Cinq conditions pour le succès de l'euro, selon Trichet
le 18 décembre 1998 à 00h00
Le succès de l’euro sera notamment conditionné par la crédibilité d’une politique monétaire indépendante, le respect des prescriptions budgétaires du pacte de stabilité et la coordination des réformes sociales structurelles, a estimé jeudi le gouverneur de la Banque de France Jean-Claude Trichet. Le gouverneur a énuméré cinq conditions pour «une pleine réussite de l’euro» à moyen terme, lors d’une conférence de presse, à l’issue du dernier conseil de la politique monétaire qui avait à se prononcer sur le niveau des taux d’intérêt, avant de passer le témoin à la Banque centrale européenne. En premier lieu, il a insisté sur le «sérieux et la crédibilité de la politique monétaire garantie par l’indépendance du Système européen des banques centrales». L’euro doit «inspirer confiance» et «être un instrument de conservation de la valeur aussi bon que l’étaient (...) le franc et le mark», a-t-il souligné. En second lieu, M. Trichet a appelé au respect des prescriptions budgétaires du Pacte de stabilité et de croissance, signé par les onze pays membres de la zone euro. «Le respect de l’objectif à moyen terme de finances proches de l’équilibre ou en excédent est indispensable si l’on veut pouvoir faire face collectivement aux périodes économiques de vaches maigres» ou résister à «d’éventuels chocs asymétriques» (ndlr : récession dans un pays alors que les autres sont en croissance), a souligné M. Trichet. Le succès de l’euro repose troisièmement sur «l’engagement résolu dans toute l’Europe de réformes structurelles», a souligné M. Trichet car «l’Europe continentale connaît un chômage de masse très anormalement élevé» qui est «largement d’origine structurelle». L’euro selon lui va «inciter à un renforcement de la coordination entre les politiques structurelles des États membres», en matière de marché du travail, de formation, de protection sociale, d’incitations au travail et à la création d’emplois ou d’éducation. En quatrième lieu, «l’accent doit être mis par les politiques économiques européennes sur la compétitivité». Dans chaque économie nationale, il faudra donc que les autorités économiques soient encore plus vigilantes qu’auparavant sur les indicateurs de compétitivité, notamment sur l’évolution des coûts unitaires de main-d’œuvre (salaires) et sur l’«environnement réglementaire et fiscal». Enfin pour les entreprises «l’introduction de l’euro n’est pas une question tactique mais une question stratégique». «C’est l’ensemble des fonctions de l’entreprise (...) qu’il convient de réexaminer en s’interrogeant sur les changements stratégiques» éventuels.
Le succès de l’euro sera notamment conditionné par la crédibilité d’une politique monétaire indépendante, le respect des prescriptions budgétaires du pacte de stabilité et la coordination des réformes sociales structurelles, a estimé jeudi le gouverneur de la Banque de France Jean-Claude Trichet. Le gouverneur a énuméré cinq conditions pour «une pleine réussite de l’euro» à moyen terme, lors d’une conférence de presse, à l’issue du dernier conseil de la politique monétaire qui avait à se prononcer sur le niveau des taux d’intérêt, avant de passer le témoin à la Banque centrale européenne. En premier lieu, il a insisté sur le «sérieux et la crédibilité de la politique monétaire garantie par l’indépendance du Système européen des banques centrales». L’euro doit «inspirer confiance» et...
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