La reprise espérée pour l’automne par le gouvernement japonais tarde à se matérialiser, la rafale d’indicateurs publiés vendredi pointant tous au contraire en direction d’une dégradation supplémentaire. Production industrielle en baisse, recul de la consommation, chômage à des niveaux records, prix étales: les ingrédients classiques d’une déflation sont réunis dans les dernières statistiques économiques publiées par Tokyo. Les chiffres du produit intérieur brut (PIB) pour le troisième trimestre, qui seront publiés jeudi, devraient montrer que le gigantesque plan de relance de 16 600 milliards de yens (138 mds de dollars) annoncé au printemps n’a pas permis de sortir l’archipel de sa plus grave récession depuis la guerre. Les économistes s’attendent à ce que la croissance de la deuxième puissance économique mondiale soit négative, pour le quatrième trimestre consécutif. Ils tablent sur un recul du PIB compris entre -0,3% et -1,2%. L’activité avait déjà baissé, en termes réels, de 0,4% au quatrième trimestre 1997, de 1,3% au premier trimestre 1998 et de 0,8 % au deuxième trimestre 1998. Selon l’adjoint au directeur du Fonds monétaire international (FMI) pour l’Asie-Pacifique David Nellor, l’économie japonaise pourrait se contracter de 3,0 % cette année et stagner l’an prochain. En septembre, le FMI tablait encore sur une baisse de 2,5 % du PIB en 1998 suivie d’une hausse de 0,5 % en 1999. La production industrielle en baisse Vendredi, le ministère du Commerce international et de l’industrie (MITI) a annoncé que la production industrielle s’était de nouveau affaissée en octobre (-1,2 %), après son vigoureux rebond de septembre (+3,3 %). Et une nouvelle dégradation, plus forte qu’attendue jusqu’ici, est prévue en novembre (-1,5 %). Le mois dernier, la proportion de Japonais à la recherche d’un emploi est également restée au niveau record de 4,3 % de la population active, pour le troisième mois consécutif. 2,9 millions de Japonais étaient alors au chômage, ce qui correspond à une augmentation de 23 % en un an. Dans un pays qui s’est longtemps flatté de son système d’emploi à vie, il est frappant qu’un tiers des demandeurs d’emploi (soit 940 000 personnes) ont été contraints à quitter leur emploi. Traditionnellement, les restructurations industrielles se font dans l’archipel sans recourir aux licenciements et une telle proportion est inédite dans l’histoire récente. Le ministère du Travail a par ailleurs indiqué que 48 offres d’emploi étaient recensées pour 100 demandes le mois dernier, contre 49 en septembre. Le ministère a précisé qu’il s’agissait là du plus bas niveau des offres d’emploi jamais enregistré depuis qu’il compile cette statistique (1963).
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La reprise espérée pour l’automne par le gouvernement japonais tarde à se matérialiser, la rafale d’indicateurs publiés vendredi pointant tous au contraire en direction d’une dégradation supplémentaire. Production industrielle en baisse, recul de la consommation, chômage à des niveaux records, prix étales: les ingrédients classiques d’une déflation sont réunis dans les dernières statistiques économiques publiées par Tokyo. Les chiffres du produit intérieur brut (PIB) pour le troisième trimestre, qui seront publiés jeudi, devraient montrer que le gigantesque plan de relance de 16 600 milliards de yens (138 mds de dollars) annoncé au printemps n’a pas permis de sortir l’archipel de sa plus grave récession depuis la guerre. Les économistes s’attendent à ce que la croissance de la deuxième puissance...