La carrière d’un aigrefin qui vivait grand train grâce aux crédits consentis par des établissements bancaires trompés par une kyrielle de titres fantaisistes, s’est terminée devant un juge parisien. Depuis son retour l’an dernier en France, via l’Italie, après une fuite de deux ans au Canada, l’homme se faisait appeler Guiseppe Margareci ou le vicomte del Campo del Camara. Il disposait d’un «vrai-faux» passeport français – issu d’un lot détourné par une secrétaire de la préfecture des Hauts-de-Seine –, mais aussi d’un passeport et d’un certificat de nationalité canadiens établis sous des fausses identités. Il avait aussi une carte d’identité et un permis de conduire italiens, une dizaine de diplômes vierges de l’université des Arts et sciences de Montréal et même de fausses déclarations d’imposition fantaisistes. Ses cartes de visite et son papier à en-tête cumulaient les titres: PDG d’une société de presse et de communication canadienne – totalement inconnue – directeur d’un département d’une université américaine, psychanaliste et professeur en la matière. Rolls Royce et Maserati Mais il était aussi recteur d’une «université libre des sciences humaines de Paris» et vice-président de «l’Institut international de psychanalyse». Deux titres réels: il avait créé ces deux associations avec une amie et complice, elle aussi poursuivie. Son «université libre» avait d’ailleurs essaimé au Canada, mais aussi à Bruxelles, Los Angeles et Dakar. Avec un tel CV, Tadji Benchetati, 61 ans, a réussi, en un an, à escroquer au moins quatre banques et 11 établissements de crédits à la consommation. Avec cet argent, il a acheté une maison, un appartement à Paris, une Rolls Royce Silver Shadow, une Maserati, une Safrane et une Mercedes 300 – acquise à un chanteur connu. Il négociait l’achat d’un château dans l’Eure. Ses seuls crédits à la consommation atteignaient 850 000 FF de remboursement annuel, dit la police. Dans les 10 jours précédant son arrestation, il a dépensé 130 000 FF «en faux-frais». «Pour l’instant, on en est à un million de FF de préjudices, mais ce n’est qu’un début. Le dossier va être repris par un service financier de la police», a dit un enquêteur de la Brigade de répression du banditisme (BRB) qui l’a arrêté. Benchetati faisait l’objet d’un mandat d’arrêt après une première condamnation dans un dossier similaire qui l’avait contraint à fuir le territoire français. Il a été mis en examen pour «faux documents administratifs et usage», «faux simples et usage», «tentatives d’escroquerie et escroqueries». Outre sa compagne, un comparse faussaire a également été mis en examen.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La carrière d’un aigrefin qui vivait grand train grâce aux crédits consentis par des établissements bancaires trompés par une kyrielle de titres fantaisistes, s’est terminée devant un juge parisien. Depuis son retour l’an dernier en France, via l’Italie, après une fuite de deux ans au Canada, l’homme se faisait appeler Guiseppe Margareci ou le vicomte del Campo del Camara. Il disposait d’un «vrai-faux» passeport français – issu d’un lot détourné par une secrétaire de la préfecture des Hauts-de-Seine –, mais aussi d’un passeport et d’un certificat de nationalité canadiens établis sous des fausses identités. Il avait aussi une carte d’identité et un permis de conduire italiens, une dizaine de diplômes vierges de l’université des Arts et sciences de Montréal et même de fausses ...