Le gouvernement de M. Sélim Hoss pourrait être celui qui signera un accord avec Israël au cas où le président américain, M. Bill Clinton, réussirait lors de sa visite historique en Israël et à Gaza, à pousser les deux parties à appliquer intégralement les arrangements de Wye Plantation, ce qui permettrait de débloquer les négociations sur les volets libanais et syrien, selon des sources politiques informées. M. Clinton a redoublé d’efforts pour tenter de faire aboutir le processus de paix avant la fin de son mandat et même avant que son Administration ne concentre son énergie sur la préparation des prochaines élections présidentielles. Son but étant d’investir un éventuel succès au Proche-Orient dans la bataille électorale. Le Premier ministre israélien, M. Benjamin Netanyahu, essaye pour sa part de torpiller les efforts de M. Clinton, surtout si celui-ci veut l’obliger à présenter des concessions qui risqueraient de l’embarrasser devant son électorat et qui pousseraient les partis religieux nationalistes à rompre leur alliance avec lui. Pour entraver l’action de l’Administration américaine, M. Netanyahu accentue ses pressions afin que le Congrès poursuive le processus de destitution du président Clinton. Ce dernier contre-attaque en essayant d’enregistrer des succès diplomatiques pour les États-Unis, en imposant aux protagonistes des accords de paix préservant les intérêts vitaux de son pays. De son côté, le Premier ministre israélien n’a toujours pas dévié de son objectif qui est de réaliser la sécurité promise à son électorat. Il est prêt, pour cela, à ne pas céder aux pressions américaines et à affronter le président Clinton s’il ne l’aide pas à obtenir de l’Autorité palestinienne un arrêt total de la violence. Après avoir atteint son objectif en Cisjordanie, poursuivent les mêmes sources, M. Netanyahu s’occupera alors du second dossier chaud : le Liban-Sud. Il provoquera une montée de la tension comme il a déjà commencé à le faire à travers les raids fictifs au-dessus de Beyrouth et des autres villes. Les «bangs» des avions israéliens passant le mur du son à basse altitude ont semé la panique et créé un malaise chez la population. M. Netanyahu, qui veut garantir la sécurité à la frontière nord de son pays, n’est pas pressé de conclure un accord de paix avec le Liban et la Syrie, d’autant que la situation est très stable dans le Golan. Sa priorité est de trouver une solution au guêpier du Liban-Sud. Et il fait assumer au gouvernement libanais le retard dans la conclusion d’arrangements séparés d’un éventuel accord de paix. Le Liban, pour sa part, ne peut pas garantir la sécurité à la frontière nord d’Israël tant que le problème du Golan n’est pas réglé. La sécurité est en effet une responsabilité commune de Beyrouth et de Damas et constitue une des principales raisons de la concomitance des volets libanais et syrien. Les États-Unis font preuve de compréhension à l’égard de la position du Liban. C’est pour cela qu’ils insistent pour une reprise des négociations sur les volets libanais et syrien pour aboutir à une paix globale, ou du moins, pour obtenir un retrait simultané et par étapes des troupes israéliennes du Liban-Sud et du Golan. La conception israélienne est différente : l’État hébreu tente de séparer sur le plan sécuritaire les volets libanais et syrien, quitte à ce qu’un éventuel accord de paix soit signé ultérieurement et simultanément. La priorité absolue de M. Netanyahu est en effet d’arrêter l’hémorragie au Liban-Sud. La paix, quant à elle, pourra attendre. La politique de l’État hébreu n’a pas toujours été ainsi. Lors des négociations bilatérales de Washington, les Israéliens liaient un éventuel retrait du Liban-Sud à la conclusion d’un accord de paix. En d’autres termes, Israël estimait que la mise en œuvre de la résolution 425 ne pouvait pas intervenir indépendamment de la 242. Beyrouth, pour sa part, pensait que les deux résolutions n’étaient pas liées et que la 425 pouvait être appliquée avant la 242 et la 338. Toutefois, lorsque Tel-Aviv a brandi le slogan de la sécurité avant la paix, Beyrouth et Damas ont vu que leur intérêt était de lier la mise en œuvre inconditionnelle de la 425 et l’application de la 242 qui concerne non seulement le retrait des territoires arabes, mais également le problème des réfugiés palestiniens. .
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