Le «bug de l’an 2000», qui dans 21 mois risque de bloquer des millions d’ordinateurs dans le monde entier, fait maintenant l’objet de programmes intensifs de révision des logiciels dans tous les grands pays industrialisés, qui refusent cependant de céder à l’alarmisme. Le premier ministre britannique Tony Blair a annoncé déjà un plan de 155 millions de dollars pour aider les entreprises à ajuster leurs systèmes informatiques pour éviter un blocage généralisé le 31 décembre 1999 à minuit. Il veut ainsi prendre la tête d’une action mondiale pour prévenir un problème «d’une ampleur désastreuse». Des millions d’ordinateurs dans le monde, mais aussi les appareils contrôlés par des systèmes électroniques, risquent de se bloquer le premier janvier 2000, parce que dans leurs logiciels les années ont été codées sur les deux derniers chiffres seulement, pour économiser de l’espace mémoire. Les programmes interpréteront alors la date 01/01/00 comme signifiant le 1er janvier 1900, ou même l’année 00, et se bloqueront. Depuis plusieurs mois, les communications inquiétantes se multiplient, notamment de la part des sociétés de conseil ou de services informatiques, pour qui la réparation des logiciels constitue un marché considérable. Les spécialistes évaluent par exemple à 80 milliards le nombre de lignes des vieux programmes de gestion en langage Cobol encore opérationnels dans le monde. Mais les grands pays industrialisés ont déjà depuis plusieurs années pris très au sérieux ces menaces, qui risquent de coûter aux entreprises une grande partie de leurs marchés si rien n’est fait. La quasi-totalité des grandes entreprises françaises ont entamé il y a déjà plusieurs années les programmes d’adaptation de leurs systèmes. Le problème est plus sérieux pour les petites entreprises, souvent incapables de mesurer les risques, estiment les professionnels. Les PME représentent plus de la moitié de l’emploi total en Europe. En France, le premier ministre Lionel Jospin avait «appelé les entreprises à réagir rapidement» en lançant en janvier dernier son «Programme d’action gouvernemental pour préparer l’entrée de la France dans la société de l’information». Mais sans alarmisme: à la différence des pays anglo-saxons, souligne-t-on au ministère des Finances français, les entreprises de France, comme de la plupart des pays européens, ont commencé il y a déjà plusieurs années à réviser leurs logiciels pour les adapter au passage à l’euro, et le problème de l’an 2000 est presque toujours traité à cette occasion. D’autre part, la plupart des pays industrialisés répugnent, contrairement à M. Blair, à se lancer dans des programmes publics: en Allemagne, Italie, Espagne, Suède, comme aux Etats-Unis et au Canada, les gouvernements ont déjà annoncé qu’ils laissaient le soin aux entreprises privées de traiter le problème. Le libéralisme n’est pas pour autant dénué de surveillance: les gendarmes des marchés financiers, la SEC américaine comme la Commission des opérations en Bourse (COB) française, ont demandé aux entreprises d’informer régulièrement leurs actionnaires de l’avancement de leurs efforts pour changer sans encombre de millénaire. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le «bug de l’an 2000», qui dans 21 mois risque de bloquer des millions d’ordinateurs dans le monde entier, fait maintenant l’objet de programmes intensifs de révision des logiciels dans tous les grands pays industrialisés, qui refusent cependant de céder à l’alarmisme. Le premier ministre britannique Tony Blair a annoncé déjà un plan de 155 millions de dollars pour aider les entreprises à ajuster leurs systèmes informatiques pour éviter un blocage généralisé le 31 décembre 1999 à minuit. Il veut ainsi prendre la tête d’une action mondiale pour prévenir un problème «d’une ampleur désastreuse». Des millions d’ordinateurs dans le monde, mais aussi les appareils contrôlés par des systèmes électroniques, risquent de se bloquer le premier janvier 2000, parce que dans leurs logiciels les années ont...