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Actualités - Biographies

Les Khmers rouges annoncent la mort de Pol Pot

Le chef historique cambodgien des Khmers rouges Pol Pot est mort d’une crise cardiaque, ont affirmé jeudi des responsables de son mouvement, qui voulaient procéder dès jeudi à ses obsèques. «Pol Pot a eu une crise cardiaque, il est mort la nuit dernière (mercredi) à 23h15 (16h15 GMT)», a affirmé un responsable khmer rouge interrogé au téléphone par la chaîne Worldwide Television News (WTN) à Surin (sud-est de la Thaïlande). «Je suis resté auprès du corps dans une maison en région montagneuse» dans le nord du Cambodge, a-t-il précisé, ajoutant que les proches de Pol Pot se trouvent également sur place. On ignorait si le chef historique des Khmers rouges doit être incinéré, selon la tradition bouddhique cambodgienne, après une cérémonie qui dure entre trois et sept jours, ou enterré à la hâte à l’abri des regards. «Nous sommes en train de décider ce que nous devons faire du corps du défunt et sous quelle forme auront lieu les funérailles», a déclaré ce cadre khmer rouge. Pol Pot avait été écarté de la direction de la guérilla le 14 juin dernier, à la suite d’un règlement de comptes sanglant avec la faction dure du chef militaire khmer rouge, Ta Mok. Il avait été ensuite arrêté, jugé pour «trahison» et condamné «à la prison à vie» par ses anciens camarades lors d’un «procès populaire». Il avait été placé, semble-t-il, en résidence surveillée, sous la garde de son ancien conseiller Nuon Chea, dans un village proche d’Anlong Veng, dernier bastion khmer rouge, près de la Thaïlande, tombé récemment aux mains des forces cambodgiennes. Selon les deux seuls journalistes qui l’ont vu récemment, un Américain et un Thaïlandais, l’ancien dictateur était très affaibli et fatigué, incapable de marcher sans le secours d’une canne et, fréquemment, de porteurs. En tant que No 1 du régime khmer rouge de 1975 à 1979, il est tenu responsable de la mort de plus d’un million, peut-être deux, de ses compatriotes. Torturés, exécutés, affamés ou maltraités. De son vrai nom Saloth Sar (Pol Pot est un surnom de guerre), il est né en 1925 ou 1928 — la date reste controversée — dans une famille paysanne aisée de la province centrale de Kompong Thom. C’est en France, où il a suivi des études d’électricien au début des années 50, qu’il se convertit à l’idéologie marxiste dans les cercles étudiants proches du PCF, à l’époque stalinien. Sous sa direction, les Khmers rouges s’emparent de Phnom Penh le 17 avril 1975, en pleine débâcle américaine en Indochine. Dans la capitale vidée en trois jours de ses habitants «embourgeoisés», commence un règne de terreur de près de quatre ans. Famille, religion, éducation, argent, propriété privée sont abolis. Pol Pot, toujours dans l’ombre — la plupart des Cambodgiens ignorent alors son nom —, est le «Frère No 1» du régime. Les observateurs estiment jeudi que le corps de Pol Pot devrait être montré au public pour confirmer son décès, tandis qu’une crémation dans la forêt effacerait toute trace du dirigeant khmer rouge, ainsi que les circonstances exactes de sa mort. Cette mort soudaine de l’ancien dictateur intrigue certains diplomates et responsables cambodgiens, d’autant que son décès a déjà été annoncé à plusieurs reprises dans le passé. Les Khmers rouges semblaient prêts à livrer Pol Pot et auraient entamé des pourparlers en ce sens, avait rapporté mardi le magazine Far Eastern Economic Review. Sa mort semble dans ces conditions «un peu trop parfaite», a commenté un diplomate à Phnom Penh. Selon le New York Times, le président Bill Clinton avait récemment ordonné l’arrestation du dirigeant khmer rouge et son transfert vers un pays tiers afin qu’il y soit jugé pour crimes de guerre. (AFP)
Le chef historique cambodgien des Khmers rouges Pol Pot est mort d’une crise cardiaque, ont affirmé jeudi des responsables de son mouvement, qui voulaient procéder dès jeudi à ses obsèques. «Pol Pot a eu une crise cardiaque, il est mort la nuit dernière (mercredi) à 23h15 (16h15 GMT)», a affirmé un responsable khmer rouge interrogé au téléphone par la chaîne Worldwide Television News (WTN) à Surin (sud-est de la Thaïlande). «Je suis resté auprès du corps dans une maison en région montagneuse» dans le nord du Cambodge, a-t-il précisé, ajoutant que les proches de Pol Pot se trouvent également sur place. On ignorait si le chef historique des Khmers rouges doit être incinéré, selon la tradition bouddhique cambodgienne, après une cérémonie qui dure entre trois et sept jours, ou enterré à la hâte à l’abri...