La famine qui a touché plusieurs centaines de milliers de personnes l’été dernier au sud du Soudan a été surmontée, mais les humanitaires redoutent une nouvelle crise en l’absence de progrès dans le règlement de la guerre civile qui ravage ces régions depuis quinze ans. «Il y a une amélioration importante, le nombre de personnes admises dans les centres nutritionnels est en diminution», affirme Gillian Wilcox, porte-parole de l’opération Lifeline Soudan (OLS), mise en place par les Nations unies pour organiser l’assistance. «Le gros de la crise est passée mais les taux de malnutrition restent importants et on ne peut pas dire encore que la famine est finie», indique pour sa part Malini Morzaria, porte-parole de Médecins sans frontières (MSF). La région d’Ajiep, dans le Bahr el-Ghazal, concentre toujours de nombreux déplacés mal nourris, où les inondations ont rendu inutilisable le terrain d’atterrissage permettant l’acheminement de l’aide. Ailleurs, les récoltes en cours viennent s’ajouter aux milliers de tonnes de nourriture fournies par le Programme alimentaire mondial (Pam). Selon une récente étude de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la récolte 1998 sera, avec 537 000 tonnes de céréales, deux fois plus élevée que l’an dernier. Mais le Sud conservera un déficit en céréales et l’aide devra continuer, notamment dans la région du Bahr el-Ghazal, la plus touchée par la famine. «Tout le monde n’a pas accès aux récoltes, indique un responsable du Pam, Jean-François Darcq. La moitié de la population du Bahr el-Ghazal a été déplacée. Ces personnes n’ont pas pu planter. Nous allons donc devoir continuer à les aider jusqu’à la prochaine récolte», en octobre 1999, ajoute-t-il. Le Pam, qui a mobilisé jusqu’à 18 avions pour le sud du Soudan, le plus vaste pays d’Afrique, va diminuer légèrement sa flotte mais conserver l’essentiel de son dispositif. Pour limiter les détournements, l’agence maintient en permanence des représentants dans les lieux de distribution, dont elle a augmenté la fréquence. Mais les efforts déployés à grand prix par les humanitaires risquent d’être réduits à néant en cas de reprise des combats, suspendus depuis le 15 juillet dans le Bahr el-Ghazal. La semaine dernière, à Rome, représentants de la guérilla sudiste et du gouvernement de Khartoum se sont mis d’accord sur une série de mesures destinées à faciliter l’assistance aux populations. Ils ont défini les modalités pratiques de la mise en place de corridors permettant d’acheminer l’aide par route et par train, et ont pris des dispositions améliorant la sécurité des humanitaires. Ils n’ont en revanche pas décidé de prolonger ni d’élargir la trêve, théoriquement en vigueur jusqu’au 15 janvier dans le Bahr el-Ghazal.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La famine qui a touché plusieurs centaines de milliers de personnes l’été dernier au sud du Soudan a été surmontée, mais les humanitaires redoutent une nouvelle crise en l’absence de progrès dans le règlement de la guerre civile qui ravage ces régions depuis quinze ans. «Il y a une amélioration importante, le nombre de personnes admises dans les centres nutritionnels est en diminution», affirme Gillian Wilcox, porte-parole de l’opération Lifeline Soudan (OLS), mise en place par les Nations unies pour organiser l’assistance. «Le gros de la crise est passée mais les taux de malnutrition restent importants et on ne peut pas dire encore que la famine est finie», indique pour sa part Malini Morzaria, porte-parole de Médecins sans frontières (MSF). La région d’Ajiep, dans le Bahr el-Ghazal, concentre toujours de...