Le gouvernement travailliste va ouvrir vendredi la première prison britannique pour enfants, réservée aux jeunes de 12 à 14 ans condamnés aux plus lourdes peines, en dépit de vives critiques des associations qui voient là un retour aux «écoles du crime». La prison, située à Medway, dans le Kent (sud de l’Angleterre), sera gérée par une compagnie privée et accueillera 40 des délinquants juvéniles les plus dangereux du pays. Le projet est en fait le fruit d’une initiative du précédent gouvernement conservateur. Il avait été vivement critiqué à l’époque par l’opposition travailliste et les associations. Mais, une fois au pouvoir, le gouvernement de Tony Blair a finalement décidé d’ouvrir comme prévu le centre de détention de Medway. Il a justifié son revirement par les fonds importants déjà engagés dans l’édification de la prison. «Cet argent ne peut plus être affecté à autre chose. Le contrat était déjà signé avant les élections», a expliqué le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Alun Michael, sur la BBC, en promettant une réorganisation plus large du système pénitentiaire. Si le coût total du projet n’a pas été révélé, des associations critiques à l’égard du projet, comme la «Children’s Society» ou la NACRO (The National Association for the Care and Resettlement of Offenders), ont affirmé qu’il en coûterait 5.000 livres par semaine (8.000 dollars) par enfant détenu. Selon elles, ces sommes devraient plutôt être consacrées à la prévention sur le terrain. Retour en arrière D’après les associations, la concentration de jeunes délinquants en un même lieu constitue en fait un «retour en arrière», qui risque de favoriser les récidives. Pour apprendre à se prendre en charge, les jeunes délinquants détenus à Medway pourront notamment faire la cuisine et laver leur linge en cellule. Ils bénéficieront d’un personnel pénitentiaire spécialement formé pour s’occuper d’adolescents. Le gouvernement avait annoncé en janvier dernier la fermeture d’un camp au régime semi-militaire pour les jeunes délinquants, situé à Colchester (sud-est), qui avait été créé en 1996 par l’ancien ministre conservateur de l’Intérieur Michael Howard. Les travaillistes avaient reproché non pas les méthodes, mais le coût trop élevé de cette structure. Le gouvernement de Tony Blair a déjà largement mis en avant le thème de la lutte contre la délinquance juvénile pendant sa campagne électorale, empiétant sur un terrain jusque-là réservé aux conservateurs. Il doit présenter prochainement au Parlement un nouveau projet de loi qui préconise la manière forte en ce domaine. Le texte envisage un couvre-feu pour les délinquants récidivistes et des séminaires de rééducation voire même l’emprisonnement pour les parents défaillants, qui pourraient être assignés en justice à la place de leur progéniture. Le gouvernement envisage également de mettre fin à la «présomption d’irresponsabilité» des enfants âgés de 10 à 13 ans, scellée par une loi du Moyen-Age. Et pourrait contraindre les délinquants à s’excuser auprès de leurs victimes. Durant les vingt dernières années, la délinquance juvénile a un peu régressé dans le pays, mais elle reste globalement très élevée. Selon les statistiques du ministère de l’Intérieur, 8 adolescents sur 100, de la tranche d’âge de 14 à 17 ans, ont été reconnus coupables d’un délit ou d’un crime en 1995. Ils étaient 10 sur 100 en 1981. La délinquance juvénile se traduit aussi depuis quelques années par une augmentation dramatique des expulsions des écoles. Elles ont été multipliées par quatre ces cinq dernières années pour atteindre environ 15.000 expulsions par an. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le gouvernement travailliste va ouvrir vendredi la première prison britannique pour enfants, réservée aux jeunes de 12 à 14 ans condamnés aux plus lourdes peines, en dépit de vives critiques des associations qui voient là un retour aux «écoles du crime». La prison, située à Medway, dans le Kent (sud de l’Angleterre), sera gérée par une compagnie privée et accueillera 40 des délinquants juvéniles les plus dangereux du pays. Le projet est en fait le fruit d’une initiative du précédent gouvernement conservateur. Il avait été vivement critiqué à l’époque par l’opposition travailliste et les associations. Mais, une fois au pouvoir, le gouvernement de Tony Blair a finalement décidé d’ouvrir comme prévu le centre de détention de Medway. Il a justifié son revirement par les fonds importants déjà engagés...