La demande privée du dollar s’est contractée hier, à Beyrouth, entraînant un ralentissement de l’offre dans un marché toujours dominé par l’action de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en maintenant ses deux taux d’intervention inchangés entre 1502,00 LL à l’achat et 1515,00 LL à la vente du billet vert, est parvenue ainsi à le faire clôturer invariablement au taux moyen indicatif de 1508,50 LL, comme depuis la mi-octobre. De leur côté, les établissements de crédit ont continué de négocier le dollar au point inférieur d’intervention de la BDL et rarement en dehors d’elle en l’absence de contreparties valables à l’achat à ce prix, ont indiqué les cambistes de la place. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires de la journée d’hier n’aurait pas dépassé quelque huit millions de dollars, presqu’entièrement absorbés par la BDL à 1502,00 LL. Fermeté du dollar en Europe À l’étranger et en l’absence d’indications en provenance des États-Unis, en chômage officiel pour le Thanksgiving Day, les marchés des changes internationaux ont fonctionné au ralenti hier. Quant au dollar, il a continué à faire l’objet d’une certaine demande spéculative contre le yen toujours affecté par les mauvais fondamentaux de l’économie japonaise. Pour ce qui est des devises européennes, le sterling s’est passagèrement ressenti de la publication d’un rapport pessimiste sur l’économie par la Confédération des industries britanniques (CBI), relançant les spéculations sur une nouvelle réduction des taux d’intérêt par la Banque d’Angleterre. Il en est de même du deutschemark qui commence à souffrir des perspectives de baisse des taux européens après que la Banque centrale européenne (BCE) eut annoncé qu’elle tiendrait une conférence de presse mardi 1er décembre à l’issue de la réunion de son organe de décision, le conseil des gouverneurs, sur la politique monétaire de la zone euro à partir du 1er janvier 1999. À cet égard, le président de la Bundesbank, Hans Tietmeyer, a indiqué qu’un changement éventuel de la politique de taux en Allemagne dépendrait de l’analyse faite par la BCE en décembre. Le gouverneur de la Banque de France, Jean-Claude Trichet, a tenu des propos similaires, réveillant les craintes des marchés des changes en une détente monétaire en Allemagne et en France, où les taux comparables sont fixés à 3,30 % depuis octobre 1997. Eu égard à ces considérations, nombres d’opérateurs européens ont estimé hier, devoir ajuster leurs positions en devises sans pour autant prendre de nouvelles initiatives d’envergure. En effet, le dollar s’est négocié en clôture à Londres, sur un ton soutenu, comme suit : – 1,6560 pour un sterling contre 1,6600 la veille, à New York. – 1,7045 DM contre 1,7035. – 5,7165 FF contre 5,7125. – 1,4090 FS contre 1,4085. – 1687,65 lires contre 1686,00. – 122,38 yen contre 121,75. Bourse de Beyrouth : marché soutenu par la Bank of Beirut Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth a fonctionné hier, sous le signe de la hausse de la Bank of Beirut, dans un contexte de stabilité sur le restant de la cote qui a été animé par un regain d’activités sur les Ciments libanais et la Banque Byblos. En effet, l’indice général LISPI a augmenté de 0,13 % à 88,10 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires de 0,22 % à 195,45 points. Ces développements se sont produits hier, dans un volume d’affaires relativement étoffé par une application hors-Bourse sur 138 000 actions des Ciments libanais, portant la quantité des actions échangées à 327 034 pièces d’une valeur globale de 774 604 dollars. Paris : grande fermeté Alors que Wall Street était en congé, la Bourse de Paris était très ferme jeudi, animée par des rumeurs de rapprochement dans le secteur bancaire et pétrolier notamment. En hausse de 0,70 % à l’ouverture, l’indice CAC 40 a franchement terminé la séance au dessus des 3 900 points, à 3 915,53 points (+1,71 %) soit son meilleur niveau depuis le 26 août dernier. Depuis le début de l’année la hausse atteint 30,57 %. Le marché était calme, ne bénéficiant pas des ordres en provenance des États-Unis. Wall Street était fermée en raison du Thanksgiving Day. Le volume des échanges s’est élevé sur le marché à règlement mensuel à 10,3 milliards de francs. Le dollar était bien orienté à 5,713 FF à Paris. La hausse du marché s’est développée en dépit de statistique économiques qui reflètent un ralentissement de l’économie française. La consommation des ménages en produits manufacturés a reculé de 0,7 % en octobre en raison d’une chute dans le secteur automobile après une progression de 1,9 % en septembre (révisé), selon l’INSEE. Parallèlement l’Institut a publié les chiffres de la croissance au troisième trimestre 1998 montrant une hausse de 0,5 % par rapport au trimestre précédent, après +0,8 % au deuxième. Enfin, les industriels français prévoient une très nette dégradation du climat économique dans les mois à venir, selon une autre étude de l’INSEE. Malgré ces signes de ralentissement qui avaient été escomptés par la plupart des analystes, la Caisse des dépôts et consignations continue à être optimiste. Dans ses prévisions boursières, elle estime que le CAC 40 est aujourd’hui sous évalué en raison des meilleures perspectives de croissance (progression du PIB de 2,9 % en 1998 et de 2,5 % 1999) et d’une stabilité des taux à long terme autour de 4 % dans les six mois. La Caisse des dépôts s’attend donc à des bénéfices par action (BPA) très favorables, avec un taux de croissance de 13 % pour 1998 et 1999. A un horizon de six mois, la CDC indique prévoir un CAC 40 à 4 100 points. Jeudi, le Financial Times indiquait que la première compagnie pétrolière américaine Exxon pourrait prendre le contrôle du numéro deux américain Mobil, pour constituer le premier groupe pétrolier mondial. Ce serait la plus grande fusion industrielle de l’histoire tous secteurs confondus, selon le Financial Times, créant un groupe d’une capitalisation boursière de quelque 236 milliards de dollars. Londres : clôture en hausse La Bourse de Londres a clôturé jeudi en hausse, restant ferme au dessus du seuil retrouvé de 5 800 points grâce à la relance des espoirs de baisse prochaine des taux d’intérêts. À la fermeture du marché, l’indice Footsie des cent principales valeurs gagnait 72,6 points à 5 827,9 points, soit une progression de 1,26 %. Soixante-cinq valeurs ont terminé en hausse et 33 en baisse. Sur le marché à terme du Liffe, le contrat pour décembre sur le Footsie achevait la journée à 5 850 points contre 5 776 points la veille. Les espoirs de baisse des taux à la prochaine réunion du comité monétaire de la Banque d’Angleterre, les 9 et 10 décembre, ont été relancés par la publication d’un rapport pessimiste de la Confédération des industries britanniques (CBI), la principale organisation patronale britannique. Zurich : nette reprise La Bourse suisse s’est reprise jeudi après deux séances de baisse, l’indice des valeurs vedettes Swiss Market Index (SMI) gagnant 105,30 points à 7 161,10, soit une hausse de 1,49 %. L’indice élargi Swiss Performance Index (SPI) a progressé de 64,63 points à 4 502,80 (+1,46 %). Les valeurs bancaires ont été soutenues par des rumeurs de fusion sur le marché allemand. Des spéculations concernant les stratégies que pourraient adopter les banques suisses ont ainsi été ravivées, selon les opérateurs. UBS a gagné 11,50 FS à 432 (+2,73 %), et Crédit Suisse Holding 9 FS à 245 (+3,81 %). Tokyo : Soutenue par la chasse aux bonnes affaires La Bourse de Tokyo a terminé en hausse de 0,9 % jeudi, grâce à une chasse aux bonnes affaires menée par des investisseurs étrangers qui a compensé les prises de bénéfices et les dénouements de participations croisées. L’indice Nikkei des valeurs vedettes a gagné 134,30 points pour finir à 15 207,77 points. La veille, il avait cédé 0,6 %. L’indice général Topix a lui gagné 10,91 points à 1 164,59 points. Le volume d’échange a légèrement reculé avec 499 millions de titres contre 505,14 millions la veille. 826 titres ont fini en hausse, 372 en baisse et 105 inchangés. La séance a été irrégulière, l’indice ouvrant en hausse sur des achats à bon compte, avant de passer plusieurs fois brièvement dans le rouge en raison de prises de bénéfices.
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