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Actualités - Chronologie

Crise - La Russie manque de liquidités Salaires en avions

Coincé par un manque de liquidités, le chef d’une compagnie d’aviation de Riazan (sud de Moscou) a décidé de payer ses salariés avec des avions cloués au sol. «Depuis l’été, nous avons déjà payé des salaires avec une dizaine d’AN-2, au tarif de 2 000 roubles (130 dollars au cours actuel) l’appareil. Cinq ou six autres attendent leur tour», selon M. Vinogradov. Ces Antonov-2, des avions de passagers de 12 places, ont été fabriqués il y a cinq ans et devraient subir des travaux de réparation. «Mais nous n’avons pas d’argent pour effectuer ces travaux», explique le responsable. Les Antonov, dont les aviateurs ont préalablement ôté les moteurs et les ailes, servent maintenant... de maison de campagne pour les habitants de Riazan. «J’ai payé pour l’avion dix fois moins que ce que coûte la maison de campagne la moins chère», explique Pavel Essine, 35 ans, visiblement content de sa transaction. Son AN-2 s’élève dans la boue, à côté des plates-bandes de pommes de terre, sur son lopin de terre situé à proximité de l’aérodrome, à 5 kilomètres au sud de Riazan. Ses voisins, également possesseurs d’appareils sans ailes, rivalisent d’imagination: les uns utilisent leurs AN-2 comme hangars où ils mettent leurs outils, d’autres comptent en faire un «bania» (bains russes). Il y a encore peu, les aviateurs de Riazan faisaient 15 vols par jour dans les villes voisines. «Aujourd’hui nous pouvons garantir à peine un vol par semaine», selon M. Vinogradov. Mais les aviateurs ne se désespèrent pas : «Les moteurs et les ailes, nous pourrons les raccrocher vite, il faut juste que la situation financière se redresse», disent-ils. Et si la crise persiste longtemps encore, la direction pourra commencer à vendre les moteurs. «Ce sera beaucoup plus cher : 2 000 dollars la pièce», dit M. Vinogradov. Au 1er octobre, la dette aux employés du secteur public atteignait 88,1 milliards de roubles (5,16 milliards de dollars), selon des chiffres publiés par le Comité d’État aux statistiques. Frappées par la crise de liquidités, certaines entreprises ont décidé de payer leurs employés avec leur propre production. À la sortie de Moscou, ces articles, exposés le long des routes, varient en fonction des industries locales: casseroles, oreillers, serviettes en éponge sur la route de Vladimir (nord-est de la Russie), samovars près de Toula (sud) et vaisselle en cristal près de Gous Khroustalny. Une entreprise a même eu les honneurs de la presse en payant ses employés en... tampons hygiéniques.
Coincé par un manque de liquidités, le chef d’une compagnie d’aviation de Riazan (sud de Moscou) a décidé de payer ses salariés avec des avions cloués au sol. «Depuis l’été, nous avons déjà payé des salaires avec une dizaine d’AN-2, au tarif de 2 000 roubles (130 dollars au cours actuel) l’appareil. Cinq ou six autres attendent leur tour», selon M. Vinogradov. Ces Antonov-2, des avions de passagers de 12 places, ont été fabriqués il y a cinq ans et devraient subir des travaux de réparation. «Mais nous n’avons pas d’argent pour effectuer ces travaux», explique le responsable. Les Antonov, dont les aviateurs ont préalablement ôté les moteurs et les ailes, servent maintenant... de maison de campagne pour les habitants de Riazan. «J’ai payé pour l’avion dix fois moins que ce que coûte la maison de...