, notre usine étant semi-industrialisée, nous exportons donc tous nos produits sauf la glace, affirme M. Saadé. Mais malgré l’industrialisation, le travail manuel et artisanal est essentiel, certaines formes de chocolat sont entièrement confectionnées et emballées à la main. Notre gamme de chocolat Élysée est entièrement travaillée à la main et présentée sans emballage». Cependant, de tous les chocolatiers interrogés, Noura est le seul réticent à l’exportation et refuse même de vendre son chocolat ailleurs que dans les deux boutiques portant son enseigne. «Le chocolat est une matière tellement noble que nous refusons même de le vendre à nos deux représentants qui vendent nos pâtisseries et nos glaces. En ce qui concerne l’exportation, nous n’avons pas la structure nécessaire, nous sommes des artisans attachés à la tradition. Peut-être qu’à l’avenir, nos deux filles voudront développer cet aspect», affirment en chœur Pia Maria et Habib Chaaraoui. Dans cet esprit, Karima Barrage exporte une petite quantité de chocolats vers les pays arabes (Doha, Qatar, Arabie séoudite, Bahrein). «Nous sommes une chocolaterie artisanale, dit-elle. Je concentre mes efforts surtout au Liban, j’envoie le surplus à l’étranger».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats En Europe, la consommation est en progression constante depuis la fin des années cinquante. Au Liban, l’industrie du chocolat se porte bien mais le marché étant assez restreint, les chocolatiers essaient avec succès de gagner des marchés externes pour écouler leur excès de production. Si les Libanais importent le chocolat de couverture, ils prennent le plus grand soin pour choisir la meilleure qualité et conservent jalousement leurs recettes. Les artisans fabriquent tous leurs propres pralines et chacune des créations reçoit une touche personnelle pour en faire un article unique. Chez Chantilly, le circuit de production est réglé comme du papier à musique: les matières premières sont déposées dans des locaux spécialement conçus et les départements de la glace, des confiseries orientales et du chocolat équipés de...