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Actualités - Reportage

Algérie Persistance de la violence et pressions extérieures inopérantes

La situation sécuritaire en Algérie est «complexe» et les sources de violence très «nombreuses», tandis que les pressions extérieures sont pratiquement inopérantes, note l’introduction du rapport de l’institut. «Les pressions extérieures et les appels au dialogue entre le gouvernement et l’opposition ont atteint les limites de ce que les puissances occidentales souhaitent ou sont capables de faire pour modeler les événements et influencer un régime militaire préoccupé par sa quête de légitimité et ses efforts pour empêcher les groupes à dominante islamique de gagner les élections», poursuit l’IISS. Selon ce rapport, il est difficile de trouver des contre-arguments aux accusations selon lesquelles le projet du président algérien Liamine Zeroual ne vise en définitive qu’à préserver le pouvoir de l’élite militaro-politique en empêchant l’opposition islamiste de rééditer sa victoire de 1991. Toujours selon ce rapport, la participation au débat démocratique et au gouvernement n’a été étendue qu’aux partisans traditionnels du régime en place tandis que la masse de la population, et notamment les jeunes, a été marginalisée. Le taux de participation officiel de 69% aux dernières élections a été gonflé pour donner de la crédibilité au processus électoral, et même si l’Algérie dispose de parlementaires authentiques et jouit de possibilités de débat réelles sur certains sujets, la coalition élue ne représente aucun changement par rapport au gouvernement antérieur non élu. Ainsi, même les portefeuilles attribués au MSP (Mouvement de la société pour la paix — islamistes modérés) ne sont en fait que des cadeaux empoisonnés destinés à détourner du RND (Rassemblement national démocratique) le ressentiment populaire. Bilan négatif Le rapport considère que l’Algérie a fait indéniablement des pas vers l’instauration de la pluralité politique mais que l’establishment militaire est plus puissant que jamais et qu’à l’instar de pays comme la Turquie ou le Pakistan, l’Algérie vit, au mieux sous la menace implicite d’un veto des militaires, au pire sous celle d’une intervention militaire. Le rapport se fait l’écho des accusations de fraude électorale estimant qu’elles n’étaient pas toujours injustifiées et rappelle les nombreuses mises en cause des militaires et d’organisations paramilitaires dépendant d’eux dans les massacres de villageois. Il passe en revue les différentes hypothèses sur les responsabilités de ces crimes qui ont fait, selon le rapport, 60.000 morts depuis 1992, et affirme que la vérité «est probablement une combinaison de toutes ces hypothèses, mais la situation est compliquée par un taux particulièrement élevé de criminalité dans une situation particulièrement opaque». Rappelant que le GIA a revendiqué le meurtre de 120 étrangers entre 1993 et 1996, le rapport affirme qu’«il n’y a toujours aucune explication convaincante sur les raisons pour lesquelles les secteurs gaziers et pétroliers ont été épargnés jusqu’ici par la violence». Le rapport dresse à cette occasion un bilan négatif de l’ensemble de l’économie algérienne avec une forte croissance de la dette extérieure et du chômage — 28% et parfois, en zone urbaine, 60% de la population active — mais souligne l’exception notable que constitue un secteur des hydrocarbures en pleine expansion et dans lequel les investissements étrangers et notamment américains — plus de 40 compagnies étrangères — vont croissant tandis que la compagnie nationale, la SONATRACH, jouit d’une excellente réputation. Enfin, le rapport conclut que le test pour l’avenir de l’Algérie sera l’élection présidentielle de l’an 2.000 au cours de laquelle, estime-t-il, il est très peu probable que l’armée n’intervienne si le candidat qui a la faveur des électeurs ne lui convient pas. (AFP)
La situation sécuritaire en Algérie est «complexe» et les sources de violence très «nombreuses», tandis que les pressions extérieures sont pratiquement inopérantes, note l’introduction du rapport de l’institut. «Les pressions extérieures et les appels au dialogue entre le gouvernement et l’opposition ont atteint les limites de ce que les puissances occidentales souhaitent ou sont capables de faire pour modeler les événements et influencer un régime militaire préoccupé par sa quête de légitimité et ses efforts pour empêcher les groupes à dominante islamique de gagner les élections», poursuit l’IISS. Selon ce rapport, il est difficile de trouver des contre-arguments aux accusations selon lesquelles le projet du président algérien Liamine Zeroual ne vise en définitive qu’à préserver le pouvoir de...