Rénovation de rues, de places, de ponts, ravalement de monuments, d’églises et d’immeubles, modernisation des transports, création de parkings, restructuration de parcs et même d’hôpitaux: pas moins de 1 200 chantiers ont été ouverts à Rome à l’occasion du jubilé de l’an 2000. Maurizio Pucci, qui dirige la coordination des travaux dans la Ville éternelle, précise tout de suite que «seuls» 286 chantiers concernent directement le jubilé. «Les autres ont été décidés par les administrations locales en dehors de ce grand événement pour lequel sont attendus quelque 26 millions de visiteurs», indique M. Pucci dans son bureau, situé à deux pas du château Saint-Ange et non loin du Vatican. Parmi ces autres chantiers figure un auditorium conçu par l’architecte Renzo Piano qui verra le jour au nord de la ville et intégrera les ruines d’une antique villa romaine découverte durant les travaux. «Tout sera prêt pour le rendez-vous de l’an 2000, les retards ont été rattrapés», assure M. Pucci avant de souligner que le budget de 1 500 milliards de lires (909 millions de dollars) débloqués par l’État pour Rome ne sera pas dépassé. La Ville éternelle n’avait pas connu de tels travaux, qui emploient quelque 20 000 personnes, depuis la période fasciste, selon Federico Pastorelli, un architecte travaillant avec M. Pucci. Avec un brin d’ironie, le jeune architecte a apposé contre la porte de son bureau une affiche où l’on peut lire: «Ne pas déranger, nous sommes en train de construire une nouvelle ville». L’objectif, selon M. Pucci, est de rendre «la ville plus pratique et plus belle». Les plus célèbres sites de Rome sont en cours de restauration comme la Basilique Saint-Pierre, le Colisée, les jardins de la Villa Borghese, la piazza del Popolo, tandis que d’autres sont déjà rénovés à l’instar de la Galerie Borghese ou de la place du Panthéon. Le revers de la médaille sont les désagréments pour les habitants et les touristes dont le nombre a dépassé 14 millions en 1997. «Inconvénients aujourd’hui»… Sur un immense panneau, installé contre des échafaudages du palais Venezia, sur la place du même nom et déjà en partie ravalé, un message du maire de Rome, Francesco Rutelli, annonce: «Les inconvénients aujourd’hui, une ville meilleure demain». Les Romains restent les premiers touchés par ces travaux, petits ou grands, qui ont pullulé ces derniers mois avec leur cohorte d’échafaudages sur les trottoirs, de rues fermées, d’inversions de sens rendant encore un peu plus chaotique la circulation en ville. «Les désagréments majeurs sont pour cette année et l’an prochain à cause des chantiers», souligne M. Pastorelli. «En l’an 2000, la situation sera meilleure, excepté peut-être durant la vingtaine de rassemblements prévus par le Vatican, dont celui des Journées mondiales de la jeunesse, en août, où 2 millions de personnes sont attendues», a indiqué M. Pastorelli, reconnaissant la carence d’emplacement adapté pour un tel rassemblement. Certains habitants, notamment ceux des quartiers autour de la Basilique Saint-Pierre où 31 chantiers ont été ouverts, envisagent déjà un scénario apocalyptique pour le jubilé avec l’afflux quotidien de pèlerins et de cars. Actuellement, selon l’Agence romaine pour la préparation du jubilé, 600 à 900 cars circulent chaque jour en haute saison touristique dans la ville. Ces chiffres sont destinés à doubler en l’an 2000, voire à tripler lors des manifestations organisées par le Vatican. L’agence a préparé un plan, qui doit être encore approuvé par la mairie, visant à limiter dans le centre-ville la circulation des cars qui devront se garer dans des parkings dispersés dans Rome, dont certains dans le centre comme celui en construction sous la colline du Janicule.
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