Les grandes entreprises européennes du secteur de la défense et de l’aérospatial se sont donné jusqu’à l’été pour trouver un accord sur la restructuration du secteur autour d’Airbus, dont l’une des questions les plus sensibles demeure le rôle de l’Etat français. Ce calendrier ressort d’une déclaration commune des ministres de l’Industrie britannique, français, allemand, italien, espagnol, publiée à Londres. Les ministres, réunis la semaine dernière dans la capitale britannique, ont appelé les industriels à poursuivre leurs efforts pour résoudre «les questions en suspens», et se sont engagés eux-mêmes à y «travailler d’urgence». Ils ont accueilli favorablement la volonté des grandes entreprises du secteur de parvenir à un consensus «entre eux et avec leurs actionnaires d’ici à l’été», a dit la déclaration. Ce processus de réorganisation des industries de la défense découle d’une déclaration tripartite franco-germano-britannique qui, le 9 décembre, avait demandé aux industriels un projet d’intégration de leurs activités de défense pour former un grand groupe autour de la structure d’Airbus. L’Italie et l’Espagne avaient rejoint les trois pays et les ministres de l’Industrie ont demandé mercredi aux Suédois d’y collaborer également. Toutes les entreprises, ont noté les cinq gouvernements, reconnaissent que leur «succès commercial dépend largement de l’intégration complète» du secteur, et que «les parties civiles et militaires doivent être fusionnées». Ils admettent qu’Airbus «est un élément-clé pour une société européenne aérospatiale intégrée» et que «l’intégration doit être aussi rapide et complète que possible». British Aerospace (BAe), premier groupe de défense en Europe, s’est félicité de cette déclaration commune, tout en indiquant que l’appartenance à l’Etat de grandes sociétés françaises, — Aerospatiale, Thomson CSF — demeurait un problème majeur. «Nous avons un problème avec le contrôle de l’Etat français (sur les sociétés). C’est une question sur laquelle la France doit se décider rapidement», a déclaré Charlie Miller, porte-parole de BAe. «Tous les industriels sont d’accord pour dire qu’il ne peut pas y avoir un actionnaire puissant», a-t-il dit. La participation maximale pour un seul actionnaire devrait être de 15%, a-t-il ajouté. En prenant note des souhaits des industriels, la déclaration commune des ministres semble répondre aux préoccupations de BAe. La nouvelle grande entreprise de défense et d’aérospatiale européenne devrait avoir une «direction commune, être gérée selon des principes commerciaux, avoir accès aux marchés de capitaux, être cotée en bourse, et ne pas être dominée par des blocs individuels d’actionnaires», dit le communiqué. «Le travail va maintenant s’intensifier dans les prochaines semaines, afin de trouver un accord d’ici à l’été», a assuré le porte-parole de BAe. Cet objectif ambitieux suscite cependant le scepticisme des experts indépendants. «Je pense que la probabilité que cela se réalise (dans ce calendrier) est très faible», a jugé Chris Abery, analyste pour Paribas Capital Markets à Londres. (AFP)
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