Victoire, doublé historique et record à la clé: Laurent Bourgnon (Primagaz) a brillamment racheté, vendredi, une saison en demi-teinte en remportant la 6e Route du Rhum, une transat en solitaire qu’il a trouvée «pas très physique et moins éprouvante» que la précédente. Son passage à la bouée de Basse-Terre, dernière marque du parcours au sud-ouest de la Guadeloupe, avait été salué par les cornes des embarcations présentes sur la zone. Physiquement très frais, «l’équilibriste» a ponctué son entrée dans le canal des Saintes de petites pirouettes sur un flotteur. Après avoir franchi la ligne d’arrivée après 12 jours 8 heures et 41 min de navigation, il a entamé un tour d’honneur dans la marina de Gosier, la station balnéaire de Pointe-à-Pitre, inondée de soleil, escorté par une cinquantaine de bateaux. Pris de court par une arrivée attendue plus tardivement et habitué à des finals plus haletants, le public était plus clairsemé que de coutume. Car si le skipper franco-suisse a épinglé un record supplémentaire à un palmarès déjà fourni, en mettant près de deux jours de moins pour couvrir les 3 530 milles (6 500 km environ) entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre, le suspense n’a guère corsé cette édition. Sur une route proche de l’orthodromie, le chemin théorique le plus court entre la cité corsaire et la capitale guadeloupéenne, le skipper avait pris dès dimanche la tête d’une flotte où, fait rarissime, les sept trimarans favoris répondaient encore à l’appel. Une baleine tue le dernier suspense Aucune des trois dépressions successives essuyées par les multicoques n’avait en effet provoqué les avaries en chaîne qu’on aurait pu craindre, ni la casse redoutée par les trois trimarans fraîchement sortis des chantiers, «Groupama» de Franck Cammas, «La Trinitaine» de Marc Guillemot et «Brocéliande» d’Alain Gautier. Une fois écartées les menaces de Francis Joyon, perdu par une option trop au sud, de Loïck Peyron se recalant trop tard sur la voie médiane, puis de Paul Vatine, qui avait obliqué vers le nord alors qu’il était au contact de Laurent Bourgnon, celui-ci se retrouvait seul face à Alain Gautier et Marc Guillemot, ses futurs dauphins pour le podium. Les deux nouveaux venus sur les multicoques océaniques l’avaient même talonné, mercredi soir, à une trentaine de milles. Ils entretenaient un léger suspense et l’espoir d’une folle régate autour du «papillon» guadeloupéen, les trimarans récents bénéficiant, à conditions de vent identiques, d’une vitesse pure supérieure à Primagaz, mis à l’eau en 1990 mais constamment modifié depuis. Un choc avec une baleine alors que Brocéliande était revenu à 6 milles du leader et une débauche d’énergie payée par un gros coup de barre sonnaient respectivement le glas des espoirs d’Alain Gautier, l’accrocheur, et de Marc Guillemot, le discret. L’enfant prodige de la voile pouvait alors s’envoler seul vers le doublé, mot qu’il se défendra de prononcer jusqu’à la dernière minute. «Ma course n’a pas été gagnée avant que je franchisse la ligne parce qu’il faut tout le temps douter et observer la concurrence. On n’est jamais à l’abri d’une panne matérielle», a-t-il déclaré à son arrivée. L’avarie, un gennaker (voile d’avant) déchiré «sur une petite erreur de ma part», il l’avait pourtant connue en début de semaine mais avait pris soin de la dissimuler «pour ne pas exciter mes camarades», a-t-il expliqué. Enfin, juste avant de virer la bouée de Basse-Terre, son solent s’était déchiré dans une bourrasque, sous les vents tourbillonnants de la Soufrière. Mais il en fallait plus pour entraver sa marche triomphale vers la victoire.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Victoire, doublé historique et record à la clé: Laurent Bourgnon (Primagaz) a brillamment racheté, vendredi, une saison en demi-teinte en remportant la 6e Route du Rhum, une transat en solitaire qu’il a trouvée «pas très physique et moins éprouvante» que la précédente. Son passage à la bouée de Basse-Terre, dernière marque du parcours au sud-ouest de la Guadeloupe, avait été salué par les cornes des embarcations présentes sur la zone. Physiquement très frais, «l’équilibriste» a ponctué son entrée dans le canal des Saintes de petites pirouettes sur un flotteur. Après avoir franchi la ligne d’arrivée après 12 jours 8 heures et 41 min de navigation, il a entamé un tour d’honneur dans la marina de Gosier, la station balnéaire de Pointe-à-Pitre, inondée de soleil, escorté par une cinquantaine de...