La Banque du Liban (BDL) a prolongé le statu quo encore cette semaine sur le marché des changes de Beyrouth en maintenant ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente du dollar en l’état, entre 1 502,00 et 1 515,00 LL, pour le faire clôturer tous les jours invariablement au taux moyen indicatif de 1 508,50 LL, comme depuis la mi-octobre. Mais, en raison de l’abondance relative de l’offre et le peu d’intérêt manifesté par les particuliers à la demande du dollar, celui-ci devait être pratiquement négocié dans les transactions interbancaires bien au-dessous de ce taux indicatif et tout près du bas de la fourchette d’intervention de la BDL, soit entre 1 502,00 et 1 502,25 LL et très passagèrement mardi entre 1 502,50 et 1 503,00 LL, ont indiqué les cambistes de la place. Pour ce qui est de l’activité du marché, elle s’est développée par moments pour atteindre cette semaine quelque 65 millions de dollars contre 50 millions la semaine dernière, en grande partie absorbés par la BDL à 1 502,00 LL. Dollar soutenu à l’étranger À l’étranger, le dollar a retrouvé des couleurs face aux principales devises cette semaine sur les marchés des changes internationaux, dopé par des records historiques de Wall Street et par des statistiques encourageantes sur l’économie américaine. La semaine avait commencé dans l’euphorie avec une emballée du marché américain des actions qui a poussé l’indice Dow Jones lundi à un plus haut historique de 9 374,27 points. La Bourse de New York s’est par la suite légèrement repliée avant de fermer jeudi pour le Thanksgiving Day, mais le dollar a résisté, soutenu par de bons chiffres économiques qui rendent moins probable, selon les analystes, une nouvelle réduction des taux d’intérêt aux États-Unis avant la fin de l’année. Les économistes ont surtout bien accueilli la progression de l’indice de confiance des consommateurs américains qui a regagné 6,7 points en novembre, inversant ainsi une tendance négative. Par ailleurs, la révision à la hausse du produit intérieur brut (PIB) américain à 3,9 % au 3e trimestre 1998, contre 3,3 % anticipés auparavant, est venue aussi éloigner les risques de récession de l’économie aux États-Unis que certains analystes craignaient pour l’année prochaine. Ainsi, alors qu’il y a quelques semaines encore, le moral des investisseurs était au plus bas, la confiance semble être revenue sur les marchés. Mais les opérateurs ont tout de même fait preuve de prudence ces derniers jours, beaucoup craignant que la récente reprise de Wall Street soit exagérée. La méfiance des cambistes a ainsi limité la progression du dollar qui s’est tout de même finalement apprécié, les choses ayant mal tourné pour le yen et pour le deutsche mark à la fin de la semaine. La récente annonce d’une coalition au Japon entre le Parti libéral démocrate au pouvoir et le Parti libéral avait laissé entrevoir une possible diminution de la taxe à la consommation. Ces espoirs ont été déçus cette semaine, le gouvernement nippon n’ayant fait aucun signe dans ce sens. De plus, le ministre des Finances japonais, Kiichi Miyazawa, menace désormais de démissionner. Ce dernier a fait part hier de son intention de quitter prochainement son poste, après quatre mois à la tête de ce prestigieux département. Quant à l’économie japonaise, elle ne donne toujours pas de signes de reprise, si l’on se fie aux dernières statistiques publiées hier, sur la production industrielle et le chômage. Du côté des devises européennes, les spéculations sur une baisse des taux d’intérêt avant la fin de l’année dans les principaux pays de la zone euro continuent de peser sur le deutsche mark et les monnaies qui lui sont attachées. Les propos tenus hier par le président de la Banque centrale européenne (BCE) Wim Duisenberg, selon lesquels la déflation n’était pas un risque sérieux pour la stabilité des prix dans la zone euro, n’ont pas pour autant affecté la bonne tenue du dollar face à la devise germanique. Quant au sterling, il s’est ressenti de l’enquête de conjoncture pessimiste de la Confédération de l’industrie britannique (CBI) qui a poussé certains analystes à revoir leurs prévisions et parier sur une nouvelle baisse des taux d’intérêt britannique le mois prochain. Dans ce contexte, le dollar, revigoré par tous ces facteurs, a achevé la semaine hier, à New York, en comparaison avec la fin de la semaine dernière, sur un ton soutenu, comme suit : – 1,6535 pour un sterling contre 1,6650 – 1,7126 DM contre 1,6927 – 5,7450 FF contre 5,6746 – 1,4133 FS contre 1,3942 – 1 695,00 lires contre 1 674,50 – 123,03 yens contre 120,30. Bourse de Beyrouth : léger mieux Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth a été marquée cette semaine par un regain d’intérêt pour la Bank of Beirut qui a acheté la Transorient Bank pour un montant de 70 millions de dollars dont les actions ont regagné quelque 4,31 %. Cette hausse ainsi que celle de Lebanon Holdings l’ont emporté en importance sur la baisse de la Bank Byblos, de Rymco, des Ciments libanais et d’Uniceramic, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote avec le maintien de Solidere, la Banque Audi et la Banque libanaise pour le commerce et l’Éternit en l’état. En effet, l’indice général LISPI a achevé la semaine en hausse de 0,10 % à 88,04 points contre 87,95 points à la fin de la semaine dernière, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a progressé de 0,44 % à 195,45 points contre 194,59 points pendant la même période. Pour ce qui est de l’activité de la cote, elle s’est légèrement développée cette semaine, totalisant 557 465 actions d’une valeur globale de 2 760 766 dollars contre 367 174 actions d’une valeur globale de 2 184 280 dollars la semaine dernière. Wall Street : en hausse de 1,89 % Wall Street a achevé la semaine hier en hausse au terme d’une séance écourtée au lendemain de la fête de Thanksgiving et marquée par la confirmation des négociations en vue d’une fusion entre les deux géants pétroliers Exxon et Mobil. Sur la semaine, le Dow Jones des 30 vedettes industrielles était en hausse de 1,89 % à 9 333,08 points, l’indice composite Nasdaq de 4,57 % à 2 016,44 points et le Standard and Poor’s, 500, de 2,47 % à 1 192,29 points. Parmi les titres les plus travaillés, figuraient Exxon et Mobil avec Chevron et Texaco dans le secteur pétrolier, ainsi que les valeurs de la haute technologie et du secteur financier stimulé par la fusion entre Deutsche Bank et Bankers Trust. Paris: sous l’influence des restructurations Espoirs de baisse des taux d’intérêt européens avant ou après l’avènement de l’euro et grandes manœuvres industrielles en Europe et aux États-Unis ont, cette semaine, permis à la Bourse de Paris de franchir une nouvelle étape de hausse malgré les signes de ralentissement de l’économie française. L’indice CAC 40 a gagné 150 points, soit une hausse de 3,9 % en huit jours. Depuis le début de l’année, la hausse atteint 31,75 % contre 47 % le 20 juillet (jour du record absolu). Le 8 octobre en revanche, point le plus bas de l’année, en pleine tourmente financière, le marché par rapport au début de l’année avait perdu 1,3 % par rapport au début de l’année. La liquidation de novembre, qui avait lieu lundi, s’est soldée par un gain de 13,32 % après une hausse de 1,55 % le mois précédent. Il reste donc 11,58 % à gagner pour revenir au sommet (4 404 points) de juillet. Cet objectif est à portée de main pour certains analystes, mais à la lecture des dernières statistiques économiques européennes qui reflètent un net ralentissement des affaires, la plupart des experts boursiers prêchent la prudence, sans toutefois sombrer dans le pessimisme. Pour un expert réputé de la place, les perspectives de croissance et de résultats des sociétés sont incertaines. Les prévisions dans ce domaine pêchent pas excès d’optimisme aussi bien en Europe qu’aux États-Unis, a-t-il estimé. Londres : marché soutenu La Bourse de Londres a retrouvé cette semaine ses niveaux de fin juillet encouragée par un record historique lundi à Wall Street, et gagné 1 % par rapport à la semaine précédente grâce à une vague de fusions et la relance de spéculations sur une baisse des taux britanniques. L’indice Footsie des cent principales valeurs a progressé sur la semaine de 126,7 points à 5 844,2 points. Plusieurs projets majeurs américains ont contribué à soutenir la tendance, le clou étant celui des pétroliers Mobil et Exxon après le rachat envisagé de la Banque américaine Bankers Trust par l’allemande Deutsche Bank et celui de Netscape effectué par America Online assorti d’une alliance commerciale avec Sun Microsystems. Vendredi, l’annonce surprise de Barclays sur la démission de son directeur général Martin Taylor et une révision de bénéfice annuel plus faible ont pesé sur les cours, de même qu’un avertissement de Standard Chartered pour ses résultats au deuxième semestre. Mais la progression de Wall Street et la confirmation des discussions entre Mobil et Exxon ont redressé la situation. Francfort : fin de mois euphorique La Bourse de Francfort a terminé le mois de novembre sur les chapeaux de roues, la fermeté du dollar, Wall Street et les fusions dans la chimie et la banque propulsant l’indice vedette au-dessus de la barre des 5 000 points. L’indice X-DAX du marché életronique, par où transitent deux ordres sur trois à Francfort, a terminé vendredi à 5 159,21 points, soit un gain de 5 % par rapport au 20 novembre. Sur le marché à la criée, le DAX a grimpé un peu moins : +4,2 % à 5 121,48 points. Lundi, Francfort a applaudi la stratégie d’agrandissement suivie par les grandes banques allemandes Deutsche Bank et Dresdner Bank (+2,3 %). Mardi, les investisseurs ont pris leurs bénéfices (-1,39 %). Après une séance calme mercredi (+0,04 %), le DAX a enregistré une confortable poussée de 2,25 % dans des volumes minces. Vendredi, la Bourse allemande finissait sur une nouvelle poussée de 1,80 % dans le sillage de l’ouverture de Wall Street. La vague d’achats est soutenue par des liquidités plus importantes, a souligné la Commerzbank dans un rapport hebdomadaire. En un mois, les actionnaires ont vu leurs portefeuilles reprendre environ 10 % de leur valeur, effaçant une bonne partie des pertes de l’été. Les cours restent quand même 20 % en dessous des sommets de juillet, a nuancé la Commerzbank. Tokyo Les actions japonaises devraient rester fermes dans les semaines à venir, les craintes d’un effondrement du marché s’éloignant progressivement, estiment les opérateurs. «Les actions de Tokyo sont en cours de redressement grâce aux nouvelles hausses à New York, à l’absence de raisons de vendre et aux espoirs placé dans les politiques» économiques qui viennent d’être annoncées, a estimé Masaaki Higashida de chez Nomura Securities Co. Ltd. Sur la semaine écoulée, le Nikkei-225 a progressé de 2 %, ou 289,45 points, à 15 069,39. Le Premier ministre Keizo Obuchi a lié vendredi son sort politique à la reprise de la croissance dès l’an prochain lors d’une déclaration de politique générale à la Diète.
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