Il fut un temps – celui des couturières à domicile, du respect des bons usages et des thés pour dames – où l’armoire d’une femme comportait une série de robes. Celles du matin étaient plutôt simples, «styles sport», comme on disait alors. Bien épaulées, décolleté en V, prises à la taille et jupe évasée, elles habillaient les «matinées-café» et les courses en ville. Pour l’après-midi, le tailleur et ses variantes étaient les maîtres absolus. Veste, blouse et jupe donnaient cet air respectable et décent qui faisait, comme on disait à l’époque, «dame bien». Les années 50 sont loin, loin derrière... Etre une dame «bien» n’est plus un compliment et encore moins une aspiration. De nos jours, d’autres critères imposent des évaluations et des calibrages inédits. Le costume suit les tendances. Mini-jupe, débardeur, seins au vent traduisent ostensiblement la réforme des mentalités et la marche en avant. Mais voilà qu’à l’avant-veille du départ de ce siècle, la robe oubliée refait surface. Tout un volet de collections lui est consacré. Tenue de jour, mais aussi du soir, elle est interprétée de mille manières: sage, sexy, fendue, au genou ou à la cheville, elle habille tous les âges et toutes les circonstances. En lainage et lignes droites, elle rappelle le style américain et certains films culte: les vacances romaines d’Andrey Hepburn, les premiers succès d’Élizabeth Taylor... En taille prise moulante et dénudante, c’est Lana Turner qui resurgit venimeuse et fatale. C’est Rita Hayworth, en Gilda, virtuose de l’érotisme en longs gants noirs... Que c’est loin tout ça, mais combien éternels sont les symboles. Le remake de la robe projette sur l’avant-scène les petites filles des vamps d’autrefois. Elles suscitent les mêmes frissons, les mêmes désirs, les mêmes émotions, dictés par l’ordre suprême et immuable qui ordonne la perpétuité du genre humain. Les mêmes appâts dans une intention identique. Qui oserait prétendre que la mode est futile, frivole et volatile? Comme tout s’orchestre ici-bas, elle est le réflet, l’air, le refrain, d’une même et très ancienne histoire...
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Il fut un temps – celui des couturières à domicile, du respect des bons usages et des thés pour dames – où l’armoire d’une femme comportait une série de robes. Celles du matin étaient plutôt simples, «styles sport», comme on disait alors. Bien épaulées, décolleté en V, prises à la taille et jupe évasée, elles habillaient les «matinées-café» et les courses en ville. Pour l’après-midi, le tailleur et ses variantes étaient les maîtres absolus. Veste, blouse et jupe donnaient cet air respectable et décent qui faisait, comme on disait à l’époque, «dame bien». Les années 50 sont loin, loin derrière... Etre une dame «bien» n’est plus un compliment et encore moins une aspiration. De nos jours, d’autres critères imposent des évaluations et des calibrages inédits. Le costume suit les tendances....