Les grandes puissances économiques attendaient du Japon qu’il précise son programme de relance de l’économie nipponne afin d’éviter qu’elle ne sombre dans la récession, lors de la réunion du G7 Finances mercredi à Washington. Le ministre des Finances japonais, Hikaru Matsunaga, devait avoir une première occasion de rassurer ses partenaires sur l’impact du nouveau plan de relance japonais lors de rencontres bilatérales avec le secrétaire américain au Trésor, Robert Rubin, et avec le ministre allemand des Finances, Theo Waigel. Ces rencontres devaient précéder l’ouverture de la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales des sept grands pays industrialisés (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Canada, Grande-Bretagne et Italie). M. Waigel a estimé mercredi à Washington que le plan de relance japonais était «substantiel, même selon les critères japonais», quelques heures avant l’ouverture du G7 Finances. Mais M. Waigel a souligné qu’on ignorait encore les détails de ce programme et a estimé qu’il fallait que la consolidation du système financier japonais soit conduite «de manière plus énergique». Le premier ministre japonais, Ryutaro Hashimoto, a annoncé le 9 avril le plus ambitieux plan de relance de l’histoire du pays, centré sur une baisse des impôts de 4.000 milliards de yens (31 milliards de dollars) en deux ans. Ces mesures doivent s’inscrire dans le cadre d’un programme global de plus de 16.000 milliards de yens (123 milliards de dollars), comprenant aussi une hausse des dépenses publiques. L’annonce de ces mesures avait été jugée encourageante par les partenaires du Japon qui sont cependant restés prudents: ce plan de relance est le septième depuis 1992 et la croissance n’est toujours pas au rendez-vous. Selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international (FMI) la croissance japonaise devrait être au mieux étalée en 1998 et se redresser modestement (+1,3%) l’an prochain. Le gouvernement japonais a contesté cette prévision estimant qu’elle ne prenait pas en compte les mesures de relance en préparation. «Nous serions ravis d’avoir tort», avait rétorqué le directeur général du FMI, Michel Camdessus, qui avait maintenu ses prévisions. Devant ces incertitudes le dollar restait en dessous des 130 yens à 129,89 yens vers 11h30 GMT avant l’ouverture du G7 Finances. Jeudi et vendredi derniers, des interventions concertées de la Réserve fédérale (Fed) américaine et de la Banque du Japon (BoJ) avaient fait remonter le yen. Les grands argentiers du G7 examineront d’autre part les perspectives des bourses mondiales. Le président de la Bundesbank, Hans Tietmeyer, a déclaré mercredi à Washington qu’il fallait surveiller «de très près» les évolutions des places boursières. «Une chute pourrait provoquer de sérieux problèmes dans certains pays», a-t-il estimé. Depuis la fin janvier, Wall Street a grimpé de 15%. Le G7 se penchera aussi sur les réformes nécessaires pour adapter l’architecture du système monétaire et financier international après la crise asiatique. Cette tempête a montré «la vulnérabilité aux crises, la vitesse de la contagion, les imperfections du système de détection (…), les opacités utilisées par les spéculateurs et le coût disproportionné supporté par les pauvres», a reconnu mardi M. Camdessus. Le rôle du FMI dans cette nouvelle «architecture» est d’abord de s’assurer «du renforcement des secteurs financiers» (banques, institutions financières), devenu «une obsession», selon M. Camdessus. Les Etats-Unis comme leurs partenaires jugent nécessaire une plus grande transparence des informations économiques et financières des économies émergentes de manière à ce que les investisseurs puissent mieux évaluer les risques. Le renforcement du système financier international fera l’objet d’une réunion sans précédent jeudi à Washington entre 22 ministres des Finances (G22) du G7 et de quinze économies émergeantes d’Amérique latine et d’Asie notamment. (AFP)
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