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Actualités - Chronologie

Chine Pekin célèbre 20 ans de réformes et l'enterrement du maoïsme

La Chine célèbre vendredi prochain le vingtième anniversaire d’une réunion cruciale du Parti communiste chinois (PCC) qui devait lancer les réformes économiques de Deng Xiaoping et changer la face du pays en l’ouvrant sur le reste du monde. Du 18 au 22 décembre 1978, le troisième plénum du XIe Comité central donnait l’avantage aux réformateurs de Deng face aux conservateurs de Hua Guofeng, le dauphin choisi deux ans plus tôt par Mao Tsétoung avant sa mort. Le plénum jetait aux orties vingt années d’excès maoïstes, du «Grand Bond en Avant» (1958-59) à la «Révolution Culturelle» (1966-76), qui avaient fermé la Chine et anéanti son économie. Le changement dans l’équilibre du pouvoir allait lancer une expérience inédite à la surface du globe: l’abandon du collectivisme avec maintien d’un régime autoritaire. «Peu importe que le chat soit noir ou blanc; s’il attrape des souris, c’est un bon chat». La parabole de Deng devient le mot d’ordre repris dans tout le pays: peu importe que la méthode soit capitaliste ou socialiste, ce qui compte, c’est de moderniser l’économie en ouvrant la porte à la technologie et aux capitaux étrangers. La corruption «Les paysans mouraient de faim. Personne ne travaillait plus dans les champs, car l’effort n’était pas récompensé, l’État prenait tout», se souvient Guo Zhaodi, une paysanne de la province pauvre de l’Anhui (Est), montée à Pékin. Vont rapidement s’amorcer le démantèlement des communes populaires et la restitution des terres aux paysans. Les agriculteurs peuvent produire et vendre ce qu’ils veulent sur des marchés auparavant interdits. Dans l’industrie, le gouvernement décentralise la prise de décisions, autorisant les collectivités locales à gérer leurs entreprises. Le secteur «collectif» devient le fer de lance de la modernisation. Dès 1979, la loi sur les entreprises à capitaux étrangers entrouvre la porte aux multinationales et la Chine, tirant partie de sa main-d’œuvre bon marché, se mue en atelier de transformation pour l’industrie mondiale. En 20 ans, la valeur des exportations est multipliée par 20 et le commerce extérieur passe de la 32e à la 10e place mondiale. Le produit intérieur brut (PIB) par tête s’accroît 16 fois pour totaliser 6 079 dollars par an fin 1997. La croissance atteint 9,6 % en moyenne annuelle depuis 1980. Mais la transformation précipitée du pays s’accompagne de déséquilibres toujours plus criants entre riches et pauvres, la ville et la campagne, les régions côtières développées et celles de l’intérieur. Les centres-villes se métamorphosent alors que poussent les grands hôtels et que l’automobile chasse le vélo. La pollution, le crime, la prostitution et l’exploitation arrivent en force là où se côtoient fortune et misère. «S’enrichir est glorieux», lâche Deng Xiaoping. Le mot est repris au pied de la lettre par des millions de cadres qui érigent la corruption en mode de gouvernement. Le mécontentement populaire éclate au printemps 1989 avant d’être écrasé place Tiananmen. Ayant écarté l’un après l’autre ses adjoints libéraux, Hu Yaobang et Zhao Ziyang, Deng met les réformes entre parenthèses avant d’opérer une relance spectaculaire en 1992. Derniers vestiges du socialisme, les entreprises d’État, mastodontes peu rentables, sont à leur tour dans le collimateur des réformes et menacées de fermeture, au prix de millions de licenciements et d’une montée du mécontentement social. Alors que frappe la crise asiatique, la croissance à deux chiffres n’est plus là pour absorber les licenciements et le régime semble moins que jamais enclin à assouplir son autorité.
La Chine célèbre vendredi prochain le vingtième anniversaire d’une réunion cruciale du Parti communiste chinois (PCC) qui devait lancer les réformes économiques de Deng Xiaoping et changer la face du pays en l’ouvrant sur le reste du monde. Du 18 au 22 décembre 1978, le troisième plénum du XIe Comité central donnait l’avantage aux réformateurs de Deng face aux conservateurs de Hua Guofeng, le dauphin choisi deux ans plus tôt par Mao Tsétoung avant sa mort. Le plénum jetait aux orties vingt années d’excès maoïstes, du «Grand Bond en Avant» (1958-59) à la «Révolution Culturelle» (1966-76), qui avaient fermé la Chine et anéanti son économie. Le changement dans l’équilibre du pouvoir allait lancer une expérience inédite à la surface du globe: l’abandon du collectivisme avec maintien d’un régime...