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Actualités - Chronologie

Source de traumatismes graves Le harcèlement sur le lieu de travail (photos)

Le terme anglais qui désigne cette agression morale, aux séquelles parfois profondément traumatisantes, est significatif: «mobing». Mob est un verbe anglais qui signifie «brutaliser» ou encore «malmener». En français, c’est le verbe harceler qui a été choisi pour qualifier le fait de tourmenter avec insistance une personne dans le cadre de ses occupations professionnelles. C’est un chercheur allemand Heinz Leyman qui, en définissant ainsi le concept, a également cerné la gravité des dégâts et le nombre impressionnant de ce fléau qui alimente en victimes les maladies psychosomatiques et des troubles psychiques parfois invalidants. Si ces faits désastreux ont mis autant de temps pour être dévoilés et condamnés par l’opinion publique, c’est que les victimes de semblable persécution n’osent pas parler autour d’elles pour des raisons compréhensibles (perte d’emploi, crainte du scandale, manque de preuves matérielles). Par ailleurs, juridiquement, rares, très rares sont les pays (s’il en existe) qui offrent de recours en cas de pareille agression. Christophe Dejours, psychiatre, directeur de laboratoire de psychologie du travail et psychanalyste, est l’auteur d’un ouvrage analytique sur les ravages occasionnés par des maltraitances professionnelles, dans son pays («Souffrance en France: la banalisation de l’injustice sociale» Ed. Seuil). Christophe Dejours évoque l’isolement, la honte, la soumission, la peur des travailleurs soumis à un régime de torture morale comme celui de l’harcèlement psychologique, dans une entreprise. Comment peut-on décrire le processus de ce fléau de la vie professionnelle? D’après les évaluations des pays occidentaux, les femmes, parmi les victimes, sont majoritaires: plus de 57%. Principale cause du conflit originel: le harcèlement sexuel. Mais les hommes n’en sont pas épargnés. Même si les causes diffèrent, le harcèlement psychologique les touche également. D’après les psychologues-victimologues, le harcèlement psychologique débute par des non-dits et des sous-entendus dans une campagne de disqualification. Les moqueries, sarcasmes, persiflage et dérision viennent savamment dosés, en seconde séquence, avant d’arriver à la mise à l’écart, la culpabilisation, les humiliations. La victime est poussée à quitter son poste, à s’en aller, sans que les choses soient franches. S’il y a protestation de la part de la personne, elle est immédiatement traitée de mythomane, paranoïaque, agressive, déséquilibrée. Combien de temps peut résister un individu à tel régime? L’objectif consiste à se débarrasser de quelqu’un sans avoir recours à un moyen légal, en le poussant à partir de son propre gré. Agression très grave, cause de traumatisme Pour les psychiatres, cet ostracisme permanent, cette incessante exclusion et dépréciation entraînent trois réactions possibles: a) dépression et crises d’angoisse, b) somatisation, c’est-à-dire l’apparition de maladies dont la cause est à rechercher dans le psychisme du malade (asthme, ulcère, tension artérielle élevée, éruptions diverses), c) réactions explosives du registre comportemental: crise des nerfs, accusations, injures et colères au dimension de scandale. Il est facile à comprendre comment une personne peut être démolie au bout d’un certain laps de temps. D’autant plus qu’il est difficile de se défendre contre un harcèlement aussi insidieux. Les preuves étant inexistantes, la guerre invisible pour un œil non averti finit par démolir la victime, parfois inexorablement, lentement peut-être mais assurément. Ces souffrances en effet laissent des traces profondes. Une psychothérapie appropriée, la prescription de médicaments indiqués peuvent soutenir le sujet. Mais de toutes façons ces souffrances laissent pour beaucoup des traces profondes. Parfois indélébiles. Il arrive, toutefois, que des victimes de cette épreuve réussissent à reconstruire leur personnalité et sortir plus fortes de l’enfer. Ayant appris à mieux se connaître et mobiliser leurs forces vivantes, elles deviennent plus solides. Hélas, elles ne sont pas les plus nombreuses. La destruction à petit feu contre la conservation d’un poste dans le purgatoire est un moyen très sûr pour pulvériser la personnalité et transformer en loque les éléments les plus prometteurs.
Le terme anglais qui désigne cette agression morale, aux séquelles parfois profondément traumatisantes, est significatif: «mobing». Mob est un verbe anglais qui signifie «brutaliser» ou encore «malmener». En français, c’est le verbe harceler qui a été choisi pour qualifier le fait de tourmenter avec insistance une personne dans le cadre de ses occupations professionnelles. C’est un chercheur allemand Heinz Leyman qui, en définissant ainsi le concept, a également cerné la gravité des dégâts et le nombre impressionnant de ce fléau qui alimente en victimes les maladies psychosomatiques et des troubles psychiques parfois invalidants. Si ces faits désastreux ont mis autant de temps pour être dévoilés et condamnés par l’opinion publique, c’est que les victimes de semblable persécution n’osent pas parler...